MODES DE PRODUCTION DE L'OZONE
Nous passerons rapidement sur les divers modes de production de l'ozone et ne nous arrêterons que sur le moyen de le produire par l’appareil de Carpentier-Duflot, en service à l'hôpital Beaujon-Clichy.
Pour produire l'ozone on s'est servi surtout de. deux moyens : chimique et électrique.
1° Moyens chimiques :
Schœbein, Schwarzenbach, Bæœkel et Scouttetten ont obtenu l'ozone au moyen du phosphore.
Desplat l’a produit par l’électrolyse de l'eau.
Houzeau mettait en présence l'acide sulfurique et le bioxyde de barium.
Ireland, en 1863, prépara l'ozone au moyen de permanganate de potasse.
Enfin, d’autres auteurs le préparèrent au moyen du chlorure de chaux, etc. |
2° Moyens électriques :
Desplat, en 1850, $’est servi dans ses expériences, de l'ozone préparé par des étincelles électriques.
Barlow, en 1879, employa l'ozone obtenu par des effluves électriques.
Werner Siemens, Thénar, Berthelot, Tvysley, Ruhmkorff ont construit des appareils producteurs d'ozone par des moyens électriques.
L'ozone préparé ainsi ne servait, dans la plupart des cas, que pour l'étude des propriétés physiques et chimiques de ce gaz ou pour les expériences.
On connaissait les bienfaits d’un séjour à la campagne, à la montagne ou à la mer pour certains malades, et l'ozone atmosphérique contribue en grande partie à ces résultats. On a pensé alors produire de l'ozone capable d'être employé en thérapeutique et éviter ainsi pour certains malades des déplacements difficiles et onéreux.
Des nombreux ozoneurs électriques ont été construits depuis. On peut citer celui de Chardin, de Houzeau transformé ensuite par Chatelain, de D. Labbé, d’Andreoli, de Seguy, de Gaiffe, du D' Oudin, du D' Huguet, de Bordier, etc,
Mais, les premiers appareils étaient d'un rendement insuffisant pour pouvoir servir dans les études expérimentales et pour les usages médicaux.
Un deuxième inconvénient et le plus important était celui d'être alimentés par de l'air atmosphérique ou par de l'oxygène ordinaire du commerce plus ou moins pur. Or, l'air atmosphérique renferme 21 % d’oxvgène et 79 d'azote. Cet azote de l'air ou de l'oxygène employé, sous l’action des effluves électriques, se transformait en composés oxygénés de l’ozote (peroxyde d'azote, anhydride nitrique, etc.) gaz très toxiques et corrosifs, donc nuisibles aux muqueuses et à la peau.
Enfin, un troisième gros inconvénient de ces appareils était celui de ne pas permettre le dosage de l’ozone administré. |
L'appareil de Carpentier-Duflot, en service à l'hôpital Beaujon-Clichy depuis février 1036, a amélioré la production de l’ozone et ses applications en thérapeutique.
En ce qui concerne le rendement d’oxygène-ozone, l'appareil nous permet d'obtenir la quantité voulue. Nous précisons, ici qu'il s’agit non pas de l'ozone pur, car il n’est connu qu’à l’état liquide à moins de 112° au dessous de zéro, mais bien d'un mélange d'oxygène dans des très fortes proportions et d'ozone dans des très faibles proportions. Les chiffres de concentration varient : de 09,5 % d'oxygène et 0,5 % d'ozone à 95 % d'oxygène et Sn, d'ozone.
L'appareil est alimenté par l'oxygène N de la Société. L'air liquide qui est un oxygène réservé à la production de l'ozone thérapeutique. Sa teneur en oxygène pur peut
atteindre jusqu’à 99,8 %. Le reste des impuretés est constué par des gaz rares (argon, hélion, xénon) qui sont neutres, et par des quantités infinitésimales ou pas d’azote. Dans une de ses publications M. Auboure a décrit d’une façon très claire le mode de préparation de cet oxygène N (P. Aubourg. L'ozone, Cent premiers cas traités à Beujon- Clichy. Progrès Médical du 14 novembre 1936).
En ce qui concerne le dosage, l’appareil nous permet d'effectuer une mesure facile et instantanée de la dose administrée, dose définie par le volume du mélange oxygèneozone et par la teneur en ozone de ce mélange.
Ce nouvel appareillage, qui produit l’ozone au moyen d’effluves électriques, se compose des éléments principaux suivants :
1° Une bouteille d'oxygène N.
2° Un manodétenteur qu'on place sur la bouteille d'oxygène. Il est pourvu : d’un manomètre qui indique la pression du gaz à l'intérieur de la bouteille, donc le volume restant ; d’un bouton moleté qui nous permet le réglage de la pression de l'oxygène à l'entrée du gérérateur.
3° Un tuyau de caoutchouc qui amène l'oxygène au générateur d'ozone.
4° Un générateur d'ozone composé de :
a) Un transformateur à haute tension.
b) Un effluveur.
c) Un rhéostat au moyen duquel on modifie le voltage. donc la puissance des effluves.
d) Un appareil indicateur de la puissance électrique en watts. Ù |
e) Un manomètré qui marque les pressions de l'oxygène à l'entrée de l'appareil.
f) Un jaugeur qui permet de mesurer par déplacement d'un liquide dans un tubé de verre gradué, les volumes de gaz utilisés dans les injections en cavités closes. HER
s° Un tube flexible, étanche et inoxydable, qui reçoit à son extrémité la pièce porte-sonde, la canule rectale où le raccord universel.
G° Un dispositif’ d'évacuation d'ozone formé d'un tube métallique flexible et d'une turbine d’aspiration.
A l'hôpital Beaujon-Clichy sont installés deux appareils : le petit et le grand modèle.
L'oxygène passe dans le générateur qui fonctionne à 6.000 volts, à la période du réseau, soit so périodes. Les effluves ont une puissance électrique qui peut varier à volonté, et qui se mesure en Watts : de 50 à 30 Wats pour le petit modèle, de 3 à 100 watts pour le grand modèle ; un cadran indicateur est annexé à l'appareil. Suivant le nombre de waits, la teneur en ozone du mélange oxygèneozone est faible ou forte. La proportion d'ozone par rapport à la quantité d'oxygène est dénommée concentration, Elle se mesure en milligrammes d'ozone par litre de mélange. Ainsi, une concentration de 0,3 % correspond à 7 mgr 3 d'ozone par litre de mélange ; une concentration de 5 % correspond à 75 milligrammes d'ozone par litre de mélange. Pour les pourcentages intermédiaires, un diâgramme a été établi en fonction du débit gazeux (en litres-heure) et de la puissance (en watts). Donc, pour connaître les doses d'ozone employées. il suffit de savoir : le nombre dé watts employés ; le débit de l’oxygène au moment de son entrée