INTRODUCTION
Pendant notre stage dans le service de M. le professeur Poncet, nous avons eu l’occasion de voir opérer plusieurs malades diabétiques et c’est ce qui nous a donné l’idée, engagé du reste dans cette voie par M. Poncet, de traiter le sujet qui nous sert de thèse inaugurale.
C’est une opinion encore acceptée aujourd’hui que les diabétiques sont des malades inopérables, que, chez eux, toute intervention chirurgicale est suivie de complications parfois terribles etsouvent mortelles, que ce sont, en un mot, suivant l'expression consacrée, de véritables no: me tangere. Nous avons pour but dans ce travail de montrer que cette opinion, vraie autrefois, est aujourd’hui beaucoup trop absolue, et que cette catégorie de malades abandonnés naguère et voués pour ainsi dire à une mort fatale, a largement bénéficié des progrès de la chirurgie et de la méthode antiseptique,
Dans un premier chapitre, nous jetterons un-coup d’œil
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sur l’histoire chirurgicale des diabétiques ; nous verrons, par les nombreux travaux publiés dans ces trente à quarante dernières années surtout, combien toute intervention chirurgicale paraissait contre-indiquée chez ces malades. (était à une période que nous pouvons appeler préantiseptique et qui est encore trop rapprochée de nous pour n’être pas présente à l’esprit de tous les opérateurs. Nous verrons comment cette question s'est modifiée peu à peu avec l’avènement des méthodes antiseptiques, et comment, aujourd’hui, les noli me tangere n’ont plus leur raison d’être.
Dans un second chapitre, nous étudierons la nature et les symptômes des lésions chez les diabétiques (anthrax, phlegmons, gangrènes, etc.) et nous essayerons d’expliquer leur fréquence et leur malignité.
Le troisième chapitre comprendra le pronostic de ces lésions et les observations tendant à prouver que ce pro-nostic à beaucoup perdu de sa gravité depuis l'emploi judicieux de l’antisepsie. Dans ce chapitre nous examinerons aussi l’influence de l'intervention sur la quantité de sucre contenu dans les urines. EN
Enfin, dans le quatrième et dernier chapitre, nous indi querons la conduite que doit tenir le chirurgien en face d'un diabétique porteur de lésions inflammatoires et nous donnerons nos conclusions.
Arrivé au terme de nos études médicales, avant d'entrer
en matière, nous tenons à témoigner l’expression de notre