INFLUENCE DE L'AGE SUR L'APPAREIL DE LA VUE
ces deux circonstances : diminution de la puissance, accroissement de la résistance.
On a longtemps attribué la presbytie à un aplatissement de la cornée, à l'éloignement graduel du cristallin qui, lui aussi, s'aplatirait. Ces opinions ne sont point fondées ; les variations de courbure de ces organes, par les progrès de l'âge, sont insensibles, au moins jusqu'à la soixante-dixième année; à cette époque les surfaces de séparationdes milieux s'aplatissent un peu, sous l'influence sénile qui condense ou amoindrit tous les tissus. L'œil, alors, passe à l'état hypermétropique (voir ce mot) : c'est l'hypermétropie acquise ou sénile.
§ 30. Début de la presbytie au point de vue pratique. — Quoique l'éloignement graduel du point rapproché commence de fort bonne heure, bien avant la vingtième année, on ne s'aperçoit cependant de ses effets qu'assez tard, vers quarante ou quarante-cinq ans, époque de la vie à laquelle le point rapproché étant arrivé à. 8 ou 9' pouces (23 à 25 centim. ) de l'œil, commence à se trouver souvent au-delà de la distance à laquelle les objets menus doivent être tenus pour fournir une image assez grande. Le point où débute la presbytie est donc un peu arbitraire. Eu égard aux habitudes et nécessités générales de la vie civilisée, on le fixe approximativement vers cette qua-
GIRÀUD-TEULOiNT. 2
rantième année. Néanmoins, il y a lieu de tenir compte du genre d'occupations des sujets. Un compositeur d'imprimerie, un dessinateur, une brodeuse, se ressentent de Féloignement physiologique du punctum proximum bien plus tôt que ne le fait un habitant de la campagne ou un rentier oisif. Nous reprendrons aux §§ 36 et suivants l'étude pratique de cet état dans lequel la pathologie fonctionnelle côtoie la physiologie proprement dite.