CONCLUSIONS
D’après ce qne nous venons de dire, on a pu voir combien le pronostic pouvait varier suivant chaque cas en particulier. Aussi pour appuyer nos conclusions, nous avons cru bien faire en résumant dans le tableau cicontre les cas observés à la clinique de M. Gayet et c’est en nous appuyant sur les faits qui y sont relatés que nous indiquerons à l'expert de quelle mauière il pourra répondre aux questions qui lui sont ordinairement posées dans les cas de blessures de Piris.
Habituellement la justice demande au médecin :
1° Quel était l’état de l’œil avant l'accident.
Pour répondre à cette question, l’expert devras’appuyer :
a. Sur les rapports antérieurs et les enquêtes faites près de ceux qui ont pu connaître le blessé, car les lésions iriennes telles que la polycorie, l’aniridie et le coloboma
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n’échappent souvent pas, même aux personnes étrangères à la médecine. De plus comme l’a signalé M. le D' Gire dans sa thèse sur la persistance de la membrane pupillaire, les lésions d’origine congénitale sont fréquemment de diverses natures et la coïncidence d’une affection également congénitale quoiqu’ayant pour siège une autre partie du globe oculaire (coloboma, choroïdien, microphtalmie, strabisme, etc.) sera un précieux indice dans certains cas.
b. L'examen de l'œil resté sain devra toujours être fait; la comparaison des deux organes pouvant seule permettre à l'expert de formuler son avis; cet examen devra être complet et après l’emploi de l'éclairage oblique, celui de l’ophtalmoscope est indiqué, car, dans certains cas, on trouvera grâce à ce dernier instrument, la vraie cause de certaines lésions. Pour n’en citer qu’un exemple, rappelons que le tremblement de l’iris et le déplacement de la pupille sont souvent un signe accompagnant les luxations du cristallin dans la chambre postérieure ;
2° Les altérations actuelles sont-elles le résultat de la cause invoquée ?
Interrogé sur ce point, l'expert devra se renseigner auprès du malade, au sujet de ses antécédents pathologiques, afin de voir si certaines affections, telles que les fièvres éruptives, la syphilis, le rhumatisme, etc., qui souvent amènent des iritis, ne pourraient être incriminées et quand ces causes pourront être soupconnées, il devra toujours dire si elles ont joué le rôle de causes principales ou seulement de circonstances aggravantes.
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3° Quelle sera la durée ‘probable du traitement ? Dans les cas où il y a lieu de donner des provisions au malade, on peut dire que cette durée dépasse généralement vingt jours, mais la réponse à cette question est tout entière dans un minutieux examen clinique, et le plus souvent l'expert devra ne fixer qu'une durée très approximative, ces sortes de lésions étant: totalement différentes des fractures osseuses, par exemple, pour lesquels on peut fixer approximativement le nombre de jours nécessaires à la consolidation ;
4 Quel en sera le résultat immédiat et futur? Le résultat du traitement dépendant à la fois du genre de complications,des procédés thérapeutiques employés et souvent de la réussite d’une opération chirurgicale, l’expert ne pourra renseigner la justice que sur des probabilités, et la simple lecture du tableau, page 74, lui commandera la plus grande réserve ;
9° et 6° Quelle est la durée de l'incapacité de travail qui en est la conséquence. Cette incapacité est-elle absolue ou seulement relative ?
La durée de l’incapacité de travail et l’évaluation exacte du préjudice causé, ne pourra être faite qu'après guérison complète; et si cette guérison n’est obtenue qu’au prix d’une atrophie de l’œil, l'expert ne devra pas oublier la menace de sympathie du côté resté sain. Si l’énucléation a été faite, la question de possibilité de porter une pièce artificielle, devra être signalée s’il y a lieu.
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En résumé, lorsqu'il y a blessure de liris, ou iritis consécutive à une maladie communiquée, l’expert devra porter au début un pronostic réservé. Les blessures de l’iris sont généralement le résultat d’un traumatisme grave ; la perte de l'œil, soit tardive, soit immédiate, peut en être la conséquence (Articles 309 et 310 du Code pénal). -