‹ De l'Occlusion Aiguë DuodénumChapitre 19 sur 19 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

En général, il ne faudra pas compter sur ces différents modes de terminaison heureuse dans l’occlusion aiguë du duodénum. Comme l'intervention aura d’autant plus de chances d’être suivie de succès, qu’elle sera plus hâtive et plus proche du début des accidents, 1l faudra intervenir le plus tôt possible; et la seulé intervention utile sera la laparotomie. C’est dans ce cas qu'un diagnostic précoce et sûrement établi permettra de ne pas s’attarder dans un traitement médical qui serait si dangereux pour le malade.

Il faudra donc aller à la recherche de l’obstacle, faire disparaître la tension anormale du mésentère, soit en enlevant les caillots sanguins et posant des ligatures sur les vaisseaux lésés, soit en relevant le prolapsus de la masse intestinale, comme dans les observations de Kundrat.

Le Sue

RO 7 ' RNA CE a : FU FT

Observation I (personnelle).

La nommée Th... Héloïse, âgée de 22 ans, fleuriste, entre le 29 décembre 1896 dans un service de médecine à l'Hôtel-Dieu de Rouen. Elle est envoyée par le Docteur Pellerin qui rapporte quelques renseignements fournis par l'entourage suspect de cette femme : elle serait devenue malade après plusieurs jours de libations ; elle aurait reçu des coups.

Le 30, elle est transférée en chirurgie, dans le service de clinique de M. le professeur Cerné.

La malade raconte que depuis cinq jours, à la suite d’une colère, elle est prise de vomissements. Elle n’a plus

rendu ni matières, ni gaz, sauf, d’après le docteur Pellerin,

le premier jour.

Les vomissements sont incessants, complets, bilieux.

Sans odeur marquée.

La malade ne peut rien absorber.

Le ventre est plat. Aucune douleur, cependant M. Lesueur, interne du service, en aurait un peu provoqué quel-

AE TERRA oi

ques instants auparavant par la pression à droite et en haut de l’ombilic.

En examinant attentivement, il semble que la partie sus-ombilicale est un peu saillante. Elle est sonore à la percussion.

Au-dessous, la main à la sensation molle d'intestin vide, se contractant de temps en temps sous la pression.

Sub-matité à droite. /

Elle n’aurait uriné que quelques gouttes dans la matinée el nous retirons à la sonde, 5 ou 6 centimètres cubes d'urine très chargée deisels.

Le pouls est filiforme = 132.

Il n’y à pas d’anxiété respiratoire.

Le nez est très pincé, les lèvres sont légèrement cya-: nosées ; le facie abdominal est nettement caractérisé.

La température axillaire le matin du 30—36°:4 ; le soir, elle est tombée à 36° 2.

Le diagnostic reste très hésitant : il y a probablement occlusion intestinale, mais il faut alors qu’elle siège très haut (hernie dans un orifice anormal ?).

La laparotomie est faite à 6 heures du soir, par Monsieur Cerné. L’incision sous-ombilicale est d'abord prolongée en haut, puis en bas.

Rien dans le péritoine. Epiploon épais et gras, anémie générale des tissus. |

L'intestin est absolument affaissé, vide, sauf le colon modérément gonflé.

En écartant la masse intestinale d’abord à gauche, on rencontre à droite la vésicule biliaire pleine de bile, le duo-

dénum fortement distendu. Au dessous, on aperçnit une tuméfaction molle, correspondant à la région rénale.

En se reportant à la région symétrique gauche, on constate une tuméfaction ecchymotique immédiatement au dessous et à gauche de la portion ascendante du duodénum. Soupçonnant une hernie rétro-péritonéale de ce côté, l’opérateur tire sur la naissance du mésentère et voit les gaz sortir légèrement au dessous des vaisseaux mésentériques supérieurs pour passer dans la portion du duodénum, à gauche du mésentère. En cherchant à dégager l'orifice intestinal, on finit. par érailler le péritoine et il sort une quantité notable de sang noir et de caillots. Deux doigts introduits pénètrent dans une poche qui se prolonge à droite, et d’où sortent encore une certaine quantité de caillots. |

Toilette incomplète et rapide, la malade n'ayant plus de pouls depuis quelque temps, quoique respirant bien. Drain entouré de gaze iodoformée, sortant par une incision latérale gauche. Fermeture de l’incision abdominale à la soie en masse.

Aussitôt, on fait dans la veine brachiale droite une injection de 2 litres de sérum. Le pouls se relève notablement et devient notablement bon, le visage se colore.

Mais à 8 heures du soir, le pouls est redevenu insensible et la mort survient à 3 heures du matin sans incident quelconque. | Autopsie. — Le pancréas est intact. Il n’y a rien aux reins, ni aux principaux vaisseaux (aorte, veine cave, vaisseaux mésentériques). On ne peut trouver le point de départ

Philippe 4

ip

x ; à! de l'hémorrhagie, mais il doit évidemment se trouver dans un vaisseaux rélro-duodénal.

Rien du côté des os.

Le sang passe en avant des reins, il est diffusé dans, la

région lombaire assez bas.

Observations %, 3 et 4 (Kundrat, Soc. des méd. de Vienne, 13 fév. 1891). — Résumé par Haÿem (Revue des Sciences Médicales).

I. Un adulte, récemment guéri de fièvre typhoïde, mais ayant la paroi abdominale extrêmement amincie, meurt en 2 jours ; on trouve l’estomac et le duodénum colossalement dilatés ; le duodénum coupé par le mésentère, le jéjunum et l’iléon en état de prolapsus.

II. Une femme, morte rapidement après avoir présenté des phénomènes d’étranglement, offre à l’autopsie une embolie de l'artère pulmonaire. Le duodénum est comprimé par le mésentère et tout l’intestin se trouve dans le bassin.

III. — Chez ün homme de 22 ans ladarotomisé, pour des accidents d'occlusion intestinale, mêmes particularités que dans les cas précédents. Fe F

À côté de ces cas graves, il y a des cas légers,

incomplets, spécialement chez la femme.

RM EEE

L’étranglement est causé par une disposition spéciale du mésentère et par le prolapsus de la masse intestinale qui l’attire en bas, prolapsus dû au relàchement de la paroi abdominale.

La seule opération à pratiquer est la gastro-entérostomie,

Vu : le président de la thèse :

Page 1