‹ De l'intervention chirurgicale dans les peritonites tuberculeuses generalisees et localiseesChapitre 27 sur 56 · OBSERVATION XXXIV · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXXIV

Wilhelmine W, . ., 18 ans. — Adénites cervicales suppurées, en février 1883. Pleurésie droite; points de côté, dans

la poitrine, à gauche. On trouve, en examinant le ventre, une zone de matité et une tumeur du volume du poing, à surface inégale, à parois adhérentes à l’utérus, considérée à cause de l’âge de la malade, comme un kyste dermoïde enflammé. Un examen très attentif de-s antécédents aurait dû faire faire le diagnostic exact.

Opération, 2 mars 1883. Intestin recouvert de nodosités tuberculeuses du volume d’un pois. Avec beaucoup de peine, on enlève des masses caséeuses adhérentes à l’intestin et à la paroi abdominale. Avec la cuiller tranchante et le doigt, on extirpe des cul-de-sac de Douglas des masses tuberculeuses. On saupoudre d’iodoforme. On referme la plaie.

Collapsus pendant 2 jours. Le 11 juillet, par les sutures delà plaie, qui éclate, issue d’une grande quantité de matières fécales ; la malade meurt.

OBSERVATlOxN XXXV CZKRNY

(Traduction inédite.).

Femme, 46 ans. Maux d’yeux dans l’enfance. A 20 ans, toux chronique. Depuis ce moment, elle est maladive; a des maux de ventre, de la diarrhée, quelquefois des hémorrhagies. Depuis 2 ans, ganglions axiilairos suppurés; depuis juillet 1888, vomissements après les repas, douleurs épigastriques; fréquemment, rétention d’urine; elle est très constipée. Poids : 55 kilog. Valeur en hémoglobine 59 “/o, 3990Û0Û globules rouges; peu de leucocytes. Cœur et poumons normaux. Au-dessous du rebord des fausses côtes gauches, on sent une tumeur du volume d’une pomme, très mobile et très douloureuse ; clapotement stomacal très manifeste. Cette tumeur présente des pulsations communiquées de Paorte. Lorsque l’estomac est plein, cette tumeur est poussée à gauche et devient de plus en plus facile à percevoir. L’examen chimique du contenu stomacal ne décèle la

présence d’aucun acide libre ; pas d’acide butyrique ; une trace d’acide lactique; beaucoup de peptones. La digestion artificielle, sans addition d’acide chlorhydrique donne un résultat négatif; avec addition d’acide chlohrydrique, ce n’est qu’au bout de 12 heures que commença la formation peptique. Diagnostic clinique : probablement tumeur de l’estomac, mais indépendante du pylore.

Laparotomie le 11 janvier 89. La tumeur fait hernie à travers la plaie, elle est d’un aspect blanc jaunâtre^ elle amène avec elle estomac et colon, on sectionne le ligament gastrocolique, on prend la tumeur avec la pince de Nélaton et on l’énuclée. Pendant l’opération, on n’eut pas à faire de ligature sur de gros rameaux; l’artère et la veine mésentériques supérieures furent réclinées. La tumeur avait son siège dans le ligament duodéno-jéjunal et comprimait le duodénum. Estomac un peu hyperémié. Pylore normal.

La tumeur enlevée est un© sorte de kyste contenant un liquide ressemblant à un mélange de blanc d’œuf et de crème. Le microscope ne montre pas de bacilles, on fait néanmoins le diagnostic de ganglion lymphatique tuberculeux.

Guérison assez rapide.

Heureusement toutes les statistiques no ressemblent pas à celles de Spæth et de Gzerny ; en effet, au congrès de Berlin (1890) (1), l’ordre du jour de la section de chirurgie comportait une discussion sur l’ascite tuberculeuse et son traitement. C’est à Kœnig,deGœttingen,lepromoteur delà laparotomie, que revenait incontestablement riionneur d’exposer sur ce sujet l’état de la science ; il l’a fait en termes très favorables à l’intervention. Sur treize malades qu’il a opérés, quatre seulement sont morts.

(1) y. Semaine médicale, 1890, p. 307.

dont trois de péritonite aiguë et un de collapsus. En outre, il a fait un relevé statistique, comprenant cent trente-une laparotomies pour tuberculoses péritonéales, dont quatre-vingt-quatre (65 ’/o) suivies de guérison.

Au cours de la discussion, Subbotir, de Belgrade, cite deux cas de tuberculose du péritoine guéris par la laparotomie simple: Kümmel, de Hambourg, rappelle qu’il a fait neuf laparotomies et a obtenu huit succès ; deux malades sont morts de péritonite dans la suite ; trois opérés ont conservé des fistules qui aboutissaient probablement à des foyers tuberculeux. Les autres se portent bien; enfin, Démosthène de Bucharest, reproduit les idées qu’il avait exposées au Congrès de chirurgie de Paris.

En France, Terrillon (1), posant en principe que la péritonite tuberculeuse, traitée médicalement, ne guérit pas, déclare que dans l'ascite tuberc jleuse,soit généralisée, soit enkystée, l’intervention chirurgicale donne des résultats parfaits ; au reste, dans la forme membraneuse, la laparotomie donne aussi de bons résultats : quatre observations, une mort, trois guérisons. En Belgique, Jacobs (2), cite un cas de péritonite membraneuse opérée avec succès.

Enfin, il y a quelques jours à peine, alors que nous mettions la dernière main à ce travail, paraissaient, sur ce sujet, devenu tout à fait à l’ordre du jour, d’une pai’t une communication de M. Debove

(1) In Semaine médicale, 15 oct. 1890.

(2) La (de Bruxelles), aviil 1890.

à la Société médicale des hôpitaux [\), sur le traitement de la péritonite tuberculeuse par la ponction suivie de lavage, et enfin une iDonne revue générale de M. Brühl (2), dans la Gazette des hôpitaux. Du premier, nous nous réservons de parler au chapitre du manuel opératoire. Quant au second, il a résumé les recherches de Maurange, de Kœnig, de Terrillon; pour lui, on doit intervenir dans la forme sèche comme dans la forme ascitique, mais la seconde est plus favorable; contrairement à Maurange, l’intervention doit être précoce ; accessoirement, il s’occupe du traitement deDebove et le considère comme indiqué dans les cas de péritonite à forme ascitique.

Tels sont, en .abrégé, les principaux matériaux dont nous avons pu disposer. Avant de tirer de leur étude quelque conclusion générale, qu’il nous soit permis, au préalaljle, d’exposer les faits que nous avons personnellement observés; puis, en les joignant aux faits déjà connus, nous essaierons de dresser une stati.stique raisonnée et d’en déduire - quelques conclusions utiles.

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