‹ De l'organisation des animaux, ou, Principes d'anatomie comparée [electronic resource]Chapitre 41 sur 68 · SECTION II · texte numérisé non relu

SECTION II

Des sens spéciaux.

JtJSQu’ici nous avons traité avec tous les détails nécessaires l-ie l’organisation du sens général ou du sens du toucher, que I nous avons vu être commun à tous les animaux et à toutes teurs parties, mais dans des degrés très-différens, suivant j^u’il est passif interne, passif externe, ou actif.

Nous allons maintenant traiter des organes des sens spéiîiaux que nous avons dit être au nombre de quatre, et qui ♦ iervent à nous faire apercevoir les corps par quelque autre nropriété que la résistance qu’ils nous opposent ou leur <. ûlidité.

On peut assurer d’une manière générale que ce ne sont que des modiücations du sens général ou du toucher, nont eulement physiologiquement parlant, mais encore auatomi-

quement , et appropriées pour certains corps ou certaines de leurs propriétés; d’où s’est suivie nécessairennent particularisation, non-seulement dans l’appareil, mais encore trèsprobablement dans la structure du nerf qui doit animer l’organe.

Quant à la modification ou à la particularisation de l’appareil, elle est évidente et assez facile à concevoir, même à priori, puisqu’elle est nécessairement en rapport avec la propriété du corps qu’elle doit nous faire apercevoir; mais celle du nerf est de toute autre nature, et il faut convenir que nous ne devons guère espérer de la connaître : au reste ce n’est peut-être pas le moment d’en parler.

Mais quelle est la particularisation la plus nécessaire ? est-ce celle de l’appareil extérieur? est-ce celle du nerf? d’après ce que nous venons de dire, il est assez difficile de répondre à cette question. Je suis cependant plus porté à croire que c’est le nerf, et que l’appareil extérieur n’existe que pour rendre le sens plus actif, ou mieux , pour mettre le corps extérieur en état d’être aperçu; ainsi dans l’œil, le nerf seul, mis à couvert ou à l’abri de toute autre action, pourrait nous donner la sensation de l’existence ou de l’absence de la lumière; tandis que l’appareil mis au-devant donne la forme du corps (1). De même que dans le sens du toucher la peau seule, pourvue de son épiderme, nous fait apercevoir un corps dont la forme ne nous parvient que lorsque cette peau est placée sur un organe modifié propre à la porter sur le plus grand nombre de points possibles de ce corps. Ainsi le sens de la vue, considéré comme le plus simple possible ou comme passif, pourrait être réduit à ne nous donner que la

(i) C’est ce que l’on voit chez les individus dont la cornée, à la suite d’ulcères, n’est plus qu’à deini-tr.ansparente ; ils distinguent trèsbien la présence ou l’absence de la lumière, mais nullement la forme des corps qui la leur renvoient.

Page 1