INTRODUCTION
L'ovariotornie est une opération qui consiste dans l'extirpation des ovaires. C'est le meilleur moyen d'obtenir une guérison durable et radicale de certaines transformations pathologiques de ces organes, li'extirpalion peut être appliquée, soit comme traitement initial, lorsque d'autres moyens thérapeutiques ne sont pas applicables, ou, ce qui est lu plus commun, ne sont pas à même de faire espérer la guérison ; soit dans les cas où les malades, soumises inutilement à divers traitements, sont cependant restées dans des conditions favorables.
L'ovariotomie est une conquête de la chirurgie moderne. Il y a quelques années, l'extirpation des tumeurs ovariques élait encore considérée comme une opération épouvantable. Repoussée longtemps avec acharnement, elle a fini néanmoins par s'établir peu à peu en France, depuis l'impulsion donnée par le succès de mes opérations.
Pondant que cette opération est complètement
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acceptée et vulgarisée en Angleterre et en Amérique, les médecins du continent européen hésitent encore a la pratiquer et à la conseiller.
Faut-il donc, dans les cas do tumeurs de l'ovaire, oij la médecine est impuissante, en présence des résultais favorables de Tovariotomie , abandonner toujours la maladie à elle-même, ou bien s'en tenir aux ponctions, moins effrayantes il est vrai, mais suivies d'urî moment à l'autre dune mort certaine, sauf de trèsrares exceptions? Sans doute, dans quelques cas, la durée de l'affection peu être assez longue, et l'on risque de sacrifier aux chances d'une opération hardie , pouvant être suivie d'une mort immédiate , la probabilité de quelques années d'existence. Mais celte existence, en définitive, est ou sera pleine d'incommodités, d'alarmes et de tourments renaissants sans cesse, et l'affection s'aggravera de plus en plus, même dans les conditions les plus favorables.
L'idée de la gaslrotomie , d'une large ouverture pratiquée dans le ventre, dans le but d'en extraire, au milieu des viscères abdominaux, des tuujeurs parfois énormes, présente certainement à l'imagination des personnes étrangères à la médecine ou des médecins timorés , quelque chose d'effroyable , et l'on comprend que l'on ne se décide pas volontiers, lorsqu'on n'éprouve encore que des iiicommodités supportables. Et cependant le succès dépend en grande partie de la décision prise en teuips opportun. Plus tard, lorsqu'il n'en est plus temps , les pauvres malades réclament souvent avec instance le bénéfice d'une opé-
APERÇU HISTORIQUE. t
ration, quelque chanceuse et mortelle qu'on la leur représente alors, ne fût-ce que pour être débarrassées tout (le suite de l'intolérable fardeau d'une existence devenue odieuse ! Que de femmes à la fleur de l'âge ou parvenues i\ leur développement le plus parfait, en proie aux atteintes d'un mal inexorable, succombent ainsi, lorsque avec un piiu plus de courage, quelques mois plus tôt, leur carrière aurait pu être longue et heureuse!