‹ De l'intelligence (volume 4)Chapitre 35 sur 90 · Helmholtz, 294, 848, 293, et Wecker, ibidem · texte numérisé non relu

Helmholtz, 294, 848, 293, et Wecker, ibidem

« L'ingestion de la santonine détermine une variété particulière de daltonisme en rendant la rétine insensible aux rayons violets.... » Certains sujets « ne perçoivent pas le bleu ; cet état coïncide toujours avec l'insensibilité de la rétine aux rayons rouges. D'autres ne confondent aucune couleur avec le blanc, le gris, le noir, mais confondent entre elles les diverses couleurs. Chez d'autres, la rétine est insensible au violet, les au très couleurs étant perçues à condition que les nuances soient pures et l'éclairage intense. »

2. Un prêtre écossais, affecté d'anérythropsie, choisit un jour du drap rouge écarlate pour s'en faire une soutane noire. (Helmholtz.)

3. Mathias Duval, Structure et Usages de la rétine, p. 16, cas d'une femme qui voit différemment des deux yeux. L'œil gauche est sain, l'œil droit n'a pas la sensation du vert. Cet œil ne distingue pas le violet du bleu, mais les voit tous deux comme une couleur « lilas, avec une pointe rose ». On conclut de là que le violet est une couleur primitive, que le vert en est une autre, et que, si la femme ne distingue pas le bleu du violet, c'est faute de la sensation du vert.

Dans tous ces cas, non-seulement une sensation principale manque, mais beaucoup d'autres sont altérées, et ces lacunes comme ces altérations sont justement celles que doit produire le manque de la sensation élémentaire. — Enfin une vérification plus délicate et définitive s'est rencontrée'. D'après la théorie, le rouge et le violet du spectre, même aux points où ils nous semblent le plus intenses, sont des sensations composées; car, à la sensation élémentaire qui est alors au maximum, sont jointes les deux autres, qui sont alors au minimum; la première est donc mélangée, affaiblie; elle n'est pas absolument pure ni la plus forte possible. Elle le sera donc davantage si on lui ôte ces causes d'impureté et d'affaiblissement. Or, il est un cas où on peut les lui ôter : c'est lorsqu'on a émoussé la sensibilité de l'œil pour les deux autres. Dans cette occasion, on doit voir un rouge ou un violet plus intenses que ceux du spectre; ce qui arrive. En ce cas, qui est unique, nous parvenons à isoler une de nos sensations élémentaires de couleur. Par un heureux coup de chimie psychologique, nous la retirons du composé ternaire où l'enfermait le cours ordinaire des choses et où la théorie seule la démêlait.

IL Avec les trois sensations élémentaires de couleur, on peut construire toutes les autres. D'abord, en figurant par une courbe la croissance et la décroissance que subit chacune d'elles à mesure que l'on descend le spectre, on voit les trois variations différentes de leurs intensités respectives produire les

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