OBSERVATIONS
OBSERVATION I (inédile)
Madame J. M..., âgée de 36 ans, entre dans le service d’otorhino-laryngologie le 1% juillet 1936 pour otalgie gauche.
Il y a quatre mois, la malade à brusquement réssenti une douleur dans l’oreille gauche. Elle s’est soignée seule par des bains d'oreille à l’eau oxygénée.
Il y a deux mois, elle rentre à l’hôpital Boucicaut pour accoucher et sort le 5 juin. À ce moment l’otaloie augmente d’intensité el la malade remarque un gonflement derrière l'oreille gauche.
: Dans le courant du mois de juin, la malade présente des verliges sans vomissements el sans chute.
Devant la persistance de ces troubles, elle se décide de venir pour une consultation.
À l'examen, on trouve une énorme chute de la paroi postérosupérieure du conduit qui masque complètement le tympan. Par le conduit très atresié s’écolue du séro-pus. En plus, il existe un gros œdème rétro-auriculaire rouge et fluctuant caractéristique
d’un abcès sous-cutané,
L'audition de la voix chuchotée est konne,
La maladë ne présente pas d’antécédents otitiques. Elle ne se rappelle pas avoir été sérieusement malade Le cœur, les poumons, le foie et la rate sont normaux. Dans l'urine on ne trouve ni sucre ni albumine.
Le 1% juillet a lieu une intervention sur la mastoïde.
A l'examen du pus on irouve
Polynucléaires 70-p. 100; moyens mono et Iymphocytes, 30 p. 100; nombreux hématies; quelques cocci,
L’ensemencement du pus montre la présence de streptocoques peu hémolytiques.
Le 23 juillet, la malade quitte le service et revient aux pansements {ous les deux jours.
Au début d'octobre la plaie se rouvre et suppure de nouveau.
Le 15 octobre la malade est envoyée dans lé service de M. Aubourg pour un traitement par l’ozone
On fait chaque jour une insufflation locale sur la plaie et un lavement de 4606 cm3 d'ozone. Une grande amélioration locale et générale est constatée après quelques séances d'ozonothérapie. La malaGe, habitant {rès loin, ne peut pas continuer son traitemeht el cesse de venir après sept séances. L’arnélioration conitinue el la cicatrisation s'effectue peu de temps après le l'aiternent d'ozone. Depuis, elle vient presque tous les mois dans le service el on conslate que son bon état local et général persiste,
OBSERVATION IT (inédite)
M. D. C.., âgé de 4o ans, de profession tôlier, est soigné dans le service de M. Baldenweck à l'hôpital Beaujon-Clicy pour une olite gauche depuis trois semaines,
Après un début catarrhal, avec otalgie gauche, céphalée et bourdonnements d'oreille, devient, après un paracentèse pratiquée il y à o jours, une otite moyenne suppurée. Depuis, l’écoulement est toujours très abondant. Par contre son lympan s’est referimé presque trois jours après,
On pratique une nouvelle et large paracentèse. L'écoulement devient encore plus abondant et la malade se plaint toujours d'une otalgie persistante avec élancements, d'une céphalée surtout hémicranienne gauche et de l’insomnie, La température est 37°5. Il entre dans le serviec le 19 septembre 1936.
Au point de vue antécédents, rien à signaler. Le malade présente une bonne constitution générale.
A l’examen local, on note un écoulement muco-purulent très abondant de loreille. Le tympan est rouge et présente une perforation par laquelle s'écoule du pus. La pointe de la mastoïde est très sensible au toucher, Le malade ne présente ni vertiges, ni signes méningés. L’oreille droite est normale. Les autres organes sont normaux.
Dans les urines on ne trouve ni albumine ni sucre.
Le 21 septembre on décide et on pratique l'intervention.
À l’examen du pus du 22 septembre, on note
Polynucléaires, 75 p. 100; moyens mono el lymphocytes, > p. 100; quelques chaînettes.
La culture du pus montre des streplocoques légèrement hémolytiques.
Le 17 octobre, le malade quitte l'hôpital et revient aux pansements.
Le 12 novembre, il est adressé à M. Aubourg pour un lrattement d'ozone, On constate alors la persistance de la fistule par laquelle s'écoule du pus.
Au cours du traitement par l'ozone la plaie se comble prooressivement, malgré la persistance d'une fégère suppuration.
On lui fait 16 séances d'ozone en raison d'une séance par jour. |
Le 5 décembre, ie malade cesse le traitement après une amélioration très grande.
Le > janvier 1937 on retire une petite esquille osseuse longue de 1 em et large de 1 nmim et demi environ. La plaie se referme. complètement quelques jours après, Depuis, il n'a plus remarqué aucune suppuration.
Revu le 1% février 1938, le malade ne présente aucun trouble. La cicatrisation de la plaie est bonne.
OBSERVATION II (inédite)
Madame M. À... âgée de 29 ans, entre à l'hôpital le 6 novembre 1936 pour une otaloie el un écoulement de l'oreille droite. À l'âge de 4 ans elle à eu la scarlatine qui s'est compliquée d'une mastoïdite droite pour laquelle elle a été opérée. Mais
OC
depuis, il persiste toujours une otalgie et de temps en temps présente de la céphalée et un écoulement de l'oreille. Elle a été soignée pendant plusieurs années par son médecin, mais depuis qualre ans elle se soigne seule,
Depuis un môis et demi, la malade ressent une douleur très vive dans l'oreille; elle a beaucoup maigri et se sent Urès faliguée, Un écoulement abondant de l'oreille est apparu depuis trois semaines.
Le 3 novembre on pratique un évidement pétro-mastoïdien.
On pralique un examen du pus el où nole
Polynuceléaires, 70 p. 100; moyens mono e! Ivmphocyles, 30 p. 100; nombreux cocci,
L'’ensemencement montre la présence de streplocoques hémolytiques.
La malade ne présente pas de signes. méningés, Les pansements faits tous les deux jours permellent de constater une 6volution favorable de la lésion, mais la cavité d'évidement est lonue à s'épidermiser et continue toujours à suppurer,
Le 15 janvier 1937 elle est envoyée pour un traitemenl d'ozone. On lui fait chaque jour une insufflalion locale et un lavement d'ozone.
Le 12 mars, après 22 séances d’ozonothérapie. la malade est considérée comme guérie et quitte le service. Son état général s'est très amélioré.
Un mois après, un léger écoulement de l'oreille apparaît; la malade vient pour les soins dans le service d’oto-rhino-laryngologic.
Revue par M. Aubourg le 29 janvier 1938, il a constaté la présence d’un léger écoulement de l'oreille.
OBSERVATION IV (inédile)
M. R. A. âgé de 0 ans, entre dans le service de M. Baldenweck le 18 décembre 1936 pour une otalgie gauche datant de 19 Jours,
A l'examen local, il présente un pavillon décollé, un œdème rétro-auriculaire gauche très sensible au palper et une chute de la paroi postérieure du conduit,
Dans le méat gauche on lrouve du pus,
Le jour de son entrée on décide de pratiquer une intervenlion sur sa mastoïde gauche.
A l'examen du pus on trouve
Polynucléaires, 85 p. r00; moyens mono et Iymphocites, 10 p. 100, Par La culture on trouve la présence des streplocoques peu hémolytiques.
À l'examen du pus provenant du sinus, on trouve après l’ensemencement sur gélose la présence du pneumocoque,
Le 19 décembre il présente une légère agitalion, La (empéraluyre est 5g9°5.
Le 1 décembre on remarque une amélioralion et la température tombe à 37°.
Le 3a décembre on constate que le pansement est taché de sang. Dans l’antre on ne trouve pas de sang. La cavité d’évidement es! propre,
Le 7 janvier 1937 le malade quitte l'hôpital et revient aux pansements.
Le 28 avril la plaie persiste et continue à suppurer. Î est envoyé dans le service de M. Aubourg pour un traitement d'ozone.
On Îui fait 15 séances d’ozonothérapie consistant en une insufflalion locale et un lavement d'ozone par jour.
Le 22 mai l’épidermisation de la plaie élant complète et Ja suppuration tarie, il cesse le traitement, [1 ne présente plus de douleurs et son élat général est très bon.
Actuellement il est au régiment et il n'a plus remarqué au-
eune suppuration ni aucun trouble du côté de son oreille,
OBSERVATION V (inédite)
M. H. R.., âgé de 26 ans, de profession mécanicien, entre dans le service de M. Baldenweck le Q mars 1937 pour un écoulement purulent de l'oreille droite et une céphalée fronto-pariétale droite.
Depuis l’âge de 7 ans, il présente un écoulement purulent fétide de l'oreille droite sans douleurs ni nausées.
Depuis sept mois il est en traitement, mais on ne remarque aucune amélioration.
I y a huit jours le malade a ressenti une céphalée frontopariélale droite qui persiste, Il ne présente ni des vertiges, ni des nausées.
À l’examen local on constate un écoulement auriculaire droit très abondant et une chute de la paroi postérieure du conduit. Le tympan est normal.
Le 11 mars on pratique un évidement pétro-mastoïdien,
À l'examen du L. CG. R, on note
r élément par em3 à la cellule de Nageotie.
Albumine o gr. 22 par litre.
Sucre — conservé.
Dans la nuit il présente un état de torpeur el une hypotonie générale,
Le »7 mars le malade quitte l'hôpital et revient aux panse- Ients.
Le 6 mai, le malade, dont la cavité d'évidement suppure toujours est envoyé pour un traitement par l'ozone.
On lui fait 44 séances d'ozone. Le lavement est supprimé à partir de la vingt-cinquième séance,
Au bout de 0 séances on note une grande amélioration.
Le 25 juin la cavilé est presque cicatrisée, Le malade ne souffre plus. Son élat général se trouve très amélioré.
Après 44 séances d’ozonothérapie la cicatrisation est complète.
Le og janvier 1938. La cicatrisation persiste. Il n'a pas eu aucune suppuralion el aucun trouble depuis le traitement par
Fozone,
OBSERVATION VI (inédite)
M. D. R.., âgé de 3% ans, entre dans le service le 14 avril 1987 pour un écoulement purulent de l'oreille gauche.
Le début de sa maladie remonte à 1934; à ce moment il fait une poussée de bacillose pulmonaire et on pratique un penumo-
thorax, En même temps se déclanche un écoulement de l'oreille qui n'a pas cessé depuis.
Il est soigné dans deux sanaloriums pour son état pulmonaire où il reçoit des soins pour son oreille, mais l'écoulement persiste.
Après sa sorlie du sanalorium if se fait soigner pour son oreille par son médecin, mais assez irrégulièrement. Il est envoyé par ce dernier chez un spécialiste qui lui pratique une paracentèse el le soigne pendant un an.
Il y à deux jours, le malade ressent une douleur derrière l'oreille gauche accompagnée de céphalée et de température de 38°. C'est son spécialiste qui conseille au malade de rentrer dans le service de M. Baldenweck.
Au point de vue antécédents on note une bacillose pulmonaire, des coliques hépatiques et une pleurésie droite en 1936.
À l'examen local on constate un écoulement abondant d'un pus verdâtre et épais. Le lympan est rouge. On voit mal le siège de la perforation.
Le 17 avril on pratique un évidement pétro-mastoïdien, La température est 37°.
Le pansement montre un trajet descendant par lequel on fait sourdre du pus en pressant sur le sterno-cléido-mastoïdien.
Le 1* mai le trajet cervical et l’antre donnent encore du pus.
Le 6 mai on constate que la plaie mastoïdienne à un bon aspect el bourgeonne bien. La pression sur le sterno-cléido-masloïdien ne ramène plus de pus.
Le 8 mai le malade quitte le service et revient aux panse-
ments,
La suppuration et la cicatrisation s’éternisent et le malade est envoyé pour un traitement par l'ozone.
On lui fait 4o séances d’ozonothérapie, localement et en 146 vements.
Le 1% février 1938 on constate que la fistule est cicatrisée et ne donne plus aucun suintement. Le malade ne se plaint plus d'aucun trouble, Son appétit est revenu et son élat général s’est
beaucoup amélkioré, |
OBSERVATION VIT (résumé) (Publiée par MM. P. Aubourg et Baldenweck dans les « Annales d’oto-rhino-laryngyologie, octobre 1937)
Il s’agit d’une malade âgée de 20 ans et entrée dans le service de M. Baldenweck le 19 mai 1936 pour une otite moyenne alguë droile datant de huit jours et paracentésée dès le début.
À l'examen on coustale une otorrhée droite très abondante avec réaction mastoïdienne très importante. La malade est pâle. faliguée, amaigrie el présente uné vive céphalée surtout à droite. des sensalions nauséeuses et vertigineuses. La température est de 38° Une intervention est pratiquée le rg mai 1936. Les signes disparaissent les jours suivants.
Les premiers jours du mois de juin, la malade présente de nouveau de Ja céphalée à droite et en plus une rachialgie et un élat nauséeux, La plaie suppure abondamment. On constate encore une réaction méningée nette, |
Le 11 juin on pratique une relouche de l’évidement. Dans
les semaines qui suivent, les signes disparaissent, maïs la cavité d'évidement suppure toujours abondamment.
Le 4 septembre, après une reprise des symptômes on décide une deuxième retouche de la cavité d’évidement. On laisse Ja cavité el la plaie largement ouvertes.
La suppuration continue toujours abondamment, C’est à ce moment que l’on commence un traitement à l’ozone, Dès les premiers jours de traitement, la plaie change d'aspect, la suppuration diminue et Ja cicatrisation se poursuit très rapidement. La malade quitte le service le 14 novembre complètement guérie. Elle est revue tous les mois, La cavité reste sèche,
OBSERVATION VIIT (résumé)
(Publié par MM. Aubourg et Baldenweck dans les « Annales d’otho-rhino-laryngologie », octobre 1937)
Jl s’agit d’une malade de 4 ans, venue dans le service de L. Baldenweck consulter pour une suppuration abondante et persistante après deux trépanations de la masloïde : la première en mars 1936 et la deuxième en juin 1436, toutes les deux pratiquées en Belgique. Quatre mois après la dernière intervention l'examen montre la présence d’une fistule mastoïdienne d’où s’écoule un pus abondant, et dans le conduit une deuxième fistule au niveau de la paroi postérieure.
Une troisième intervention est faile le 10 octobre 1936. Dans les trois mois qui suivent, la cicatrisation se fait mal, l’écoule-
#4 $ ment persiste abondant et fétide, aussi bien par Ja plaie que k
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le HU
CONCLUSIONS [. — Ce qu'on appelle médicalement ozone n'est qu’un mélange d'oxygène et d'ozone, un oxygène ozonisé. IT. — L’ozone obtenu par les nouveaux procédés, enr
partant d'un oxygène pur et dosé d’une façon précise, ne présente plus aucun danger pour les usages médicaux.
: IT. — Disposant d’un appareil d'aspiration, ni les . malades ni le personnel traitant ne sont incommodés par le dégagement du gaz.
IV. — Par $es multiples actions thérapeutiques, l'ozone peut rendre des services importants dans nombre d’affections médicales et surtout chirurgicales, les suppurations en particulier.
V. — Les résultats immédiats et tardifs du traitement par l'ozone des suppurations mastoidiennes chroniques après intervention chirurgicale sont très encourageants. Ils pourront attirer l'attention des Spécialistes et leur permettront de guérir ou d'améliorer des cas où les moyens thérapeutiques habituels ont échoué.
Vu : Le Doyen, Vu : Le Président, TIRFENEAU. L. TANON.