De l'Universalité du déluge
Le déluge a-l-ll été universel ou partiel ? Il n’y a pas de point plus controversé que celui-là. Je crois que le déluge a été universel, oui; mais je le crois universel seulement dans la mesure que le texte de la Genèse me permet d’attribuer à ce mot. Bref, il me paraît évident que l’universalité du déluge doive s’entendre dans un sens relatif, et non dans le sens absolu.
L’auteur de la Genèse, personne no peut le contester avec vérité, était un homme admirablement instruit en toute science. C’est ainsi que la cosmographie et la géographie lui sont familières à un point que l’on aurait de la peine à comprendre, si l’on ne considérait en lui qu’un historien comme ceux de l’antiquité profane. Ce n’est pas lui qui aurait pu écrire, par exemple (1) : « Je ne puis
(I) Hcrod., IV, 36.
m’ empêcher de rire, quand je vois quelques personnes... prétendre, sans se laisser guider par la raison, que la terre est ronde,... que l’Océan l’environne de toute part, etc. » L’instruction du « père de l’histoire » est cependant fort estimable, mais en comparaison de celle de l’auteur de la Genèse, elle est comme le savoir d’un petit écolier. Le tableau delà création, la description du paradis, l’histoire de la chute, la narriition du déluge, la table des peuples, quels coups de maître! Et puisqu’il en est ainsi, il ne souffre pas le moindre doute que dans toute cette œuvre tous les termes ont toujours la rigueur d’acception qui convient à la vérité, et qui la présente dans un jour suffisant pour la parfaite intelligence des faits. Essayons donc de nous en rendre compte en toute sincérité.
Caïn tue son frère ; Dieu le maudit. Le meurtrier sera agité et fugitif sur la terre. Caïn exprimant la crainte que tout venant le tuera — Adam n’avait pas que les trois enfants nommément cités dans le texte, il en avait d'autres (1) — Dieu lui fait un signe riiH pour qu’on ne le tue pas : « Celui qui tuera Caïn subira sept vengeances. » Caïn sort « de 1a présence de Jéhovah, » et va habiter la terre de l’exil (Nod) à l’orient d’Éden (2).
Ainsi Dieu fait à Caïn, qu’il vient de maudire, on $igne pour qu’on ne le tue pas. Ce signe était donc apparent et extérieur. Ëtait-il agréable à la vue? Impossible; Dieu a .maudit. Ainsi Caïn porte avec lui la marque de sa dégradation. En quoi consistait ce signe? Écoutez le récit sui-
(I) Gen., 4.
(5) Ib., IV, U-16.
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vanl. C’est un document d’une bien grande valeur, et qui a été recueilli par William Mariner (1 ) aux îles Tonga, archipel des Amis. Vu son importance, j’en donne le texte
et la traduction littérale.