HISTORIQUE
L'opium est connu depuis les temps les plus anciens, et 500 ans avant notre ère, il était déjà employé dans la pratique médicale; son usage ne devint un vice national que lorsque Mahomet défendit à ses disciples l’emploi de l’alcool et des boissons fermentées; il fut substitué à ces excitants en même temps que le tabac, le hachisch, le café; les Persans qui, probablement, imaginèrent les premiers de manger l’opium, le prenaient eu nature, ou en solution, ou encore mêlé à des substances telles que le miel, la cannelle, la muscade, la cardomone, le safran qui en masquaient le goût amer. Les Indiens s’adonnèrent rapidement à cette passion, et dans leurs relations commerciales, ils firent connaître l’opium aux Chinois; ceux-ci l’employèrent d’abord en médecine contre la diarrhée et la dysenterie. Ce n’est que beaucoup plus tard qu'ils imaginèrent de le fumer, et l’on croit que cette habitude n'existait pas encore chez eux au commencement du dix-huitième siècle ; elle ne se développa.
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PQ d'abord que très lentement. Le commerce de l’opium était entre les mains des Portugais, qui n’en importaient que 4,000 caisses en 1767, lorsque le colonel anglais Watson conseilla à la Compagnie des Indes d'importer de l'oprum en Chine. Cette idée fut approuvée par la Compagnie qui s’en réserva le monopole et commença ses expéditions en 1775. Dès lors, la consommation de cette substance à été rapidement en augmentant; en 1800, on importait déjà annuellement dans le Céleste-Empire 4,000 caisses d’opium du poids de 70 kilog. environ la caisse ; c’est alors que le Gouvernement chinois interdit, pour la première fois, l’introduction et l’usage de cette substance, il menaça les coupables de l’emprisonnement, du bannissement et même de la mort. Mais cette défense, fréquemment renouvelée depuis cette époque, fut éludée par les Anglais qui organisèrent un vaste commerce de contrebande et trouvèrent des complices dans certains fonctionnaires, moyennant des gratifications pécuniaires ; la consommation de l’opium augmentait tous les jours, elle s’élevait à 6,000 caisses en 1817, à 10,000 en 1827 et à 40,000 en 1837.
Le Gouvernement chinois, irrité de la violation de nouveaux édits, confisqua, en 1858, toutes les caisses d’opium qu’il put découvrir; il s’ensuivit une guerre avec l’Angleterre qui lui fit payer cher ses velléités de résistance; cette guerre dite de l’opium se termina en 1842. Les Anglais purent, dès lors, continuer sans entraves le commerce de l’opium, et l’usage de cette substance s’étendit d’une façon effrayante. La quantité importée des Indes en Chine s’élevait à 67,000 caisses en 1854, à 80,000 en 1866, à 85,000 en 1872.
Pendant quelques années les Anglais eurent des craintes pour ce commerce lucratif, ils s'étaient aperçus que les Chinois commençaient à cultiver le pavot dans plusieurs provinces de la Chine et ils craignaient que l’opium chinois ne prit
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complètement la place de celui de l’Inde; mais ils se sont bientôt rassurés, car l'importation de l’opium du Bengale à atteint, en 1879, le chiffre de 100,009 caisses. La culture du pavot en Chine s’est étendue de plus en plus, et la produection de l’opium chinois s'élevait, en 1880, au chiffre colossal d'environ quinze millions de kilog.
Les rapports des consuls anglais sont unanimes pour constater que dans certaines provinces, comme celle de Széchuan, presque tous les hommes, beaucoup de femmes et quelques enfants fument l’opium ; dans la ville de Chunking, qui compte 130,000 habitants, il y a plus de 1,200 fumeries et la consommation journalière s’y élève à 12,000 onces.
La plus grande partie de l’opium fumé en Cochinchine est consommée par les Chinois, les Annamites sont trop pauvres pour fumer cette substance et surtout en abuser. Le monopole de la vente de l’opium fut longtemps attribué à des fermiers qui payaient chaque année une certaine somme au Gouvernement; lors de l’expiration du contrat, on mit en adjudication la ferme de l’opium, la mise à prix était de sept millions de francs ; mais les Chinois s’entendirent pour offrir des sommes beaucoup moins fortes et le Gouvernement ne voulant pas céder à cette cabale, résolut de mettre la vente de l’opium et des alcools en régie. Ce système a été inauguré au 1° janvier 1889, les commencements ont été fort difficiles et les premiers mois de l’année ont donné de mauvais résultats; le service des contributions indirectes se heurtait à des difficultés de toutes sortes, les Chinois avaient fait leur provision d’opium pour plusieurs mois, ils facilitaient la contrebande par tous les moyens et cherchaient à discréditer l’opium vendu par la régie; mais sous l’habile direction de M. Boyer, le service allait sans cesse en s’améliorant et, malgré l'épidémie de choléra qui a sévi pendant plusienrs
LT 1) Poe mois en Cochinchine, les derniers mois de l’année ont confirmé et dépassé les prévisions.