‹ DE L'INTOXICATION SATURNINEChapitre 9 sur 24 · AGE · texte numérisé non relu

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Or l'absorption du plomb par les voies digestives parait être sous la dépendance directe de la réaction plus ou moins acide du chyme, une réaction fortement acide entrainant une absorption plus considérable qu’une réaction faiblement acide. On voit déjà quelle peut être l'influence du régime alimentaire habituel ou accidentel sur le développement des accidents saturnins. C’est ainsi que l'on voit brusquement éclater une crise saturnine à la suite d’un écart de régime, d’une faute contre lhygiène. Sous ce rapport il faut faire une place à part à la consommation de vin, de cidre, de bière, de rhum, de liqueurs alcoolisées, de vinaigre. Toutes ces substances acidilient directement les voies digestives. Le plomb solubilisé dans l'estomac à réaction acide se précipite dans l'intestin à réaction alcaline ; mais qu’une cause quelconque vienne troubler l'équilibre normal, le plomb est immédiatement dissout et directement absorbé et passe dans la circulation générale.

Archambault, puis Potain insistent sur le rôle joué par la gastrite acide des intempérants ou des alcooliques dans la solubilisation et l’absorption des poussières plombiques.

Archambault a mis en évidence ce rôle du régime dans des expériences sur lui-même qui, au dire de ses amis. lui furent préjudiciables. Voici ses expériences rapportées par lui-même :

«1° Après un repas composé d’œuls, d’épinards et d’eau pure, Javalais 50 centigrammes de silicate de plomb (poudre de contre-oxyde) et je me Îis vomir vingt-cinq minutes plus tard. Les matières vomies furent filtrées avec soin; le liquide incinéré et les cendres reprises par une très petite quantité d’eau acidulée avec de l'acide nitrique, qui fut encore réduite avant d’être essayée; elle ne contenait que des traces de plomb; 2° à la suite d’un repas semblable au précédent, mais pendant lequel j'avais pris une demi-bouteille de vin ordinaire assez acide, je pris 50 centigrammes de poudre de contre-oxyde et me fis vomir après vingt minutes. Les matières vomies, traitées comme ci-dessus, contenaient une quantité si considérable de plomb soiuble qu'il aurait été possible de le doser. »

La différence dans le résultat de ces deux expériences ne

LT peut tenir qu’à la présence du vin, dont l'acide acétique a dissoul une très grande quantité de silicate de plomb ingéré dans la deuxième; et voici les conclusions d’Archambault : « Tout individu exposé à respirer des poussières chargées de plomb insoluble qui boit du vin ou tout autre liquide acide capable de donner naissance dans l'estomac à un sel de plomb soluble s’empoisonne par le fait de la formation d’un sel soluble. »

C'est, en effet, l’acétate de plomb qui donne lieu à un empoisonnement réel, acétate qui provient de l'acide acétique provenant du vin absorbé et qui transforme le plomb en acétate soluble.

Potain, de son côté, insiste particulièrement sur l'influence provocatrice des écarts de régime considérés comme facteurs d'hyperchlorhydrie.

C'est ainsi qu'un malade de son service avait contracté ses premières coliques; amateur de moules et redoutant l'influence malsaine qu’on leur attribue, il avait espéré en manger impunément en ajoutant à la sauce une forte dose de vinaigre. Il n'eut pas d'urticaire, mais une attaque de colique saturnine.

Un autre parlait d’une fameuse salade de pommes de terre qu'il croyait bien innocente de ses souffrances.

Chez un troisième, l'explosion des accidents avait été préparée par une période de dyspepsie acide, l'estomac ayant fourni le dissolvant du plomb que les autres malades avaient ingéré avec leurs aliments.

Le vinaigre a été certainement pour beaucoup dans ces accidents. Nous savons, en eflet, que l'acide acétique dissout le plomb, avec lequel il forme un acétate soluble. Il en est de même pour l'acide chlorhydrique, le sel marin, le sucre, les graisses, le lait.

Dans ce genre de saturnisme accidentel se placent les cas innombrables d'intoxication lente par l’eau potable ayant séjourné dans des canalisations en plomb.

On est certain aujourd’hui que les solutions salines attaquent le plomb, en particulier lorsqu'il est en contact avec un autre métal (cuivre, fer, nickel, bronze, laiton, soudure des plombiers).

Laf. 2

LATE C’est pour cela que l’on recommande de toujours laisser couler la première eau avant de puiser.

Le contact des robinets métalliques avec les conduites en plomb étant une circonstance favorable à l'attaque de ces dernières, il y a lieu de réduire ces contacts, et d’une façon générale tous les contacts bimétalliques. G. Pouchet, P. Carles et A.-P. Bonnin dans sa thèse ont montré que les branchements de plomb fixés sur une canalisation, principalement en fer et en fonte, s’attaquent avec une grande rapidité. Le couple fer-plomb ayant une plus grande activité électro-chimique que le couple cuivreplomb, l'association des deux premiers métaux dans une distribution d’eau doit être soigneusement évitée. Le produit de cette corrosion est un hydrate d'oxyde de plomb. L'eau faiblement minéralisée ou tenant en dissolution des chlorures ou des nitrates attaque mieux le plomb. Il est à noter également que les carbonates et l’acide carbonique, en corrodant le plomb, forment une couche adhérente qui empèche son attaque ultérieure.

Il nous reste encore à parler du plomb qui pénètre accidentellement dans les voies digestives par suite de la présence de parcelles enrobées dans les substances alimentaires. Autrefois, le plomb qui entrait dans l’alliage de l'étamage (étain et plomb) s'y trouvait quelquelois en trop grande quantité. Le plomb était alors attaqué par les acides libres; les fruits, le poisson, les viandes assaisonnées occasionnaient ainsi des accidents. On avait aussi l'habitude de mettre un bloc de plomb pour adoucir ou conserver le vin, le cidre et la bière ou de les mettre dans des récipients en plomb. Le plomb a pu ainsi être isolé dans ces liquides à l’état métallique. Ces accidents ne présentent plus aujourd'hui qu'un intérèt historique.

Dans quelle condition peut se faire cette intoxication, ou même empoisonnement ? Il est très difficile de faire une réponse directe, car les facteurs à faire rentrer en jeu sont trop complexes et trop variables pour répondre d'une manière absolue.

Après de multiples expériences, Meillère avoue que les résultats obtenus, malgré la perfection des moyens employés, sont

très décevants.

me A0res

Il faut, en effet, faire rentrer en jeu une notion fondamentale et qui a beaucoup préoccupé les chimistes, je veux parler du « plomb normal ». D'un autre côté, il y à également la tolérance individuelle qui varie dans chaque cas.

M. Vibert, dans son 7railé de toxicologie, nous dit : « L’absorplion du plomb par la muqueuse digestive parait se faire inégalement dans les divers cas, mais on ne sait rien sur la cause de ces différences. En tous cas, même dans les empoisonnements rapidement mortels, la quantité de poison peut être assez minime. »

D'un autre côté, Meillère nous donne les conclusions suivantes : |

« 1° Les organes de tous les sujets contiennent des traces infimes mais non discutables de plomb. L'organisme d'individus non saturnins peut contenir des quantités très appréciables de plomb.

» 2° Certains sujets possèdent une véritable idiosyncrasie, une immunilé naturelle ou acquise, qui en fait des mithridatés du saturnisme. »

En d’autres termes, le plomb accidentellement introduit dans notre organisme est plus ou moins bien toléré, suivant des conditions dont l'appréciation nous échappe.

De tout cela il résulte qu’un individu qui a ingéré du plomb métallique court un réel danger d’intoxication, et même d’empoisonnement. Tous les moyens énergiques, médicaux ou chirurgicaux, doivent être immédiatement appliqués.

Ogservarion Î (Ruva)

Colique saturnine causée par la présence de 10 onces de grains de plomb dans les intestins

J.-B. P.., âgé de trente-quatre ans, de tempérament bilio-sanguin, laboureur, était depuis plusieurs années sujet aux lèvres intermittentes. Les préparations de quinquina ne dissipaient le mal que difficilement ; il fallut enfin y joindre l’usage des saignées et du tartre stibié

hier pour en triompher, mais les organes abdominaux ont fini par éprouver des désordres sérieux et le malade éprouvait aisément des coliques et de la diarrhée au moindre écart de régime.

En 1898, il essuya une péripneumonie grave, dont il guérit; le traitement qu'a exigé cette maladie l’a débarrassé en même temps des anciennes souffrances, il s’est dès lors bien porté, a quitté son état de laboureur et s’est fait marchand ambulant.

Ce nouvel état l’a non seulement exposé à des marches forcées et fatigantes, mais encore à toutes les intempéries des saisons et à des excès de toute espèce, entre autres aux boissons alcooliques.

Mais alors ses anciennes souffrances abdominales sont reparues et avec plus de force : le malade éprouvait des dyspepsies, un sentiment d’étranglement pénible à la région duodénale, des douleurs atroces dans l'estomac et des envies fréquentes d’uriner. Ces symptômes s’amendaient quelquefois sous l'influence d’une boisson amère, telle que infusion de la racine de colombo, par exemple, mais cette amélioration n’était que passagère. Après avoir essayé inutilement d’une foule de remèdes, le malade s’est livré aux soins d'un charlatan qui lui a fait avaler d’abord, le 6 octobre 1836, 6 onces de grains de plomb.

Ce moyen a d’abord produit de la pesanteur d'estomac, puis des éructations fréquentes, des borborygmes, un goût métallique à la bouche, des nausées et des vomituritions. Les symptômes ontété graduellement progressilis ; des coliques lancinantes fort pénibles et l'impuissance des membres inférieurs se sont jointes aux phénomènes précédents.

Pour combattre cette exacerbation, le charlatan lui a fait avaler une potion de sa composition, dans laquelle il entrait de l'huile rance de lin, de la graisse de blaireau fondue et des jus d'herbes. Loin d’en être soulagé, le malade à éprouvé des coliques de plus en plus vives et insupportables. Enfin, dans la nuit du 23 du même mois, six jours après l’ingestion du plomb, le malade à rendu par l'anus des grains de ce corps étranger, enveloppés de muceus stercoral, au milieu des efforts pour vomir et pour aller à la selle. Le malade a été à l'instant considérablement soulagé, et de l’action du plomb et de sa maladie antérieure. Il s'est cru complètement guéri, mais il n'avait pas fait attention à la quantité de plomb qu'il avait rendue ; il n’en avait rendu que la moitié

environ.

Illusionné par ces événements, le malade a eu plus de confiance en les promesses du charlatan ; il a donc avalé le lendemain, 24 octobre, une seconde dose de plomb.

Nouvelle recrudescence des symptômes gastro-entériques. L'état du malade décline de jour en jour ; il ne peut manger ni boire; ses forces décroissent continuellement et il peut à peine tenir sur ses jambes.

Le 30 octobre, aux douleurs ombilicales se joint un vomissement de matière bilieuse qui se reproduit d'une manière inquiétante. C’est à cette époque que M. Ruva l’a visité pour la première fois.

A l’examen, il a trouvé : œil languissant, visage pâle et maigre, étourdissement, céphalalgie, langue chargée, bouche amère, pouls plein mais non fréquent, peau chaude, douleurs vives à l’ombilic s'irradiant aux lombes. Le reste de l'abdomen n’est pas douloureux à la pression, si ce n’est de temps en temps vers les régions épicoliques gauche et droite. Sentiment de fourmillement avec tiraillement à la plante des pieds. Lorsque chaque paroxysme douloureux revient, les testicules se rétractent vers les anneaux inguinaux.

Constipation complète depuis six jours; des purgatifs drastiques avaient été administrés inutilement par le charlatan.

Tout ce que le malade prend, il le vomit, il accuse des coliques atroces et son moral est frappé de l’idée de la mort.

Ces antécédents ont mis de suite M. Ruva dans la connaissance exacte dé la nature du mal. Son premier but a été de délivrer le malade de la présence du plomb qu'il avait avalé. Il à preserit des lavements purgatifs, une saignée de 12 onces, des sangsues à l’anus et des cataplasmes émollients sur le ventre.

La saignée et les sangsues ont été répétées. Ces moyens ont calmé un peu les souffrances, l'estomac paraît un peu moins intolérant, il supporte quelques cuillerées d’eau de laurier-cerise délayée, puis de l'huile dericin.

Après deux jours de traitement, le malade a eu d’abondantes garderobes de matière liquide très fétide, dans laquelle on à trouvé 3 onces de plomb. Le soulagement a été instantané, il y a eu du calme pendant la nuit suivante. Le lendemain, nouvelle garde-robe contenant aussi du plomb en grains. Le malade s’est senti de plus en plus soulagé et a commencé à se nourrir. On lui a prescrit de la magnésie et de la limonade sulfurique; la colique et la fièvre se sont dissipées par degrés.

On a continué les purgatifs et les lavements.

Le malade accuse un sentiment de constriction fort incommode, tantôt à la région iléo-cæcale, tantôt sur le point opposé. Les membres inférieurs continuent à être morts, le fourmillement douloureux à la plante des pieds persiste.

Le malade mange avec avidité, mais les forces n’augmentent pas en proportion. Ces symptômes ont fait présumer à M. Ruva que le tube intestinal n’était pas complètement débarrassé du plomb; il est, en conséquence, revenu à l’usage de l'huile de ricin et de la magnésie.

Quarante-sept jours après l’ingestion du plomb, le malade, se voyant désappointé dans son attente de guérison, s’est dégoûté de tout traitement et de tout régime et a satisfait son appétit vorace. Les coliques sont alors reparues avec une très grande violence et accompagnées des mêmes symptômes dont nous venons de parler.

On revient à la saignée du bras, aux sangsues à l’anus; on prescrit une émulsion huileuse, des lavements purgatifs et des fomentations émollientes sur le ventre. De nouvelles garde-robes ont lieu, elles contiennent du plomb. Enfin tous les symptômes se sont petit à petit dissipés et le malade a fini par guérir.

Le plomb rendu pesait 10 onces en tout. Huit mois après, le sujet en question continuait à jouir d'une bonne santé.

OBsERvATION IT

(Observation et leçon clinique de M. le Professeur Potain; recueillies par M. le D' Homolle)

Intoxication saturnine rapidement mortelle déterminée par l’ingestion de plusieurs balles de plomb

Un homme de vingt-sept ans qui venait d'abandonner le service militaire et faisait depuis plusieurs mois le métier d’'employé de commerce entre à l'hôpital le 3 juin 1878, pour des accidents gastriques graves dont l’étiologie paraît être complexe et se rattacher à la fois à une double intoxication alcoolique et saturnine.

Depuis plusieurs années, le malade a fait des excès de boisson, et, depuis plus de dix-huit mois, il a tous les symptômes de la gastrite

00e chronique. Il dit avoir eu deux vomissements noirs, couleur marc de calé, l’un en décembre 1876, l’autre au mois de février 1878; il à de plus des vomissements fréquents, souvent très copieux, et des douleurs vives qui reviennent par crises et se font sentir à l’épigastre avec des irradiations vers les points correspondants de la région rachidienne.

Le ventre est ballonné, surtout au niveau de l'estomac qui est très dilaté, comme l'indique le bruit de flot produit par la succussion.

L'empoisonnement saturnin se manifeste par un liséré gingival très foncé, d’une intensité tout à fait exceptionnelle. La langue est très large, tuméliée et comme œdémateuse sur ses bords où se voit l’impression profonde des dents avec des lignes ardoisées, formant une sorte de tatouage qui s'observe de même sur la muqueuse des lèvres et des joues. La stomatite a débuté il y a trois semaines environ; elle était, paraît-il, beaucoup plus intense et accompagnée d’un gonflement énorme il y a quinze jours. Le malade se plaint, en outre, d’avoir ressenti, depuis quelques semaines, autour et au-dessous de l’ombilic des coliques toutes différentes, des douleurs lancinantes qu'il ressent à l’épigastre.

L'appétit a diminué ou plutôt la satiété survient après l’ingestion des plus petites quantités d'aliments. Le foie est rétracté, au point que sa plus grande dimension verticale appréciée par la percussion n'excède pas 9 centimètres.

La peau est fraiche, le pouls est moyennement fréquent, petit, dépressible. Les battements du cœur sont réguliers, faibles, sans bruits anormaux.

La face est grippée, très pâle, avec une teinte subictérique des téguments et des conjonctives.

L'urine, rare et chargée, ne renferme pas de pigment biliaire.

Le mode de pénétration du plomb dans l’économie était resté douteux à la suite des premiers interrogatoires; enfin le malade se décida à raconter qu'il avait, quatre mois auparavant, avalé l’une après l’autre plusieurs balles de plomb dans l'espérance de calmer les douleurs et les vomissements dont il était tourmenté depuis longtemps.

Il donnait d’ailleurs les détails les plus précis en apparence; il avait, en trois semaines, disait-il, avalé huit balles et les avait régulièrement

La

rendues, la première au bout de trois jours et ies sept autres dans les quarante-huit heures qui avaient suivi l’ingestion.

Il s'était toujours observé avec le plus grand soin et n'avait jamais, sauf la première fois, pris une balle qu'il ne se fût bien assuré d’avoir rendu la précédente, chacune d'elles avait été lavée avec soin et grattée pour faire disparaître les inégalités qui pouvaient résulter du moulage, de sorte que la surface était toujours parfaitement lisse et brillante à l'entrée, tandis qu'à la sortie elle était noire et rugueuse.

Nous verrons quelle créance méritaient les assertions du malade.

Au bout de quelques jours, et après l'administration infructueuse de purgatifs plus doux, deux gouttes d'huile de croton déterminent d'abondantes évacuations, et, ainsi qu'il arrive presque toujours en pareil cas, le volume du foie augmente très notablement ; la matité dans la verticale du mamelon atteint 17 centimètres le soir mème et 16 centimètres le lendemain du jour de purgation (7 juin).

9 juin. Le ventre est douloureux, le foie revenu à ses petites dimensions des premiers jours, la rate n’est pas augmentée de volume.

Depuis quatre nuits, le malade ne peut pas dormir, il a du mal de tête et des bourdonnements d'oreilles, sans troubles visuels, sans inégalité des pupilles.

10 juin. Après une nouvelle dose d'huile de eroton qui a été prise à six heures du matin et a déjà provoqué, à dix heures, plusieurs selles, la matité du foie mesure 16 centimètres sur la ligne mammaire et 12 centimètres à l’épigastre.

La nuit à été meilleure, la céphalalgie est moins forte.

L'ictère persiste, plus pàle qu'au premier jour.

L'urine ne contient pas de pigment biliaire, mais donne à un très haut degré la réaction de l’indigose. Les 1.600 grammes qui ont été rendus dans les vingt-quatre heures renferment 20 gr. 8 d'urée (alimentation très restreinte).

Mêmes caractères du pouls et des battements du cœur ; souffle aigu dans les jugulaires, pas de soulfle crural.

A1 juin. Il y a eu, depuis la veille, des évacuations nombreuses ; les dimensions du foie sont : 10 cent. 5 et 7 centimètres.

L'urine, faiblement albumineuse, donne peu d’indigose, malgré la purgaltion.

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708 Es

12 juin. Dimensions du foie : 8 centimètres et 3 cent. 5. Urine rare (on n’a pu en recueillir que 180 grammes renfermant 6 gr. 5 d’urée, soit 34 grammes par litre), très chargée ; dépôt uratique coloré comme dans la cirrhose; traces d’albumine et de pigment biliaire, pas de matière bleue.

Le malade a vomi de nouveau; il souffre beaucoup de la région épigastrique sans éprouver de vraies coliques.

L'état général est mauvais, sans fièvre cependant, le pouls est accéléré (108 pulsations), mais la peau est fraiche, mème le soir (36°7). Le cœur est un peu augmenté de volume ; la matité mesure 14 cent. 5 le long du bord droit du cœur, 12 cent. 1/2 au bord gauche du sternum.

Il y à eu trois selles provoquées par deux verres d’eau de sedlitz, mais le foie n’a pas changé de volume et le ventre reste ballonné.

13 au 16 juin. L'état demeure à peu près stationnaire; le foie, de nouveau rétracté (7 à 8 centimètres); la céphalalgie et l’insomnie diminuent.

16 juin. Matin, 96 pulsations ; soir, 108 pulsations et 373. Dimensions du foie, 8 centimètres le matin et 9 le soir. Urine, 380 grammes; densité, 1039; urée, 14 gr. 4; pas de pigment biliaire ni d’albumine, réaction de l’indigose très manilestle.

Le malade a vomi des matières noiràtres semblables à celles que rendent les cancéreux.

47 juin. Matin, 100 pulsations; soir, 104 pulsations, sans chaleur fébrile. Il n’y à ni vomissements ni évacuations intestinales. La pàleur des téguments et la teinte subictérique semblent augmenter. L'urine est toujours rare; sa densité est moindre, 1020 ; elle renferme une trace de sucre.

Le résidu minéral est très minime, ce qui est en rapport avec l'absence presque complète d'alimentation. Le foie mesure 7 cent. 1/2.

18 juin. Pour la première fois, on constate un léger double souffle à la région crurale; c’est un souffle continu avec renforcement, beaucoup moins strident et moins aigu que le souffle artériel qui est tout à fait discontinu.

Urine, 750 grammes, renfermant 17 gr. 25 durée.

49 juin. L'urine est plus abondante, 1.500 grammes, trouble et rouge

comme dans la cirrhose,

a6 es

Bien que la constipation persiste depuis trois jours. le foie est plus volumineux, 42 cent. 5 sur la ligne mammaire et 8 centimètres à l’épigastre; le ventre est moins douloureux, mais ballonné.

L'insomnie et la céphalalgie persistent, malgré l'usage de l’opium.

20 juin. 10% pulsations; 37°. Les douleurs de tête sont devenues intolérables et arrachent des cris au malade. La sensibilité cutanée est presque abolie. Le malade à vomi abondamment.

21 juin. Matin, 104 pulsations; soir, 38°2. La céphalalgie n’a pas diminué, malgré 2 gr. 50 de chloral; mais le malade est beaucoup plus apathique ; il regarde la personne qui lui parle et répond d’une façon sensée, mais toujours en fort peu de mots. Les pupilles sont égales, moyennement dilatées et mobiles.

L'urine ne contient pas de trace d’albumine. -

22 juin. L’apathie et l'indifférence vont presque jusqu'au coma; le malade entend cependant et se retourne du côté où l’on a prononcé son nom ; il voit et suit du regard la main qu’on promène sur les membres pour apprécier l’état de la sensibilité, mais il reste immobile, impassible, les yeux béants, il ne dit pas un mot, il ne profère pas une plainte et ne semble pas s'apercevoir de ce qu'on lui fait quand on pique ou qu'on pince la peau (cette anesthésie paraît, en particulier, être absolue au membre supérieur droit). De temps en temps, seulement, il pousse de longs gémissements ou des cris inarticulés, comme ceux de la méningite. ,

Il n'y à pas d'hémiplégie manifeste, cependant les membres supérieur etinférieur droits semblent être plus flasques que ceux du côté opposé.

L'urine est rare (500 grammes), trouble, très rouge, non albumineuse. Le loie est encore rétracté (8 centimètres au lieu de 12 que l’on trouvait la veille); il y a eu cependant des garde-robes naturelles; pas de vomissements.

Le soir, lhémiplégie droite est évidente; elle porte sur les membres et la face et intéresse mème l’orbiculaire des paupières et le frontal.

Dans les efforts que fait le malade pour se retourner sur le lit, le bras droit reste pendant derrière le dos, tandis que le gauche se contracte avec énergie.

L’anesthésie, le mutisme et l'indifférence sont absolus. La chaleur reste normale (37°7), le pouls est accéléré (112 pulsations).

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