L'ACTION THERAPEUTIQUE DE L'OZONE
L'ozone est un gaz irès instable et à la température du corps il se transforme en oxygène, en abandonnant un atome de sa molécule. C’est un oxygène naissant et, de plus, un oxygène électrisé, d’où sa grande affinité pour toutes sortes : de combinaisons. C’est de cette propriété de l’ozone que découlent toutes ses actions thérapeutiques que nous nous proposons de décrire assez brièvement.
1° ÂÀCTION BACTÉRICIDE
Chappuis, dans ses expériences, constate que les cultures de bactéries charbonneuses, de bacilles d'Eberth, de staphylocoques et de bacilles de Læffler, soumises à l’action
de l’air azoné, meurent promptement.
Morton démontre que l'ozone respecte certains microbe$, mais il crée autour d'eux un coagulum, une couche protectrice isolante; cellé-ci est d'une telle imperméabilité qu'elle ne laisse passer ni les toxines sécrétées par les microbes, ni les liquides nutritifs qui leur servent d'aliments, ce qui entraîne leur mort rapide. Des constations semblables ont été faites par Payr de Leipzig et par Fisch de Zurich.
Christmas, dans des nombreuses expériences sur des cultures de bactéries charbonneuses, de staphylocoques et de bacilles diphtériques, à constaté le pouvoir antiseptique réel de l’ozone. D. Labbé et Oudin concluent dans le même sens.
Troude, en étudiant l’action de l’ozone sur le bacille diphtérique et sa toxine a remarqué une diminution de la végétabilité pour les cultures dans lesquelles avait circulé un courant d'air ozoné d’une concentration de 23 milligrammes d'ozone par litre. En inoculant à des cobayes des cultures témoins et des cultures ozonisées, il a constaté que ceux-ci ont résisté à la dose de 1/10° de cm3 de culture ozonisée. D'autre part, il a fait agir l’ezone sur la toxine diphtérique pure et après l’inoculation au cobaye, il a fait la constatation suivante : si on fait passer sur la toxine 200 litres d’air 0zonisé la survie du cobaye est illimitée même si on injectait 1 Cm3 de toxine, alors que le cobaye témoin succombait en 24 heures avec une dose de 1/30° de cm3.
Selon Oudin, l'ozone n'agirait pas directement comme bactéricide, mais en modifiant le milieu et le rendant impropre au développement et à la vie des microbes.
Ricordi, dans sa thèse, cite le rapport de Bruers sur les essais officiels de stérilisation de l’eau par l'ozone. L'eau qui contenait 4780 bactéries par cm3 colibacilles par 400 cm3,
n'en contenait, après un contact de six minutes avec l'ozone, que 8 germes indifférents et un seul coli. |
Picard faisant au Laboratoire du service civiale, à Lariboisière, des expériences sur le Staphylocoque, conclue ainsi : « J1 semble donc qu'un courant d'ozone à faible débit, agissant pendant au moins 3 minutes sur une culture de staphylocoque, suffit à arrêter le développement de cette culture. » (P. Mathis, Thèse de Paris, 1931.)
P. Mathis et Bulliard ont contrôlé l'effet que produit l'ozone sur les plaies en traitement et ont constaté « une lyse microbienne intéressante ». ,
A. Loir, dans une publication, montre l'importance de l'ozone dans la stérilisation des eaux. « Parmi les germes qui restent on n’en trouve point de pathogènes. » (L'ozone, Arch. Médico-Chirurg. de Normandie, juillet 1936.)
P. Aubourg et Baidenweck font remarquer que l'ozone est actuellement le plus grand bactéricide clinique connu. Il a un effet bactéricide et antitoxique qui se produit également sur les cultures fraîches et anciennes. La concentration en ozone, utilisée à cet effet in vitro est la même que pour les applications cliniques.
P. Aubourg écrit, dans une de ses publications sur les applications de l’ozone dans ies colibacilloses, qu'après un traitement d'ozone les colibacilles s'entourent d'un coagulum et perdent leur virulence selon ses constatations à Beaujon- Clichy. Par plusieurs reprises il a vérifié l’action de l'ozone sur le colibacille et a constaté qu'après un passage d’oxygèneozoné (titré à 25 mgr d'ozone par litre) pendant six minutes les cultures mises ensuite à l'étuve, aucun élément n'a poussé dans les 48 heures.
D'autres auteurs comme Marmier, Abraham, Arloing, etc., ont fait des études intéressantes sur l’action de l'ozone sur les bactéries.
Après les expériences faites sur presque tous les microbes aérobies et anaérobies et qui ont montré leur destruction ou l’atténuation de leur virulence, par l’action de l’ozone, la clinique a confirmé cette action.
2° ACTION CICATRISANTE
L'action cicatrisante de l’ozone a été constatée surtout dans les ulcérations et plaies de la peau et des muqueuses.
L'ozone est envoyé directement sur les plaies et se fixe sur les tissus. Il se produit alors à la surface de la plaie un enduit lisse, brillant et vernissé comme une pellicule argentée, très mince, adhérente et très fragile, Cette pellicule se forme mieux sur les bords de la plaie et il est préférable de traiter celle-ci de la périphérie vers le centre.
Les plaies sont asséchées rapidement par la fixation de l’ozone sur les tissus. La cicatrisation se produit de la périphérie vers le centre, ou dans les plaies anfractueuses, de la profondeur vers la surfcae. Les cicatrices obtenues sont souples, sans chéloïde, légèrement violacées. Des plaies énormes après des accidents, des coupures, des ulcérations atones des téguments ont été cicatrisées dans un temps relativement court. En ce qui concerne les ulcérations des muqueuses, la
disparition des hémorragies est la première preuve clinique de leur cicatrisation.