‹ De l'intelligence (volume 2)Chapitre 50 sur 87 · Mueller, Manuel de Physiologie, II · texte numérisé non relu

Mueller, Manuel de Physiologie, II

2. Dans la branche limacéenne. Expériences de Flourens. Au contraire, par la branche vestibulaire, il provoque la douleur ; celle-ci appartient donc au groape des nerfs tactiles.

sation de contact, de pression, de température ou do pure douleur.

Non-seulement chaque espèce de nerf a son jeu propre, mais le jeu de chaque espèce de nerfs est différent. L'événement extérieur a beau être le même : s'il met en mouvement des nerfs d'espèce différente, les sensations excitées seront différentes, La même action électrique éveille, selon le nerf qu'elle met en jeu, ici une sensation de lumière, là une sensation de son, ailleurs encore une sensation de choc et de picotement. Le même coup violent éveille une sensation de pression et de douleur par l'entremise des nerfs tactiles, une sensation de lumière par l'entremise du nerf optique, une sensation de son par l'entremise du nerf acoustique. Le même narcotique, introduit dans le sang, éveille des flamboiements en agissant sur le nerf optique, des tintements en agissant sur le nerf acoustique, des fourmillements en agissant sur les nerfs tactiles. — Ainsi chaque nerf d'espèce distincte a son mode d'action personnel et distinct.

Il suit de là que tous les excitants extérieurs pourraient manquer; si, en leur absence, le nerf entrait de lui-même en action, nous aurions la même sensation en leur absence qu'en leur présence. — Et de fait, c'est ce qui arrive; nous éprouvons, sans leur concours, une quantité de sensations, qu'on appelle subjectives ou consécutives. Elles sont nombreuses surtout pour la vue; l'excitation du nerf optique, et partant la sensation des couleurs ou de la lumière, dure après que l'ondulation éthérée a cessé de frappei la rétine; en ce cas, les paupières fermées, ou l'œil tourné d'un autre côté, on continue à voir l'objet que l'on regardait d'abord; selon les cas, l'image est inco-

lore ou colorée, de couleur persistante, ou de couleur changeante; et ces illusions sont soumises à des lois connues * par lesquelles s'expliquent une multitude de faits singuliers. — Les mêmes sortes de sensations spontanées se retrouvent dans l'ouïe ^. <( Tels sont les tintements et bourdonnements d'oreille chez les personnes qui ont les nerfs délicats, et chez celles dont le nerf auditif lui-même est siège d'une lésion; tel est encore le bruissement qu'on discerne dans ses oreilles après avoir longtemps couru dans une voiture dure. » — On constate moins aisément les sensations subjectives pour le goût et pour l'odorat. Si quelques malades se plaignent de sentir continuellement des odeurs infectes, il n'est pas certain que l'origine de leur sensation soit dans le nerf lui-même; elle peut se trouver dans les centres nerveux. — Mais rien de plus fréquent dans le toucher que l'action spontanée des nerfs; il suffit de citer les névralgies proprement dites ; le jeu propre du nerf en l'absence de tout excitant appréciable éveille, maintient et réveille alors les plus vives et les plus diverses sensations de douleur.

C'est pourquoi, si l'état du nerf change, l'excitant a beau être le même, la sensation change de degré, ou même de qualité. Par exemple, si le nerf est devenu plus excitable, le moindre excitant développe en lui le plus grand jeu, et la sensation est d'une intensité terrible; tel est le cas des malheureux qui ont une hyperesthésie des nerfs optiques , acoustiques ou tactiles. Si, au contraire, le nerf est devenu moins

1. Helmholtz, Handbuch der physiologischen Optik; deuxième partie, § 22, 23, 24, 25.

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