DISCIPLINE
Cette question est une des plas difficiles à résoudre. Les enfants des écoles de pauvres sont ordinairement mal disposés par les exemples de leurs parents. Il faut donc établir la discipline la plus sévère. L'ordre, la propreté, l'activité, une prompte obéissance ne sont pas les moindres enseignements à donner aux enfants. L'instruction ellemême, la gravité du maître, son exemple, son dévouement pour ses élèves sont déjà une base solide pour la discipline. Mais la rigueur est quelquefois nécessaire , et dans une école de pauvres moins qu'ailleurs la discipline ne doit jamais fléchir pour tout ce qui tient au désordre et à la paresse. Mais que les maîtres n'oublient jamais que dans les mesures de discipline les plus sévères doit percer un sentiment d'affection et d'amour qui punit pour améliorer.
Il s^agit maintenant de déterminer le nombre d'écoles à fonder pour suffire entièrement aux besoins^des pauvres.
Chaque école ayant deux divisons , l'une pour les garçons, l'autre, pour les filles, à deux classes chacune et soixante et quinze enfants par classe , ensemble trois cents enfants, on pourrait établir avec la somme consacrée actuellement à l'instruction des pauvres, onze écoles pour trois mille trois cents enfants.
Il resterait à pourvoir aux frais d'établissement de nouvelles écoles pour les douze cents enfants qui complètent le nombre de quatre mille cinq cents , évaluation approximative de la population pauvre de la ville.
Le comité a pensé que trois nouvelles écoles pour neuf cents enfants suffiraient à tous les besoins , et qu'ainsi le nombre total des écoles de pauvres de la ville devait être porté à quatorze écoles complètes pour les deux sexes , capables de contenir quatre mille deux cents enfants.
APPEHDICE. 80»
Les trois cents enfants restant peuvent se trouver dans le cas de ne pouvoir être envoyés auK écoles de pauvres. Dans ce nombre il faut comprendre les enfants appartenant à des parents de la classe élevée qui auraient été ruinés par des malheurs, et qu'il serait très -dur d'envoyer à récole communale de pauvres, parce qu'ils sont hors d'état de payer la rétribution d'école. Le conseil municipal ne refusera pas de fournir à ces enfants les moyens de repiiendre un jour le rang dans lequel ils étaient nés. On pourra les placer dans les principales écoles paroissiales ou privées, et il sera facile de faire marché avec ces écoles à raison de douze gros par mois (36 sous). La ville a en outre la ressource d'envoyer gratuitement dans les écoles supérieures qui se trouvent sous son patronage (i). Mais afin d'éviter tout abus , on devra scrupuleusement rechercher quel est l'état de fortune des parents qui réclameront de pareilles faveurs, et fixer même annuellement pour cet objet une somme qu'on ne pourra dépasser.
Il existe sept écoles du soir à Berlin. Il suffira de créer encore trois écoles du soir à cinquante élèves par école , dont deux de garçons et une de filles. Les trois maîtres d'écoles communales les plus zélés et les plus capables seront chargés , moyennant une subvention de 100 thaiers, de donner huit à douze heures de leçon par semaine le soir. On y fera des répétitions de lecture et d'écriture , et deux heures par semaine seront consacrées à l'instruction religieuse.
Plus tard on ouvrira un plus grand nombre d'écoles du soir, si le besoin s'en fait sentir.
Avant d*eotrer dans le détail des dépenses que la ville devra s'imposer pour l'entretien de quatorze écoles cornmunales de pauvres, nous mentionnerons les faibles revenus que ces écoles peuvent tirer d'ailleurs.
(1) Ce sont nos bourses commaoalcs.
!• Un arrêté da ministère en date du SO janvier 1827, ordonne qne dans toute école communale de pauvres , chaque élève devra payer la rétribution d'un gros d'argent ( 3 sous et demi ), afin de ne pas déroger au principe que tout père de famille est tenu de contribuer pour l'école , même lorsqu'il réclame pour ses enfants le bienfait de l'éducation gratuite ; car pour exiger une si faible rétribution , renseignement n'en est pas moins gratuit , et cet impôt imperceptible produit encore , sur une école de trois cents enfants , la somme de 120 thalers (450 fr.).
So Parmi les pauvres, un grand nombre qui seraient hors d'état de fournir la rétribution dans les écoles privées, peuvent néanmoins payer très-bien, outre le gros par mois fixé par l'arrêté du ministre de l'instruction publique, une antre rétribution , qu'on évaluerait depuis cinq gros au moins jusqu'à dix gros au plus. Sur trois cents enfants, le cinquième au moins se trouve dans ce cas, et en prenant le minimum de cinq gros pour soixante enfants, on aurait un revenu de iSO thalers ou i,680 pour les quatorze écoles (6,300 fr.)« Ce fonds extraordinaire {ÀushMlfe-Fond) pourra être consacré à l'entretien des écoles du soir, à l'instruction des enfants de la classe élevée devenue pauvre, et enfin à des gratifications ou pensions aux maîtres d'école dans leur vieillesse, on à des cours méthodologiques pour leur perfectionnement, de sorte que la ville n'aurait plus à faire les frais que des quatorze écoles communales de pauvres.
5<> Enfin les dons que la générosité des citoyens pourra faire aux écoles, mais qu'on ne saurait évaluer ici, offiriront encore une ressource pour l'amélioration de l'instruction dms la classe indigente du peuple.
Nous allons maintenant examiner ce que coûtera l'établissement et l'entretien des quatorze écoles de pauvres, composées chacune de quatre classes et de deux divisions (garçons et filles).