RÉSULTATS FOURNIS PAR L'URÉTROTOMIE INTERNE
Les résultats que fournit Turétrotomie interne sont très-difficiles à apprécier dans l'état actuel de la science, je ne dirai pas à cause du peu d'observations qui existent, car il y en a beaucoup, mais à cause des renseignements incomplets qu'elles contiennent pour la plupart. Presque toutes, eu effet, ainsi que je le prouverai en publiant le relevé d'un certain nombre d'entre elles, ne rendent compte du malade que durant deux, trois mois, six mois, un an, très-rarement plus. Souvent même, le malade n'a pas été revu du tout après l'opération, et l'observation annonce néanmoins la guérison. Il serait bon d'ajouter momentanée. L'importance de cette addition est grande pour juger l'urétrotomie, car c'est précisément ce que donne presque toujours aussi la dilatation simple : guérison mom^en-fanée.
Dans quel état a-t-on trouvé le canal de l'urètre après la mort des malades qui ont été urétrotomisés?
Quelle est la proportion de mortalité fournie par l'urétrotomie interne?
Quelle est la proportion des insuccès immédiats?
Quelle est la proportion des succès avec récidive?
L'urétrotomie interne a-l-elle procuré des guérisons complètes et durables?
Telles sont les questions dont nous allons maintenant chercher la solution.
VÉtat du canal après la mort des sujets urétrotomisés. Il était intéressant de savoir ce qu'était devenu le rétrécissement incisé, quel aspect présentait la cicatrice. La science possède peu de faits qui puissent nous renseignera cet égard.
Je trouve dans la deuxième observation du mémoire de M. Guillon le fait suivant : « M. Faré avait été opéré en août 1835 ; il mourut d'une fièvre cérébrale en 1841. La pièce enlevée permit de constater que l'urètre ne présentait plus aucune trace de rétrécissement. On remarquait à peine, et seulement avec l'aide d'une loupe assez forte, les cicatrices linéaires résultant des incisions qui avaient été pratiquées. » Mais le malade avait-il eu bien réellement des rétrécissements organiques, c'est ce que je ne puis affirmer, et des faits qui se produisent dans la pratique journalière me donnent le droit de douter, quand on annonce de si merveilleux résultats.
Dans sa thèse inaugurale, M. Icard (1) rapporte l'autopsie d'un urètre incisé deux mois auparavant avec l'instrument de M. Maisonneuve. L'incision paraissait avoir été nette, très-régulière, et n'intéressait pas le tissu spongieux. Elle avait 1 centimètre de long et
1 millimètre de profondeur. La cicatrice qui la recouvrait était très-fine et pouvait acquérir par l'extension
2 millimètres de largeur.
M. Gaujot, dans son mémoire (2), rapporte le fait
{^) Thèse dêPwrtt.inU^.
suivant : « M. Sédillot pratiqua rurétrotomîe interne snr nn militaire an mois de novembre 1859. Cet homme mourut ie 30 janvier suivant d'un accident indépendant de Topération. On trouva dans leeanaK au nivean de rincisioD, une cicatrice de 11 millimètres de Iongueur sur 4 millimètres de largeur ; elle élail ovalaire, rosée, un peu déprimée, lisse, régulière, extensible, recouverte par une véritable muqueuse formée de toutes pièces et présentant un épilhelium pavlmenleux caractéristique. » Ce fait semble prouver ce que M. Reybard avait annoncé, d'après ses expériences sur les animaux, à savoir qu'il se produit entre les deux bouts du rétrécissement coupé une cicatrice offrant une surface plus ou moins large et jouissant d'une certaine dilatabilité, ce qui permet de rendre au canal le diamètre qu'il avait perdu. Nous ferons observer toutefois que l'opération ne datait que de cinquante et un jours, et rien ne prouve que la cicatrice ne se serait pas rétractée plus tard. Les faits cliniques tendraient au contraire à faire croire que c'est là ce qui se produit le plus souvent.
2** Quelle est la proportion de mortalité fournie par Z'wrétrotomie interne. J'ai déjà fait pressentir ailleurs combien il est difficile de résoudre cette question. Rien de plus variable sous ce rapport que les résullats obtenus par les différents opérateurs. Je veux bien que l'habileté du chirurgien, que le mode opératoire, que les soins préliminaires ou consécutifs employés, aient une grande influence sur l'issue de l'opération, mais comme quelques statistiques privées ne présentent que des succès, et jamais de revers, je ne puis m'empêcher de croire que les morts ont été quelquefois oubliés*
Voici le relevé des opératioDs d*arétrotomie interne faites à la Pitié dans les années 1857, 1858, 1859, 1860 et 1861. Ce relevé a été fait d'après les registres de rhôpital et m'a été communiqué par M. Bergeron, interne.
Nom
Date
Date
Issae
da malade.
de rentrée.
de ropération de Topération.
Vassblin.
44févr.
48 fév.
Guéri 5 mars.
PoiRsoN (Adolphe).
3 janvier.
3 mars.
Guéri 25 mars.