OBSERVATION XXVII
Abadie (Société franc. d’Opht., 1903).
M"° P..., âgée de 67 ans, est atteinte de cataracte aux deux yeux. Opérée de l’œil droit le 27 avril 1900, l’œil gauche n’est opéré que le 5 mai suivant, par suite d’une infiltration cornéenne pathologique. Un mois et demi après, l’acuité visuelle après correction est de 1/2 à droite et de 1/4 à gauche.
Sept mois après se développe une irido-cyclite subaiguë avec ophtalmie sympathique chronique de l’autre œil. Après examen attentif, on constate qu’à l’œil gauche, le dernier opéré « il s’est formé en haut et en dedans au niveau de la cicatrice résultant de la section cornéenne une espèce de petit sillon creux. Il y a là une véritable perte de substance en forme de coup d’ongle, semblant résulter de la résorption d’une partie du tissu cornéen malade. »
.. Une légère cautérisation au galvanocautère pratiquée
dans le but de fermer le pertuis et de lutter contre l’infection n’amena pas d'amélioration. La situation devint telle qu’une consultation est demandée à de Wecker. Celui-ci, avant dé pratiquer l’énucléation déjà entrevue, conseilla d’aviver les lèvres du sillon, et de recouvrir la surface cruentée par la conjonctive. À partir de ce moment, alors que tout traitement fut suspendu, l’amélioration fut rapide et les deux yeux furent conservés.