‹ De l'intervention chirurgicale dans les ankyloses du coude consécutives à des traumatismesChapitre 18 sur 47 · AR TS VE · texte numérisé non relu

AR TS VE

fort épanchement, mit un bandage. Des essais de réduction ne

semblent pas avoir été faits.

J’examinai le bras qui n’était plus tuméfié, mais quelque peu atrophié à cause de l’impotence. Il ne pouvait y avoir aucun doute, il s'agissait d’une luxation de la tête radiale en arrière et en dehors. On tenta aussitôt, sous chloroforme, la réduction de la luxation, mais cela ne réussit pas, je pratiquai l’arthrotomie le 11 septembre 1883.

Selon la forme de la luxation, ileut été plus naturel d'ouvrir l'articulation en dehors et en arrière. Cependant, considérant que la parésie des muscles innervés par le nerf radial pouvait tenir à une lésion de cenerf au niveau où ce dernier passe en avant de l'articulation radio-humérale, je crus mieux faire de libérer l'articulation par la région antérieure. Me conformant aux descriptions de l’atlas de Hencke, planches 53 et 54, je fis une incision sur le bord antérieur du long supinateur et pénétrai sur le bordinterne du muscle jusqu’au nerf radial; je le découvris facilement, mais macroscopiquement je ne trouvais aucune lésion ; ilne me restait donc plus qu’à porter remède: aux lésions del’articulation. Elle put être mise à nu grâce à mon incision précédemment décrite,en tirant en dehors Le nerf et le muscle. La capsule était intacte en avant, mais au contraire déchirée en dehors. Une réduction était impossible, la tête radiale revenant toujours à sa position vicieuse. Je trouvai

‘facilement la cause en attirant fortement le radius en dehors.

Comme on pouvait le supposer, la partie postérieure de la capsule (autant qu’on pouvait distinguer une partie du ligament annulaire) s'était insinuée entre la tête radiale et le cubitus. Je détachai ces adhérences avec les pinces et les ciseaux en les attirant en arrière. Non seulement je pus sans difficulté réduire la tête radiale d’une façon définitive, mais je pus même la recouvrir d’arrière en avant avec les restes de la capsule en recousant ensemble tous les fragments avec du catgut. Je mis

AT | SE un drain, je suturai la plaie, je fis un pansement antiseptique et mis le bras en supination au moyen d’un appareil.

Les soirs des troisième et quartième jours, légère température. Premier pansementle dixième jour. Sécrétion légère. J’enlevai la suture et diminuai le drain. Au deuxième pansement la plaie était complètement cicatrisée à l'exception du pointoù se trouvait le drain.

Le résultat fonctionnel, comme purent le constater plusieurs demes collègues auxquels je présentai l'enfant, futsatisfaisant à tous les points de vue. La supination et la pronation actives et passives sont absolument libres ; on se sert du bras aussi bien que de celui qui n’a pas été malade. Pas la moindre menace de retour de l’ankylose.

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