CHAPITRE PREMIER
« L'opération de la pupille artificielle désignée en Allemagne sous le nom de corémorphose (xéen pupille, uéppuais formation} consiste soit à faire une ouverture à l'iris, soit à rétablir l’ouverture naturelle, soit à la déplacer » (1).
On peut classer dans cette définition tous les procédés opératoires dont on s’est servi pour ouvrir un passage aux rayons lumineux. Laissant de côté les nombreux « procédoncules » (Rognetta) dérivés de chaque méthode type, tels que le dégagement du bord pupillaire ou corélysis, et le détachement de l’iris à son bord ciliaire (Iridodialysis), on peut les diviser en Incision, Déplacement et Excision.
L’Incision (Iridotomie, Corétomie) la première en date, dont la paternité est attribuée à Cheselden (2) en 1728, semble, d’après les recherches récentes de Hirschberg (3), avoir été pratiquée avant lui par Woolhouse, médecin des Quinze-Vingts, mort en 1730. Tout en subissant diverses modifications, elle fut longtemps mise en usage par Sharp,
(1) Mollien. De la pupille artificielle. Thèse de Paris 1862.
(2) Cheselden. Anatomy of human body. London 1732.
(3) Hirschberg. Zur Geschichte der Pupillenbildung. In Centralblatt für prakt. Augenheilk. 1892.
élève.de Cheselden, Samuel Cooper (Dictionnaire de Chirurgie pratique), Guérin de Lyon (traité des maladie des yeux 1767), Janin (Lyon 1772), Scanpa (1801), puis fut abandonnée au profit des deux autres méthodes.
Le Déplacement ou Corectopie, n’a pas pour but d'agrandir la pupille naturelle, mais de l’amener derrière une partie transparente de la cornée. Elle sera maintenue soit par simple enclavement (iridenkleisis), procédé le plus ancien pratiqué par Adams (1812), Himly (1816), abandonné, puis repris par Guépin de Nantes (1) en 1841 ; soit par ligature (iridésis). Cette dernière opération réhabilitée et modifiée par Critchett (2), fut considérée par Bowman comme « le plus grand perfectionnement apporté dans ces dernières années à la Chirurgie Oculaire. »
L'Iridectomie ou‘Excision d’un lambeau de l'iris paraît d’après Springel (3) et Velpeau (4) remonter jusqu’à Guérin de Lyon qui l'aurait employée comme complément de l’Iridotomie ; mais il n’en est pas fait mention dans son « Traité des Maladies des Yeux » publié à Lyon en 1769. Elle fut nettement proposée par Reichenbach, et pratiquée par Janin en 1772. Puis Wenzel père (1780) l’érigea en méthode et en donna les principales règles.
(4) Guépin. Monographie de la pupille artificielle. Nantes
(2) Critchett. Ophtalmic Hospital Reports 1864.
(3) Springel. Histoire de la médecine, t. VIIT.
(4) Velpeau. Traité de médecine opératoire, t. III.