‹ De l'iodoformisme cutané par contact: son traitement, sa prophylaxieChapitre 12 sur 22 · OBSERVATION VI · texte numérisé non relu

OBSERVATION VI

M. Collignon * relate avec détails intéressants l’histoire d’un

! Fifield, Accidents provoqués par l’iodoforme (Boston medical and Surg. Journ., 1882).

? Neisser, Exvanthème iodoformique, 1884.

3 D' Collignon, Éruption pemphygoïde due à l’usage de l’iodoforme(Journal de médec. et de chirurg. pratiques, mai,1887).

brasseur de trente-trois ans, dont la face dorsale du pied est brûlée par de la bière en ébullition.

Pour favoriser la cicatrisation, on a recours à l’iodoforme, mais bientôt des complications obligent à le mettre de côté. Des bulles se développent soudainement entre les orteils, bulles de la grosseur d’une noisette et à contenu légèrement citrin. Les unes s’affaissent, les autres se rompent spontanément. Cette éruption gagne en quelques jours toute la surface dorsale, puis c’est bientôt le tour de la face plantaire : elle se couvre d’ampoules.

Celles-ci furent précédées d'une tache rouge, érythémateuse, prurigineuse, chaude, cuisante, au centre de laquelle s’élevaient des vésicules.

Le nombre des bulles fut si grand qu’elles parvinrent à décoller l’épiderme de la surface entière du pied. Voilà bien, ajoute le D’ Collignon, quelque chose qui ressemble à un pemphigus, et à un pemphigus inoculable, ce qui le prouve, c’est que les doigts et la face interne de l’autre pied, pour avoir été en contact avec les parties atteintes, devinrent à leur tour le siège de quelques élevures phlycténoïdes.

Cette observation indique une genèse des accidents iodoformiques qui doit attirer notre attention. Comme l'estime M. Tussau, et d'accord avec notre cas personnel, la brûlure est souvent l’occasion étiologique des manifestations cutanées d’iodoformisme.

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