‹ De l'organicismeChapitre 47 sur 72 · APHORISME XXX · texte numérisé non relu

APHORISME XXX

Les lésions organiques sont plus développées que les symptômes et vice versa.

Dans l’exercice de la médecine, il arrive tous les jours que l’on trouve des altérations beaucoup plus prononcées que les symptômes qui les accompagnaient pendant la vie pouvaient le faire présumer. Ainsi, j’ai vu des cancers de l’estomac ne pas présenter de vomissement :

1° Lorsque toutes les parois de l’estomac étaient indurées, épaissies, incontractiles et incompressibles ;

2° Lorsque l’orifice pylorique agrandi laissait passer mécaniquement les matières alimentaires.

Mais ici l’exception rentre dans la règle, car il ne faudrait pas avec ces altérations que les symptômes fussent prononcés, comme dans un cas ordinaire. 11 en est de môme dans une multitude de maladies.

D’immenses cavernes dans le poumon, des masses de tubercules existent sans difficulté de respirer et sans toux, etc., parce qu’il reste assez de poumon sain pour suffire à la respiration et à l’hématose.

Une tumeur existe dans l’un des hémisphères du cerveau sans trahir sa présence par aucun trouble; on n’observe rien dans l’intelligence, rien dans les sens, ni dans les mouvements; mais le cerveau est un organe double, et l’hémisphère sain suffit pour remplir les fonctions intellectuelles, etc.

Nous ne voulons ni citer, ni commenter, ni expliquer toutes les anomalies que l’on rencontre. Nous pouvons dire, d’après les faits ci-dessus, que les irrégularités observées ne sont qu'apparentes, et qu’avec une habitude, une instruction et une attention suffisantes, on parviendra à s’en rendre compte dans la plupart des cas, même sans recourir à l’intervention du système nerveux.

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