‹ De l'Intervention des Pouvoirs publics dans L'Émigration et L'ImmigrationChapitre 76 sur 103 · ENTRAVES A L’IMMIGRATION · texte numérisé non relu

ENTRAVES A L’IMMIGRATION

Les pouvoirs publics sont amenés, bien avant qu’ils n'aient à redouter l'excès de population, à entraver l'immigration.

La mauvaise qualité ou l’inaptitude au travail des immigrants sont la cause des premières mesures prohibitives. Le peu de profit qui résulte del’arrivée d’indigents, de déments, de malades de toute sorte ou d'individus incapables de se subvenir à eux-mêmes, ainsi que le mal que peut causer celle de gens notoirement vicieux n’ont, en effet, pas besoin d’être démontrés.

Toutefois, la tendance aux restrictions, aujourd’hui presque générale, existant même dans des contrées qui pratiquent encore l’immigration artificielle, ne se rencontre pas dans les divers pays à la même période de l’histoire de l'immigration.

Quelques-uns (États-Unis, Sud de l’Afrique) prennent ces mesures dès le début d’un mouvement un peu considérable d'immigration ; mais la plupart commencent par ouvrir leurs territoires indistinctement à toutes les catégories d’immigrants et attendent pour intervenir et faire un choix parmi les arrivants que la population ait une densité suffisante. De ce nombre sont : l'Australie, le Canada et le groupe presque entier des Républiques Sud-Américaines.

La concurrence, réelle ou supposée, faite par les étrangers au travail national, détermine certains pays à établir une nouvelle série de prohibitions. Celles-ci peuvent concerner deux sortes de travailleurs. |

Les ouvriers de race blanche ne peuvent, par exemple, pénétrer aux États-Unis lorsqu'ils sont porteurs d’un contrat de travail quelconque conclu à l'étranger, 1ls sont présumés de ce chef devoir faire une concurrence plus grande aux ouvriers indigènes. On repousse également les Européens complètement illettrés sous le prétexte qu'ils feront baisser les prix en acceptant des salaires trop infimes.

Les ouvriers de race jaune et les nègres sont également repoussés pour ce dernier motif.

L'arrivée dans un pays d'unnombre trop considérable d’immigrants d’une même nationalité peut être également une cause d’entraves à la libre entrée de ces individus. Cette interdiction cependant n'existe pas encore d’une façon directe ; à moins que l’on ne fasse rentrer les Chinois dans cette classe ; mais l’on peutprévoirlexistence prochaine d’une question italienne faisant un pendant à la question chinoise. Jusqu'à ce jour seuls les États-Unis ont légiféré en visant spécialement les taliens quand ils ont prohibé l'entrée des‘illet: trés.

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