‹ De l'Oedème Aigu Primitif du LarynxChapitre 24 sur 28 · OBSERVATION VI · texte numérisé non relu

OBSERVATION VI

Œdème aigu primitif du larynx, par Berardino Martino (Progresso medico, n° 4, 10 février 1890 ; analysé in Annales des maladies de l’orcille et du larynx, 1891).

Une jeune fille de 18 ans se rend de bon matin lessiver du linge dans de l'eau très froide. Dans l'après-midi, elle rentre chez elle frissonnante et enrouée : elle‘se couche. La nuit suivante se montrent des accès de dyspnée qui vont rapidement croissant d'intensité : vingt-quatre heures après le début des accidents, l’asphyxie met déjà la malade en danser de mort. On l’amène à l’hôpital cyanosée, couverte d’une sueur froide, la face bouffie, le thorax soulevé par de courtes inspirations précipitées, le pouls irrégulier et petit ; déjà il y a un refroidissement des extrémités.

La trachéotomie est faite séance tenante : l’asphyxie cesse immédiatement, la cyanose disparait peu à peu. Pendant trois jours, la fièvre se maintient aux environs de 38°5.

Le treizième jour, la respiration s’effectue aisément par les voies naturelles : la canule cest retirée. La malade sort bientôt après en état de guérison complète.

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OBSERVATION VII (résumée)

Œdème aigu primitit des replis aryténo-épiglottiques, par Moure (Recueil clinique sur les maladies du larynx, Doin, Paris 1884).

F., artiste lyrique, éprouve un jour, pendant qu'il chantait, un sentiment de gène au fond de la gorge ; il cesse presque aussitôt de chanter et, deux heures après, il avait une sensation de boule, de corps étranger à l’arrière-gorge. Le lendemain, il ressent une douleur aigue du côté droit du larynx ; sa respiration s’'embarrasse quand il essaye de marcher vite, et il accuse de la dysphagie.

Moure l'examine. Aucun antécédent diathésique. Localement, pharyngite diffuse. L’épiglotte présente au niveau de sa partie inférieure, au niveau du point où commencent les replis aryténo-épiglottiques,un gonflement ædémaleux considérable qui se continue sur ces replis jusqu'à la partie postérieure du larynx ct leur donne l'aspect de deux vessies inégalement pleines, adossées par leur base: pendant les mouvements de phonalion, les replis ballottent comme deux poches remplies de liquide. Peu de lésions dans le reste du larynx.

Traitement antiphlogistique. Le lendemain soir, diminufion considérable de l'œdème. Les symptômes subjectifs disparaissent peu à peu. Cinq jours après le début de la maladie, toute trace de gonflement avait disparu. Aucune trace d’albumine dans tout le cours de la maladie,

OBSERVATION VIII (résumée)

(Edème aigu du larynx par refroidissement, par Oulmont (Médecine moderne, 12 juin 1890).

Le 19 avril 1890, Bull..…., ébéniste, entre à l'hôpital Tenon, en état d'asphyxie imminente : on pratique d'urgence la trachéotomie.

Le lendemain, 20 avril, le malade était assez bien pour donner par écrit des renseignements qu'il confirma plus tard de vive voix. Le 18 avril, vers une heure, en pleine transpiration, il descend dans une cave assez fraiche, où il reste quelques instants. Il se sent refroidi, remonte, est pris de quelques petits frissons et éprouve presque aussitôt une légère douleur à la déglutition du côté gauche. Il continue cependant à travailler, et même en chantant, jusqu'à la fin de la journée. Il dine de bon appétit, tout en étant gêné par une légère dysphagie.

Le 19, même mal de gorge léger. Le malade, un peu mal à l'aise, reste chez lui. Vers 7 heures du matin, la respiration devient pénible, la voix se voile et s’enroue, l'inspiration est sifflante. Le malade a «comme une peau dans la gorge qui l'empêche d2 respirer. » Un médecin ordonne un vomitif qui n’amêéne aucun soulagement; et, dans la soirée, les accidents deviennent assez menaçants pour qu’on apporte le malade à l'hôpital.

Après la trachéotomie, celui-ci se rétablit avec une rapidité étonnante. Le 20 au matin, il est encore un peu

abattu ;'ce qui ne l'empêche pas, ai-je dit, de me raconter par écrit son histoire. La respiration se fait libremeut, par la canule. La température, de 40° le matin, descend le soir à 38°, pour redevenir, dès le 21, à la normale. Rougeur diffuse de tout l'isthme du gosier, luette rouge et œdémateuse. Le 26 avril, on retirait définitivement la canule.

L'examen laryngoscopique a été pratiqué à deux reprises différentes. Le 23 avril, trois jours après l’opération, on constate : épiglotte rouge et œdémateuse, région aryténoïdienne légèrement tuméfiée et rougcâtre. Cordes vocales épaissies, rouges : la droite est un peu parésiée. Trois semaines plus tard, le 16 mai, l’épiglotte est normale, ainsi que la région aryténoïdienne. Un peu de laryngite catarrhale.

En somme, chez ce malade, qui n’est ni tuberculeux, ni syphilitique, apparition, au cours d’une parfaite santé, d'un œdème aigu du larynx, survenu sans cause apparente et menaçant la vie en quelques heures.

OBSERVATION IX (Résumée).

Abcès laryngé aigu primitif avec pneumonie double par Garel. (Annales des maladies de l'oreille et du larynx.)

Pierre C.…., dessinateur de fabrique, àgé de 45 ans, entre dans le service, à PHôtel-Dieu, le 4 janvier 1885. Ce malade n’accuse aucune maladie antérieure. Pas de syphilis,

pas d'affection du larynx, ni des poumons avant la maladie

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actuelle. Il y a trois jours, après avoir fumé sa pipe, il éprouva un chatouillement de la gorge avec cuisson au niveau du larynx. En même temps raucité de la voix. Il boit aussitôt cinq gorgées d'eau froide qui n'apporte qu’une amélioration momentanée. Bientôt après les mouvements de déglutition devinrent plus douloureux.

Le troisième jour, début de la gène respiratoire : on apporte le malade à l'hôpital, suffocant et cyanosé. Le lendemain, la dyspnée est moins intense. L'examen laryngoscopique montre une rougeur diffuse de tout le larynx ; toute la partie située au-dessus des cordes vocales est aplatie tansversalement, l'épiglotte ne forme plus qu’une toute petite fente. Gonflement des replis aryténo-épiglottiques. On voit seulement les sommets-des aryténoïdes qui sont au contact. Les cordes vocales inférieures sont difficilement visibles.

L'’auscultation pulmonaire fait percevoir des râles disséminés aux deux bases, avec souffle à gauche.

13 Janvier. — Douleur et dyspnée persistantes. Rejet d’un liquide muco-purulent. Trachéotomie, légère amélioration consécutive. Mort dans la soirée.

A l’autopsie : abcès rétro-laryngé avec œdème aryténoépiglottique, suivi de pneumonie double,

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