OBSERVATION XXIII
Trousseau (Arch. d'Opht., nov. 1909).
J'avais opéré, dans les meilleures conditions, en mai dernier, un homme de 63 ans en parfaite santé, d’une cataracte normale. Les suites opératoires avaient été très simples et il n’existait pas la moindre injection de l’œil, lorsque le malade quitta l'hôpital huit jours après l’opération. Son état était si bon que dès le lendemain, il reprit ses travaux de jardinage qui furent interrompus par une douleur oculaire assez vive. Le patient revint immédiatement me trouver, je constatai une minuscule hernie de l’iris sans que la chambre antérieure ait été vidée totalement de son humeur aqueuse ; l’œil n’était ni douloureux, ni injecté. Je fis faire un pansement aseptique très soigneux et je condamnai le patient au repos. Mon assistant levant le pansement le lendemain se crut autorisé à toucher légèrement au galvano cette petite hernie que j'avais respectée. Dix jours après, l’autre œil était injecté, larmoyant, l'iris louche, la sympathie n’était pas douteuse. Elle a évolué malgré tous mes soins, vers la cécité de l’œil sympathisé, alors que le sympathisant n’a jamais été irrité et voit encore, ce pourquoi je ne l’énucléai pas et fis bien. iv
OBSERVATION XXIV (résumée).
Trousseau. Se
Il s’agit d’un homme, opéré de cataracte, trois semaines auparavant par un de nos coliègues, chez lequel je touchai profondément au galvanocautère une hernie de l’iris en employant les soins aseptiques les plus minutieux. Ceux-ci n’empêchèrent pas l’éclosion rapide d’une ophtalmie sympathique sur l’autre œil, qui au moment de ma malencontreuse intervention n’était ni injecté, ni douloureux.
Ici, la cautérisation, ajoute Trousseau, peut être sans absolue certitude, mais avec vraisemblance, être rendue responsable du désastre.