Macnish, ibid
CH. II. RENAISSANCE ET EFFACEMENT DE l'iMAGE 459
la nuit pendant laquelle nous avons dormi ; si vives qu'elles aient été, quand même elles auraient provoqué des actions ou des commencements d'action, des cris, des gestes et tout ce qu'un homme agité fait en dormant, il est bien rare qu'au réveil nous puissions en ressaisir quelques parcelles K Chose étrange, on sort d'un rêve intense et plein d'émotions; il semble qu'un état si violent doive aisément et longtemps se reproduire. Point du tout ; au bout de deux ou trois minutes, les objets si nettement aperçus se fondent en vapeurs; et ces vapeurs s'évanouissent; une demi-heure après, j'aurais peine à dire mon rêve; pour m'en souvenir plus tard, je suis obligé de l'écrire à l'instant. — C'est que l'état physiologique et l'afflux du sang dans le cerveau ne sont pas les mêmes dans le sommeil et dans la veille, et que le second état, favorable au réveil de ses images, n'est pas favorable au réveil des images du premier état.
Mais quel que soit le phénomène, rudimentaire et normal, ou anormal et complet, il montre comment nos images, en se liant, composent ce groupe qu'en langage littéraire et judiciaire on appelle la personne morale. Si deux groupes sont bien tranchés, de tello façon que nul élément de l'un n'éveille aucun élément de l'autre, on aura, ainsi que le montre la malade citée par Macnish, deux personnes morales dans le même individu. Si dans l'un des deux états les images ont des associations très-exactes et très-délicates, si, comme on le voit chez plusieurs somnambules^, des aptitudes supérieures se déclarent, si,
i. M.'icnÏHb, ibid.