‹ De l'obésité: Hygiène et traitementChapitre 44 sur 47 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

Les différents régimes que nous avons passés en revue sont en grande partie contradictoires, et cependant l’obèse qui en choisirait un au hasard serait presque certain d’obtenir un résultat; cela tient simplement à ce qu'ils ont tous une partie commune : la diminution de lalimentation. C'est le seul moyen efficace et pratique de combattre l'obésité; les autres sont illusoires, mais on s’en rend difficilement compte, car ces moyens étant employés en même temps que le régime, il est impossible de faire la part de l’un et de l’autre dans le succès.

Les médicaments employés jusqu'ici, ou bien ont été inefficaces, ou bien ont été dangereux. Les cures thermales n'ont pas d'effet par elles-mêmes, mais elles ont l'avantage de sortir le malade de son milieu et de lui enlever la tentation des « écarts ». Les massages, bains ou exercices qu’on y prescrit ne sont que des moyens psychiques, mais qu'il ne faut pas dédaigner, car il est toujours bon d'occuper l'esprit de tout individu soumis à un traitement de longue haleine.

Il est inutile de prescrire l'exercice : les obèses sont incapables de le faire assez violent pour en obtenir un effet quelconque, et, à doses modérées, chez des sujets qui n’en

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ont pas l'habitude, il provoque un appétit qui rend impossible de suivre un régime assez sévère. On réussit parfaitement chez des malades alités.

Nous n'avons trouvé aucun inconvénient à fournir au malade, 'soit par les aliments, soit par la boisson, une grande quantité d’eau: la diète sèche ne nous à pas paru avoir de raison d’être; la sudation, soitartificielle, soit naturelle, ne nous à donné aucun résultat.

Nos connaissances sur la physiologie de l'alimentation ont fait peu de progrès depuis Liebig; cependant il paraît actuellement probable que les aliments peuvent se remplacer dans des proportions isodynames et que, pour maigrir, il suffit que le nombre fotal de calories fournies à l'économie ne dépasse pas certaines limites. Est-ce à dire que le choix des aliments ne joue aucun rôle? Non : car si la réussite est également possible dans tous les cas, îÎes efforts à faire pour y arriver sont différents et nous devons nous appliquer à imposer au malade le minimum de privations possible pour ne pas mettre son énergie à une trop rude épreuve. L'expérience a démontré, comme l’a très bien indiqué Debove, que pour calmer la faim il fallait fournir à l'estomac un certain volume d'aliments. Notre règle sera donc de prescrire un régime qui, sous un volume maximum, Contienne un minimum de principes nutritifs. Les tables de Kœnig nous permettront de composer les cartes culinaires. On trouvera souvent avantage à ordonner au début le régime lacté absolu chez les individus dont l'augmentation de poids aura été rapide et récente. Dans ce cas, celle-ci tient beaucoup plus à une hydratation des tissus qu'à une augmentation du tissu adipeux et il y a tout avantage à provoquer la diurèse.

40On croit souvent qu'il est dangereux de maigrir vile ; nous avons toujours trouvé avantage, au contraire, à guérir très vite les personnes très malades, et nous avons montré que des régimes très sévères étaient parfaitement bien supportés lorsqu'on les instituait brusquement.

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