‹ De l'isomérieChapitre 18 sur 31 · II. — Alumine · texte numérisé non relu

II. — Alumine

L’alumine présente des modifications particuières fort curieuses.

M. Walter-Crum, en chauffant pendant deux cent quarante heures a 100 degrés en vase clos, du diacélate d’alumine, a déterminé un dédoublement complet de ce sel ; il a obtenu ainsi un oxyde légèrement soluble dans l’eau, cette solution étant précipitée par une trace d’acide sulfurique ou d’un alcali.

D’autre part, Péan de Saint-Gilles, en faisant bouillir pendant vingt-quatre heures l’alumine gélatineuse normale, a observé qu’elle devenait insoluble dans les alcalis et dans les acides, tout en possédant très- exactement la même composition que l’oxyde de Walter-Crum.

Il ne faut pas confondre les deux états qui précèdent avec l’alumine soluble de M. Graham, ou alumine colloïdale qu’il prépare de la manière suivante. On dissout dans du chlorure d’aluminium de l’alumine hydratée et on dispose le liquide en conche mince dans un dialyseur en terre de pipe peu cuite (Guignct), reposant sur de l’eau pure ; l’acide chlorhydrique passe dans l’eau, et le dialyseur qui ne se laisse pas traverser par ces colloïdes, contient une

dissolution alu ininique qui jouit des propriétés suivantes : elle est coagadée par un grand nombre de substances, des sels, des acides, des colloïdes même, mais non par le sucre et par 1 alcool; elle joue le rôle d’un mordant, ce qui la différencie nettement de l’alumine de Walter-Grum; enfin, au bout de quelques jours, elle repasse à l’état d’alumine ordinaire, grande instabilité qui justifie jusqu’à un certain point les idées de M. Graham sur 1 état colloïdal « qui correspond à une période dynamique de la matière, l’état cristallin en représentant l’état statique (1). »

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