CHAPITRE PREMIER
SOMMAIRE
I. Expérience. — Une image est une sensation spontanément renaissante, ordinairement moins énergique et moins précise que la sensation proprement dite. — Selon les individus et selon ses espèces, l'image est plus ou moins énergique et précise. — Exemples personnels. — Cas des enfants que l'on habitue à calculer de tête. — Mathématiciens précoces. — Cas des joueurs d'échecs qui jouent les yeux fermés. Peintres qui peuvent faire de mémoire un portrait ou une copie. — Cas des écoles de dessin où l'on exerce cette faculté. — Autres exemples de la résurrection volontaire des sensations visuel^ les. — Les sensations des autres sens ont aussi leurs images.
— Images de sensations auditives. — Exemples.
II. Circonstances qui augmentent la précision et l'énergie de l'image. — En ce cas, elle ressemble de plus en plus à là sensation. — Cas où la sensation est récente. — Cas où la sensation est prochainement attendue. — Exemples pour les images qui correspondent à des sensations de la vue, de l'ouïe, du goût, du toucher. — Effets égaux et semblables de l'image et de la sensation correspondante. — En ce cas, l'image est prise, au moins pendant un instant, pour la sensation correspondante,
III. En quoi elle diffère eucore de la sensation correspondante,
— L'illusion qui l'accompagne est promptement rectifiée. — L'image comporte toujours une illusion plus ou moins longue.
— Loi de Dugald Stewart. — Exemple d'un prédicateur américain. — Témoignage d'un romancier moderne. — Cas d'un
peintre anglais. — Témoignage d'un joueur d'échecs. — Observations de Goethe et de M. Maury. — Hallucinations volontaires. — Diverses circonstances où l'image devient hallucinatoire. — Ces cas extrêmes sont des indices de l'état normal. — Dans l'état normal, l'illusion est aussitôt défaite. — Elle est défaite par la présence d'un antagoniste ou réducteur.
IV. Cas où la sensation antagoniste est trop faible ou annulée.
— Hallucinations hypnagogiques. — Expériences de M. Maury.
— Expériences personnelles. — Passage de l'image simple à l'image hallucinatoire, et de l'image hallucinatoire à l'image simple. — Autres cas où la sensation antagoniste est annulée. — Blessures sur le champ de bataille. — Hallucinations proprement dites. — Hallucinations de la vue après l'usage prolongé du microscope. — Restauration partielle de la sensation antagoniste. — Exemples pathologiques. — En ce cas, l'hallucination est détruite. -Histoire de Nicolaï. —Méthode générale pour détruire l'hallucination. — Cas où la sensation provoque l'illusion proprement dite. — Récit du Dr Lazarus.
— En ce cas, on supprime la sensation provocatrice.
V. Autres antagonistes. — Les souvenirs et les jugements généraux forment par leur cohésion un corps de réducteurs auxiliaires. — Leur influence est plus ou moins énergique et prompte. — Divers exemples. — Cas où leur influence ne suffit pas. — La sensation antagoniste, qui est le réducteur spécial, se trouve alors annulée. — Exemples dans l'intoxication et la maladie. — Le patient juge alors que son hallucination est une hallucination. — Cas où tous les réducteurs sont annulés, ou aliénation mentale complète. — Cas remarquable observé par le Dr Lhomme.
VI. Vues générales sur l'être pensant. — L'esprit est un polypier d'images. —Vues générales sur l'état de veille raisonnable.— Équilibre mutuel des diverses images. — Répression constante de l'hallucination naissante par les réducteurs antagonistes. — Nécessité du sommeil. — Résumé sur l'image. — Ensemble de ses caractères et de ses rapports avec la sensation. — L'image est le substitut de la sensation.
I. J'étais hier 1 vers cinq heures du soir sur le quai qui longe l'Arsenal, et je regardais en face de moi, de ï'autre côté de la Seine, le ciel rougi par le soleil cou-