OBSERVATION V
Sur un cas d'invaginalion iléo-colique associé à des ulcérations tuberculeuses inlestinales par M. Llewellyn. (Clinical Notes. The Lancet. Avril 1903. Traduction).
Le cas suivant a quatre raisons d’être intéressant : 4° il était suraigü, la mort étantsurvenue en 39 heures ; 2° deux symptômes importants faisaient défaut : la douleur et le ténesme ; 3% des ulcérations tuberculeuses récentes furent trouvées à l’autopsie ; 4 c'était de la variété rare iléo-colique.
L'histoire clinique est la suivante: l’enfant, âgé de 18 mois, bien nourri, avec de bons antécédents personnels, à part une attaque de stomatite ul-éreuse à 4 mois, se sentait bien portant le 16 mars 1903. Comme il avait trop mangé de gâteaux, on lui donna par mesure de précaution une certaine dose d'huile de castor. La nuit, il eut des coliques, accompagnées du rejet de quelques mucosités. Le 17, à 1 heure, l'enfant vomit et devint aussi pâle que la mort, suivant l'expression de sa mère. Je le vis à 2 heures ; il ne paraissait pas souffrir et il n'avait pas eu de douleurs en réalité. L’abdomen était flasque, pas de tumeur à la palpation, pas de ténesme, ni d'écoulement sanguin par le rectum. Les joues reprirent leur coloration ; température 980 Fahr. pouls 100. Je vis l'enfant de nouveau, de bonne heure, le 18 ; il était très malade et son état étaitgrave. On me montra du sang qu’il avait fait le matin ; il y en avait uneonce environ et il était exempt de matières. Il avait vomi 3 ou 4 fois. Toujours pas de douleurs, ni de coliques, abdomen flasque, aucune tumeur distincte, mais quelque empâtement dans la fosse iliaque gauche.
Par le toucher rectal, je crus avoir découvert une masse,
mais on ne pouvait sentir aucun rétrécissement et le doigt revenait tout ensanglanté. Température : 100 Fahr.: Pouls 400. Je diagnostiquais une invagination. M. R. W. Murray, de la Cité, vit l’enfant avec moi plus tard dans la journée et d’après mon diagnostic, fit une laparatomie. Une invagination iléocolique fut trouvée. La réduction de 4 ou 5 pouces d’intestin, en amont de la valvule iléo-cœæcale, fut opérée avec difficulté. Les ganglions mésentériques étaient augmentés de volume. L'enfant se releva pendant quelque temps, mais mourut douze heures apres l'opération, soit trente-neuf heures après le début de linvagination.
L’autopsie fut refusée, mais j’obtins l’autorisation d'ouvrir la blessure et j’enlevais le cœcum et environ 8 pouces de liléon. La tête de l’invagination ainsi que le paroi intestinale étaient très épaissies et il y avait des traces de congestion jusqu’au niveau de la valvule. A l'ouverture de l'intestin, on découvrit plusieurs ulcérations tuberculeuses au début et à l’endroit qui avait été la tête de l’invagination et où le revêtement muqueux avait commencé à glisser, toute la muqueuse était très congestionnée.
Mon avis est que l’ulcération occasionna une parésie partielle de l'intestin, sous cette influence cette portion fut distendue et la partie sus-jacente fut poussée dans son intérieur grâce au péristaltisme exagéré par le purgatif.
Je ne puis trouver aucune mention d'ulcérations tuberculeuses s’accompagnant d'invagination intestinale dans la littérature médicale.
Liverpool, 18 avril.