‹ De l'organicismeChapitre 56 sur 72 · APHORISME XXXIX · texte numérisé non relu

APHORISME XXXIX

L utilité du diagnostic ne peut être contestée.

Après ce que nous venons de dire de l’absurdité et des dangers de la médecine des symptômes, on ne croirait pas qu’on pût attaquer la nécessité du diagnostic. Cependant celle utilité a été contestée par les médecins les plus éminents de notre époque. A la tête de ces médecins, on s’étonne de trouver Laënnec, dont 1 existence entière a été dépensée en études sur l’anatomie pathologique et le perfectionnement du diagnostic. Voici le raisonnement sur lequel se fondait cet illustre médecin : le diagnostic étant le résultat d’un raisonnement, et le raisonnement, étant sujet à erreur, le diagnostic est nécessairement erroné. On ne peut baser un traitement sur une erreur, c’est à nous-même que celte objection a été adressée par l’auteur du Traité de l’auscultation !

Broussais nous a opposé une autre objection ; mais celle-ci est le résultat de la doctrine de l’auteur : Puisqu’il n’existe qu’une seule et même affection, a quoi bon chercher a distinguer les maladies les unes des autres ?

Les empiriques repoussent tout diagnostic parla

raison que les maladies qu’on guérit le mieux, avec le plus de certitude, sont celles dont le siège est le moins connu : les fièvres intermittentes, la syphilis, la variole, dont le sûr préservatif est la vaccine; mais sur plusieurs milliers de maladies qui affligent l’humanité, combien en comptez-vous de celle espèce? En voilà trois!

Quelques-uns disent que les phénomènes généraux suffisent pour traiter, pour guérir les maladies ; mais qui ne sait combien sont trompeurs ces phénomènes? la chaleur animale, le pouls, la respiration, la force apparente, la faiblesse apparente, etc. Ne sont-ils pas tour à tour les congénères des états morbides les plus variés, les plus opposés ?

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