‹ De l'Instruction publique dans quelques Pays de l'AllemagneChapitre 63 sur 93 · TOME II · texte numérisé non relu

TOME II

%m BBOSIÈIf.E SECTIO?f.

Extrait de l'instruction de service (Dienst-Instruetion) pour le directeur de Vécole normale primaire de Potsdam.

Celte instruction , qui marque les devoirs du directeur, indique cependant pluiôt le point de vue sous lequel H doit enyisager sa position , qu'elle ne fixe avec précisioû ses fonctions et ses occupations ; car celles-ci peuvent subir diverse» modifications par des circonstances imprévues , et le directeur d'un établissement ne doit pa« Vauacher au sens IHié^al d^un règlement eliîciel, mais se laisser guider par des idées plus élevées, et suppléer par son intelligence au silence delà loi.

Tout ce que le père de famille raisonnable et pieux est pcmr sa famille et sa maison, le directeur doit Tétre pour rétablissement et pom* tous ses membres ; Tami et le collègue bienveillant des élèves et des maîtres qui seront animés du sentiment de leurs devoirs, au contraire le chef sévère de ceux qui n'écouteront pas la voix de la raison et de la piété.

11 doit porter son attention aussi bien sur les choses les plus petites que sur les plus grandes, pour que rien ne trouble l'harmonie de toute la machine confiée à ses soins.

11 est chargé spécialement,

I® De gérer les afilstires pécuniaires de l'établissement, à moins qu'elles ne se trouvent placées daii« les attributions d'une autre autorité ;

2® De surveiller l'économie domestique et F'éco-

IKftTiOGriON PUMâlftE. M»

iioiB0 , d'a?oir rœil à la biblioihèqoe el aux objeu DécdMaires à reQMignement ;

3^ De conserver et d^aogmenter cea objets , et de rendre compte des fonds affectés à la bibliothèque ;

4** D'entretenir la correspondance, de faire des rapports au collège royal des écoles sur Fécole normale et Técole annexe , de présenter la liste des aspirants , de garder les archives, etc.;

5** D'appeler, d'examiner et de choisir les aspirants en co9Sultant les maîtres, et de répartir les bourses d'après les principes établis;

6® De rédiger el de présenter les plans d'étude après en avoir référé à la conférence des maîtres , et de distribuer les objets d'enseignement d'après le plan approuvé par les autorités compétentes;

7^ De surveiller et de diriger les maîtres par rapport à leur moralité et à leurs fonctions;

8® D'organiser et de diriger les conférences des maîtres, et d'en rédiger les protocoles ;

9^ D'établir et de diriger les examens publics d^ l'école normale et de l'école annexe ;

iO^ De maintenir la haute discipline de l'école normale et de l'école annexe par tous les moyens possibles, même jusqu'au renvoi d'un élève , d'après l'arrêté de la conférence des maîtres, sous l'obligation cependant d'en faire un rapport immédiat et détaillé aux autorités compétentes.

Il est impossible de mieux répondre à la confiance du

minisière qee oe l'a fait M. Striez. D^année en année , Técole normale confiée à ses soins a. fait des progrès remarquables, et en i8â6 il en a rendu un compte public qui a excité un vif intérêt* Je mets sous vos yeux ce compte rendu , qui tous donnera une idée exacte et complète de Téiat matériel et moral , et de toute la vie intérieure d'une des meilleures écoles normales primaires de la Prusse.

Rapport $ur V école normale primaire de Potsdam, par F. L. G. Striez, directeur de cette école et ministre du saint Evangile.

DOJNNÉES HISTORIQUES.

Jusqu'au milieu du siècle dernier il n'y avait point dans le Brandebourg d'écoles normales primaires. Les maîtres d'école étaient admis par les communes , soit avec l'approbation des autorités , soit à leur insu , et sortaient tous des écoles primaires alors établies. Tout ce qu'on exigeait de ces maîtres , qui étaient la plupart des artisans, c'était de savoir lire, réciter le catéchisme, chanter passablement quelques airs d'église bien eonnus , et en outre tant soit peu écrire et calculer. Combien de pasteurs , chargés l'été de la garde des troupeaux , s'arrogeaient l'hiver le droit d'instruire la jeunesse ! Les nobles conféraient d'ordinaire les places

de maîtres d*école, dont ils pouvaient disposer, à leurs domestiques ou chasseurs pour les récompenser de leurs services. Les écoles primaires des villes offraient qoelqnefois des maîtres un peu plus plus insiruils, mais qui n'apportaient dans renseignement ni goût ni méduKle.

Jean-Jules Hecker, conseiller supérieur du consistoire à Berlin et ministre à Téglise de la Trinité , fut le premier qui entreprit de préparer des jeunes gens d'une manière spéciale à la pédagogie. A cet etfet, il fonda une école destinée à fournir des maîtres d'école (K>ur son diocèse.

Cet établissement, fondé en 1748, resta quelque temps un établissement privé ; il fut élevé au rang d'école normale primaire royale pour les maîtres d'école et marguilliers , Tan ^755. Il fut enjoint aux autorités de la province , par l'ordre du cabinet publié le i^^ octobre i755 , de prendre, autant qu'il se pourrait , des sujets dans cet établissement pour les places royales de marguilliers et de maîtres d'école.

U s^en fallait cependant de beaucoup que cette école normale primaire répondit aux besoins toujours crois^ sants de la province , et méritât le nom d'école royale^ Les élèves , disséminés sur tous les points de la capitale, n'étaient pas suffisamment surveillés et dirigés dans leurs études. Tous artisans , ils travaillaient plutôt à leurs états qu'à leurs leçons , et restaient en outre exposés à l'influence de l'esprit de corporation et aux

séductions d'une grande ville. Enfin , le temps qu'iU

an DEUKIÈHIS SEGTIO».

consacraient à leurs études à Técole normale était en général trop court pour qu'on pût espérer d'atteindre le but qu'on s'était proposé.

L'an i 771 , le roi Frédéric le Grand affecta 4,000 écus de rente, au capital de 100,000 écus, à l'anàélioratîon des écoles de campagne dans la Marche électorale; il se servit à' cette occasion des expressions suivantes : c L'éducation primaire , surtout dans les campagnes, a été très-négligée jusqu'ici : il devient urgent de renvoyer les mauvais maitre9 et de les remplacer par des hommes capables. > S'étant assuré que les écoles étaient mieux organisées dans la Saxe , il ordonna d'en faire venir des maîtres , pour les mettre à la place de ceux qu'il serait bf)n de renvoyer , quand même ils relèveraient de la couronne ou des nobles. Une augmentation de traitement devait être allouée aux nouveaux maîtres sur le fonds spécial qu'il venait de créer, et les sujets les plus distingués parmi eux devaient être offerts à l'école normale primaire comme modèles de maUres à former.

Mais l'intentio n bienfaisante du roi ne put se réaliser entièremept , soit que les personnes chargées de l'exécution y missent de la négligence , soit qu'on eût de' la peine à tirer des maîtres habiles de la Saxe. Afin 'd'obvier à, cet inconvénient, on se décida à placer dans les écoles susceptil^les de réforme des candidats en théologie , pour y remplir les fonctions de maîtres. Tout cela n'aboutit guère qu'à attacher un meilleur iraitenMtnt à un certain nombre de places de maîtres

d^école, elà ôter aax habitaDU des communes do Brandebourg Tobligation de payer pour Féducation de leurs enfants , les maîtres mieux salariés s'étant engagés à donner leinrs leçons gratuitement. Telle est Torigine des é€oles dites dé charité.

Quelques petites écoles normales s^élevèrent à la vérité insensiblement à Berlin ; n^ais ou elles n'eurait point de durée, on elles demeurèrent peu importantes, on bien elles n'eurent d'autre but que de former des maîtres pour la ville de Berlin et les villes voisines d'un ordre inférieur.

Tel était Téiat des choses lorsqu'en 1809 la régence de Potsdam, Tautorité ecclésiastique et la députation des écoles commencèrent à donner une autre direction au système suivi jusqu'alors pour Tinstruciion primaire.

Rien n'était plus sensible que le manque de bons maîtres. On s'empressa de s'instruire exactement de l'état de l'école normale primaire de Berlin , et on arrêta en 1810 des réformes importantes pour cet clablissement. Leur succès devait décider en partie si cetfe école serait conservée et resterait à Berlin , ou bien si elle serait transférée en un autre endroit. Or, à l'œuvre , les mesures arrêtées ne parurent point ap*^ plieables à l'établissement de Berlin ; on forma donc sérieusement le projet d'en fonder un autre. Le local du chapitre de Havelberg , qu'on avait en vue , n'étant pas encore disponible à cette époque, on résolut en i Si 5 d'établir provisoirement la nouvelle école normale à

Potsdam. L'autorisa lion en fut accordée en 1816 , et le projet reçut son exécution en 1817.

L'école normale primaire de Berlin ayant été remplacée par celle de Potsdam , les meilleurs élèves de Tancien établissement formèrent le noyau du nouveau.

Le local , dont le gouvernement royal avait fait Tacquisition en 1817 , fut donné à titre de propriété à récole normale, vers la fin de Tannée 1819.

Déjà , dès le commencement de celte année , M. le professeur Schârtlich était entré en fonctions à Técole normale. Vint ensuite M. le candidat Runge , qui , sous la direction de M. de Tûrck , conseiller de Finttrnction primaire (Schulrath), travailla à la première organisation de rétablissement. La même année M. Lôffler et M. Klôden y furent attachés, Tun comme maître en second , Tautre comme maître en premier. Une ménagère fut chargée de Téconomie domestique. Bientôt M. Klôden fut nommé directeur, et MM. Zeisiger et Lichtwert désignés pour enseigner récriture et le dessin.

Les élevés devaient, d'après le règlement, être logés et nourris dans rétablissement même ; mais la pension élevée et le petit nombre de bourses (huit bourses enlièrés et huit demi-bourses) furent cause qu'on^ dispensa peu à peu quelques élèves de se conformer à ces dispositions.

Le cours normal était fixé à trois ans ; mais comme les moyens d'instruction ne suffisaient pas pour former trois^ classes, îl fallut se borner à deux classes, et

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adopter pour ta durée de chacune un an et demi d'études.

Une école pratique pour les élèves avait été fondée par le gouTernement royal comme annexe de Fécole normale ; mats son éloîgnement de Técole normale entrava trop la marche des études pour qu^elle pût remplir de longtemps le but de son institution.

Pour instruire les élèves dans le jardinage, on loua en 4821 un ancien cimetière, situé devantla porte deNaueii.

L^école de natation établie par M. de Tûrck d'après les principes du général Pfuhl , devant la porte de Berlin , offrit bientôt la meilleure occasion d'apprendre ^ nager.

Le nombre des élèves monta jusqu'à la Saint-Michel de Tannée 4824 au delà de soixante, et en y comprenant les jeunes gens sortis à cette époque de rétablissement , il avait déjà fourni plus de cent maîtres à la province.

En 1824 , à Pâques , M. Runge , appelé à la direction de Técole normale primaire de Côslin , fut rem^^ placé par M. le candidat Sellin. Au mois de juillet delà même année, M. Klôden ayant été mis à la tète de la nouvelle école des arts et métiers de Berlin , Fauteur de ce rappoi t lui succéda dans les fonctions de directeur. M. Lôffler, appelé à un autre emploi , fut remplacé par M. Schôn. Enfin M. Heinrich fut appelé comme maître d'écriture et de dessin, et comme maître auxiliaire pour différentes branches d'instruction.

A ces changements dans le personnel se joignirent

tiS * IkElHiÉllB SECTimi.

mitti beaucoup de réfermes daoe raâannîsinitîoD iaté* rieure et extérieure de rétablissement. Le noQ^re des dasses fut porté à trois , et au lieu de dix4iuil mois les éièyes ne passèrent qu'un an dans cbacuoe. La peike école normale de Grossbaenitz ayant été fermée , le nombre des élèves de celle de Potsdap s'aecrut cou* sidérableotônt. On fit une graude diminution dans le prli^ de la pension , et on changea le système écono- .«^iqrue de la maison. Les bénéfices furent auggieatés , jet les élèves tenus tous sa^ exception de demeurer dans rétaJMissement , d'y prendre leur nourriture et d'y rester trois ans. Les nouvelles constructions permirent de loger tous les maîtres dans l'école aeraiale ; enfin on y fonda une école spéciale divisée ein quatre <dasses , pour servir d'écola d'exercice aux jeunes jnalures.

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