OBSERVATION, XXXI
Roux. Revue de la Suisse Romande, 1905, p. 6£. Communication à la Société de Médecine Vaudoise, 7 décembre 1904.
Quand on découvrit chez le malade le boudin invaginé, aussitôt après avoir ouvert l'abdomen, on crut avoir trouvé la cause du mal. Pendant la réunion au bouton de Murphy, l'opération d’une simplicité idéale faisait songer au chemin parcouru par la chirurgie intestinale, mais l'opérateur songea aussi à la multiplicité des adénomes : au moment de refermer l’abdomen, il voulut y jeter un coup d'œil discret. Il trouva deux invaginations semblables à la première, de nombreuses tumeurs flottantes à la partie supérieure du jejunum, non invaginé à cause de la fixité du ligament de Treitz, plusieurs rétrécissements cicatriciels étendus au-dessous des invaginations déjà mentionnées, puis enfin tout au bas de l’iléon, une quatrième invagination de même étendue, mais sur un intestin de « lapin » vide, flasque, misérable. Il fallut en finir par une anastomose entre le haut du jejunum (débarrassé au préalable de quelques tumeurs) et le milieu de l'intestin grêle, après avoir excisé la grosse tumeur comme une fraise, qui provoquait la quatrième invagination. Pendant les dix à douze jours qui suivirent l’opération, le malade semblait devoir guérir sans accroc.
(Le reste de l'observation n’a pas été publié.)
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OBSERVATION XXXII Delore et Leriche. Revue de Chirurgie, 1908.
Invagination iléo-cœcale due à un myome de l'intestin grêle. Résection iléo-cœcale. Mort.
Femme de trente-six ans, ayant eu deux enfants, et jouissant d’une bonne santé ordinaire.
Il y a quatre mois environ, elle a commencé à ressentir quelques douleurs dans la fosse iliaque droite ; elle constata alors la présence d'une tumeur en ce point, et présenta les divers signes d’une obstruction incomplète ; constipation entremêlée par intervalles de débàcles diarrhéiques. Ces phénomènes s’accentuent progressivement. Trois jours avant son arrivée à l'Hôtel-Dieu, dans le service de M. le Professeur Poncet, les douleurs devinrent plus violentes ; il se déclara en plus, un notable météorisme avec des vomissements fécaloïdes.
Le 10 mars 1899, on constatait, en outre d’un météorisme léger, une tumeur mobile dans la cavité abdominale, du volume de deux poings et siégeant manifestement dans le cœcum. Il existait des vomissements fécaloïdes, un arrêt complet des gaz et des matières, une température de 3805. La malade accusait encore des hémorragies rectales légères et se plaignait d’épreintes anales intermittentes.
Toucher rectal et toucher vaginal négatifs. Diagnostic : obstruction par tumeur du cœcum.
Laparotomie iliaque droite (Delore). On tombe aussitôt sur le cœcum qui était rempli par une grosse masse pâteuse de consistance analogue à celle d'un boudin invaginé. À sept ou huit centimètres audessus de l’orifice iléo-cœcal, on remarquait un collier d’invagination au centre duquel s’enfonçait l'intestin grêle accompagné de son méso. Le doigt pénétrait en dedans du collier, à une profondeur de deux à trois centimètres seulement, au delà desquels il était arrêté ; quant au mésentère, ramassé lui-même au niveau du collier, il formait une grosse bride rétractée qui maintenait l'intestin collé contre le détroit supérieur. Ii s'agissait en somme d’une invagination iléo-cœcale.
Des tentatives d'expression du boudin combinées à une traction légère sur l’anse sus-jacente étant restées infructueuses, on pratiqua
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la résection iléo-cœcale classique. La libération fut malaisée, en raison de la rétraction du mésentère qui obligea à travailler à une grande profondeur.
Après la résection, les deux bouts, cœcal et grêle, de calibre fort inégal, furent réunis bout à bout. Mais on dut compléter la suture de l'orifice cœcal non oblitéré par la suture d’abouchement, si bien que la suture, dans son ensemble, avait la forme d’une raquette.”
L'opération avait duré une heure. Au troisième jour, se déclarèrent des signes de péritonite à laquelle l'opérée succomba vingt jours apres.
La pièce de résection démontre que l'étendue enlevée atteint de quatre-vingts à quatre-vingt-dix centimètres. Le boudin lui-même présente une longueur de trente centimètres, depuis sa tête jusqu'à son collet; sur la tête on constate une tumeur pédiculée du volume d'une mandarine ; c’est elle qui a entrainé l'invagination.
Il s’agit d’une tumeur sous-muqueuse, d’un myome, suivant l’exa-
men histologique de M. Louis Dor.
Observations du gros intestin