CINQUIÈME OBSERVATION
Teigne faveuse guérie par la méthode antiphlogistique . — Symptômes dl arachnoïdite cérébrale et peut-être spinale . — Traitement antiphlogistique et dérivatif \ — Terminaison par la mort .
Mademoiselle Martineau, âgée de treize ans et demi., est depuis long-temps atteinte d’une teigne faveuse. Elle en a déjà été une fois guérie, mais depuis six mois des croûtes nombreuses collent les cheveux et répandent au loin une odeur fétide. J’obtiens, dans le mois de janvier et dans les premiers jours de février 1821 , la
prompte disparition de la maladie en la traitant corpme une inflammation aiguë du derme. Des cataplasmes et des fomentations émollientes, la section des cheveux déterminent en moins d’un mois la guérison de cette dégoûtante maladie. Un vésicatoire a été depuis long-temps établi au bras, et je le fais entretenir.
Le 17 février 1821 une céphalalgie sus-orbitaire violente se déclare., du délire survient; les artères carotides battent avec force, des soubresauts dans les tendons se manifestent, les yeux s'élèvent convulsivement vers le plafond , et y restent fixés pendant quelques minutes; le pouls est dur et fréquent; l’assoupissement , l’insensibilité succèdent à ces symptômes et alternent avec les convulsions; la face pâlit et rougit tourà-tour. La vessie cesse de se débarrasser volontairement du fluide qu elle contient. Je ne m’aperçois de ce dernier accident que lorsqu’une fièvre vive, une agitation extrême, du délire, et des rougeurs circonscrites aux pommettes , m’engagent à rechercher la cause de ces nouveaux symptômes. La sonde évacue l’urine. Un mieux sensible se manifeste ; le délire cesse., l’intelligence se rétablit pour quelques momens; mais bientôt l’assoupissement , les convulsions des yeux reparaissent, les pupilles se dilatent, la malade est comme immobile dans son lit, et la mort a lieu dans la nuit du 25 au 26 février. Les parens ne m’ont pas accordé l’ouverture du cadavre.
Sangsues au cou, saignée du bras, puis large vésicatoire sur la tête , dérivatifs vers les extrémités ; tout a été inutile pour remédier à ces terribles accidens.
SIXIÈME O B S E H VAX ION.
Gastro-entérite légère. — Symptômes d’ arachnoidite. — Tfaitement antiphlogistique et dérivatif — Terminaison par la guérison .
Le jeune Bonnet, rue Saint-Honoré, n° 67, âgé de trois ans, a une intelligence peu développée; sa tête est très-volumineuse; il parle avec une extrême difficulté.
Il éprouve, dans le commencement du mois d'octobre 1821, tous les symptômes d'une légère gastro-entérite. M. le docteur Asselin donne au malade les soins les plus éclairés et les plus assidus. Le 5 et le 6 octobre une somnolence d’abord , puis un assoupissement prononcé, et enfin un coma profond accompagné de convulsions, de roulemens d’yeux dans les orbites, et de grincemens de dents se manifestent. Cet état dure un jour , je suis appelé en consultation par les parens, et conjointement avec le judicieux confrère que je viens de citer , je fais placer douze sangsues derrière les oreilles et à l’épigastre ; de la moutarde est appliquée aux pieds. Le mieuxêtre est très-prompt, et la disparition des accidens cérébraux a lieu le lendemain. Les symp-
tomes abdominaux, qui n’ont jamais été en raison de ceux dont l’encéphale était le siège, ne tardent pas à céder au traitement approprié.