‹ De l'IsolémentChapitre 3 sur 21 · MONSIEUR LE PROFESSEUR COUVELAIRE · texte numérisé non relu

MONSIEUR LE PROFESSEUR COUVELAIRE

J'adresse l'expression de ma reconnaissance pour l'honneur qu'il m'a fait de la présider et les conseils précieux qu'il a bien voulu me donner.

Fc. L:

PRÉFACI

« Cest un sujet d’étonnement pour les étrangers de constater que dans la patrie de Pasteur, l'Hygiène est presque partoutnégligée. »

D' Roux

.…… Les années de guerre 1914-1918 auront prouvé que les Français, quand ils le voulaient, savaient réaliser l'hygiène, et avoir des hôpitaux modèles où les contagieux étaient isolés ; savaient prévenir les épidémies terribles que sont la variole, le typhus, la thyphoïde, le choléra — pour ne citer que celleslà — aussi redoutables que ia guerre elie-même. Rappelons-nous que la variole a faiten 1870 plus de 100.000 victimes.

La lutte dernière fut certes plus longue et plus dure, mais combien moins meurtrière quant aux maladies !

Ce peut être la juste fierté des médecins de France d’avoir su créer, organiser, obéir, pour prévenir ces fléaux redoutés. |

Personne ne songe à nier que les règles élémentaires de l’'Hygiène bien et partout appliquées y furent pour beaucoup, en particulier celle qui va

nous intéresser ici, la plus importante de toute :. lIsolement.

En descendant des lignes, rampant derrière le dérnier mulet de notre bataillon, nous ne passions jamais sans une joie profonde devant ces vastes barraques aux croix rouges, à l’organisation souvent impeccable — bien que de fortune. — Notre cœur d’Alsacien s’emplissait d’une fierté d’autant plus grande, que pendant toute notre enfance nous avons dû entendre louer par Eux la formidable et fameuse organisation allemande. :

Nous pouvons ne leur céder en rien ; mais encore faut-il le vouloir. La bonne volonté ne manque pas partout. Le peu de temps que nous avons passé dans une ambulance et un groupe de brancardier nous a permis de voir que lorsqu'un médecin — compétent et actif — était chargé d’une organisation sanitaire, il commençait par faire une place aux contagieux, une autre pour ceux qui ne l’étaient point.

L'après-guerre devait nous réserver quelques surprises el, disons-le, quelques déceptions de voir que la règle la plus élémentaire de l'hygiène n’était pas toujours appliquée dans nos hôpitaux publics. On n'isolait pas partout et systématiquement les contagieux ; c'était chose fréquente de voir des tuberculeux voisiner avec des grippés, ceux-ci avec des malades plus bénins. Ailleurs nous trouvions des hôpitaux trop exigus, aux salles encombrées. Disons tout de suite cependant que ce triste

AR

tableau n’est pas de règle générale. Dans l’Assistance publique actuellement et dans certains services en particulier de gros etforts sont en voie de réalisation pour remédier au manque 4 hygiène de certains de nos hôpitaux.

Puissions-nous bien vite y DAUNeI partout et faire mentir l’ exergue qui orne cette préface.

Fe. L.

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