HOCQUART
8 mai.
9 mai.
Guéri 4 4 mai.
Lbfèvre (Jean).
49 mai.
20 mai.
Guéri 30 juillet.
Barbet (François).
27 mai.
29 mai.
Guéri 24 août.
Petraud.
3 juin.
4 juin.
Guéri 44 juin.
PoiRSON (Adolphe).
24 janv.
8 juin.
Guéri 4 octobre.
BuBR (Denis).
4 9 juillet.
20 juillet.
Guéri 27 juillet.
Lemaspèrb.
9 août.
40 août.
Guéri 4 9 août.
Duhamel (Alex).
23 août.
24 août.
Guéri 4 septembre.
Poirier (Etienne).
5 sept.
6 sept.
Guéri 26 octobre.
AviAT (Constant).
6 sept.
7 sept.
Guéri 4 6 septembre.
MoiziET (Jean).
44 sept.
42 sept.
Mort 20 octobre.
JOURNBAUX (Isid.).
42 sept.
4 8 sept.
Guéri 4 octobre.
Dbbegker (Jean).
27 sept.
28 sept.
Guéri 2 octobre.
Lbrot (Francis).
27 sept.
28 sept.
Guéri 48 octobre.
Roger (Paul).
28 sept.
28 sept.
Guéri 4 octobre.
Matnal (Aug.).
34 oct.
31 oct.
Guéri 4 novembre.
Prichard (Claude).
6nov.
7 nov.
Mort 4 novembre.
DEHAEN(AleX.).
28 oct.
8 nov.
Mort 24 novembre.
David (Antoine).
23 nov.
23 nov.
Guéri 28 décembre.
Dagaud (Claude).
49déc.
Guéri 24 février 4862
Il y a donc eu pendant ces cinq années, 47 opérations et 13 morts, c'est-à-dire un peu plus de 1 sur 4. Proportion effrayante qui devrait faire à jamais bannir rurétrotoraie inlerne de la chirurgie, si d'autres statistiques un peu plus consolantes ne pouvaient être mises en parallèle.
D'après les relevés de rHôtel-Dieu,M. Maisonneuve aurait pratiqué 36 opérations d'urétrotomie interne, sur lesquels il n'y a que deux morts. L'un en juillet 1862, l'autre en février 1863. Cela fait 1 sur 18.
Dans le même hôpital, M. Laugier a fait aussi uDe urélrotomie : il y a eu guérîson. M. Foucher a fait une opération, il a eu un mort (sur le même malade, mVt-on dit, qui ayant échappé à la première opération, a succombé à la seconde peu de temps après). En réunissant les opérations de cet hôpital, on trouve 38 opérations et 3 morts, ce qui fait un peu plus de 1 sur 13. Ce n*est pas une opération inoffensive et qu*îl faille pratiquer à la légère, celle qui comme meilleur résultat donne 1 mort sur 13 opérés. .
M. Gosselin, en 1862 et 1863, a pratiqué ]^ijk opéraions d'urétrotomie interne à la Pitié, il y a eu un mort; le huitième opéré.
Voici cette dernière observation telle qu'elle a été copiée par un des élèves sur le registre deM. Gosselin.
Rétrécissetnent de Turètre très-étroit récidivant. —
Vrétrotomie. — Mort,
Le 23 janvier 1863 est entré, salle Saînt-Louîs, n* il, hôpital de la Pitié, service de M. Gosselin, le nommé Gabriel Goujon, âgé de quarante-trois ans, carrier.
Cet homme nous apprend que ses premiers accidents de rétrécissement remontent à une vingtaine d'années, et qu'ils se sont montrés à la suite d'une blennorrbagie guérie depuis trois ans. Plusieurs fois il s'est fait sonder, mais il ii*a jamais voulu se soumettre à un traitement suivi. Entré 9 y a cinq ans au service de M. Gosselin à l'hôpitai Godiiii, il a éié traité par la dilatation temporaire; mais se trouvant bien au bout de quelques jours, il est parti malgré les conseils de M. Gosselin. Grâce â la précaution qu'il a eue depuis cette époque de se sonder lui-même plusieurs fois par jour, il n'a pas eu beaucoup à souffrir de son rétrécissement Mais depuis quelques mois il a eu la malheureuse Idée de mettre ses sondes de côté, et ses smif-
IrtDces et sa difficulté d'uriner sont revenues plus grandes que jamais.
Samedi 2à janvier 1863, nous constatons tous les si^es d'un rétrécissement très-prononcé.
Le malade a des envies frëc|nentes d*uriner, et la miction ne se fait que goutte à goutte.
L'exploration par la sonde fait voir que nous avons affaire à un rétrécissement considérable situé derrière le pubis, sans pouvoir d'ailleurs déterminer exactetnent s'il occupe le bulbe ou la portion membraneuse. L*étroitesse du canal est telle, que c'est à peine si Ton parvient à faire pénétrer une bougie du plus fin diamètre.
fin présence de celte affection qui présente une tendance incessante à récidiver et dont le malade tient à être débar» rassé à tout prix, M. Gosselin se propose d'employer l'urétrotomie. L'opération est faite deux jours après, le lundi 26 janvier, avec Turétrotome de M. Maisonneuve, et comme d'ordinaire, M. Gosselin a eu soin de la préparer en faisant prendre au malaie, dans la matinée, un grand bain, un lavement et de la tisane de pariétaire, traitement ayant pour but de rendre l'i^rine plus aqueuse et parlant, moins irritante.
Après l'opération il s'écoule quelques gouttes de sang. On remarque, en même temps, qu'un peu d'urine sort du canal immédiatement après l'opération et indépendam* ment de la volonté du malade. M. Gosselin fait observera ses élèves que c'est là une circonstance fâcheuse, mais comme l'urine est sortie en petite quantité, il espère que les accidents, s'ils se montrent, seront pourtant légers. Une grosse sonde, n° 24, est introduite dans la vessie et fixée à demeure. Elle est destinée, en remplissant complètement le canal, à ne laisser l'urine s^chapper que par la lumière de la sonde et par conséquent à Tem pécher d'être absorbée par la plaie du canal. C'est la première fois que M. Gosse* lin se sert de ce procédé, qui appartient à II. Maisonneuve. Il avait jusqu'ici l'habitude de préparer seulement son malade parle grand bain, la tisane de pariétaire, etc. Maia après l'opération il laissait l'urètre sans sonde.
Mardi 27 janvier. Le malade a ea hier hd frisson qm a doré deax ou trois heures et qui a commencé immédiate* ment après l'opération. Le frisson a été suivi de fièvre et il a été agité toute la nuit Ce matin le pouls est assez fréquent, la figure du malade fatiguée ; cependant il se trouve mieux que la veille.
28 et 29. La fièvre dimfame et le pouls de 86 tombe à 66. Cependant le malade est encore fatigué ; il n'a pas d'appétit, il se plaint d'une céphalalgie contmuelle qui lui ôte tout sommeiL U urine d'ailleurs fricilement avec sa sonde. M. Gosselin retire cette dernière.
Les jours suivants le mieux semblait se prononcer de idns en plus ; l'appétit conmiençait à revenir, et nous avions déjè grand espoir de guérison, lorsque le vendredi 6 février, nous constatons que l'état du malade a changé déiivorabl^aiient La figure est inquiète ; la peau chaude et icre; le pouls à 100 ; le vœtre est ballonné ; le malade a un peu de délire tranquille.
7 février, l'état est le mâne; il y a un léger frisson dans k journée.
8 février, le malade a le dâire ; le pouls est très-fréquent, le ventre plus ballonné que les jours précédents; la peau couverte d'une sueur visquease a une teinte jaunâtre. M. Gosselin dirige ses recherches vers la région périnéale et il constate un peu de gonflement au niveau de la région du bulbe.
Lundi 9, le malade urine par regorgement ; la prostration se prononce de plus en jdus, le gonflement phlegmoneux du périnée est plus considérable, mais ne présente pas de fluctuation.
Le 10, le pouls est d'une fréquence extrême; le ventre trèsballonné; le délire est devenu continuel, notre pauvre malade est tourmenté d'un hoquet de mauvais augure, et la mort arrive à dix heures du matin.
Autopsie le 11 février 1863.— A l'autopsie faite le lendemain, on trouve un phlegmon du périnée communiquant avec l'urètre. Il n'y a pas d'abcès métastatiques dans la plupart des autres organes, mais il y a dans les reins une
foule de petits points purulents. Rien dans le bassinet ni dans les calices. La muqueuse yésicale est ramollie et nç présente que quelques ecchymoses. Nous pouvons dire que cet homme est mort d'une infection urineuse, caractérisée pendant la vie par les symptômes d'infection purulente que nous avons observés, et ayant pour lésions anatomiques ces petits foyers purulents des reins.
Je n'ai à présenter que les relevés précédents qui soient à peu près authentiques. J'ai dit à peu près, car même dans les hôpitaux, il arrive parfois qu'on inscrit par mégarde sur la pancarte une cause autre que celle de la mort. A plus forte raison ne doit-on avoir qu'une confiance modérée dans les statistiques reposant sur des opérations qui n'ont pas eu le public pour témoin.
La science ne doit faire aucun cas des statistiques non contrôlées.
Il résulte de cette courte exposition, que dans l'état actuel de la science, l'urétrotomie interne est une opération grave, qui entraîne assez fréquemment la mort pour qu'on ne doive la pratiquer que le plus rarement possible.
3® Quelle est laproportion des insuccès immédiats. Je ne saurais indiquer un chiffre même approximatif. Ces insuccès existent évidemment puisque M. Reybard, malgré ses grandes incisions, en a noté un; c'est le sujet de l'observation n* 17 rapportée dans son traité.
4^ Quelle est la proportion des sxACcès avec récidive. La récidive est-elle la règle à la suite de l'urétrotomie interne? Est-elle l'exception? — Nous allons essayer de résoudre cette importante question, les observations
en main. — En voici une, extraite du registre de M. Gosseîin, et dont je donne sealemeDt un résumé.
Rétrécissement spontané et ancien de la portion spongieuse de V urètre. — Urétrotomie. — Récidive.
Le U juin 1862 est entré à la Pitié, service de H. Gosselin, le nommé Muot, employé.
Cet homme a contracté, en 1853, une blennorrhagîe qa'il n'a pas soignée et qui s'est transformée en un écoulement chroniqne, devenant abondant sous l'influence des excès. Il part en Afrique, en 1856, où îl supporte de grandes fatigues et se livre aux excès alcooliques. En 1857, après un excès de boisson, il lui a été tout à coup impossible d'uriner. On l'a sondé, et depuis il a pu uriner. Cependant, en 1859, il est obligé d'entrer à rhôpital de Constantine, où il est traité par la dilatation temporaire, par des sondes d'abord, puis par des bougies. I! n'a eu ni fièvre ni frissons après ces calhétérismes repétés.
Il rentre en France en 1861, fait de nouveaux excès. La miction devient de nouveau très- douloureuse. A son entrée à l'hôpital, on constate un rétrécissement au fond de la portion spongieuse de l'urètre.
Le 8 juin, on introduit l'urétrotome de M. Maisonneuve, eoupant par sa convexité et Ton fait une incision. Il est sorti une quantité notable de sang. Le soir, léger frisson suivi de lièvre.
Le 10 juin, il a eu encore du frisson, cent pulsations» pas d'appétit.
Les jours suivants, le malade a recouvré la santé.
Le 12 juin, on introduit une bougie à boule de quatre à cinq millimètres, qui reste cinq minutes et cause quelques douleurs. Ensuite on met tous les deux jours une bougie de plus petit volume, qui est toujours assez douloureuse.
le 20, on l'engage à garder la bougie tons les jonrs pendant quelques minatea U ai ÎBConlestable qa*^ y a
amélioratfcm sons ie rapport dn yolame dn jpt, du nombre des micriODs et de la douleur, qui est nulle. Exeat.
Un mois après sa sortie de l'hôpital, il commence à uriner par un jet bifurqué et en tire-bouchon, et à éprouyer quelques douleurs après la miction.
Il rentre à la Pitié le 12 septembre 1862.
Le 22, on lui fait l'urétrotomie bilatérale avec Turétrotome double de M. Maisonneuve. On ayait eu soin de i% faire uriner deux heures avant l'opération, et on loi recommande de rester quelques heures sans uriner.
Le malade urine trois heures après l'opération et éprouve un léger frisson qui dure une heure. U n'éprouve pas d'autres symptômes généraux.
Le 24, le jet est gros et la miction facile.
Le 26, on introduit en forçant un peu une sonde n*19. (L'urètre n'admettait avant Turétrotomie qu'une bougie dunMl.)
Les jours suivants, l'urètre admet facilement une sonde n"" 17. Le malade urine bien, quoique toujours en tir^ bouchon. — Exeat le 8 octobre 1862.
Les chirurgiens urélrotomistes diront peut-être que, dans les cas où il y a eu récidive, ropéralion n*a pas élé faite assez complètement, qu'il n'y a eu que scarification et non pas urétrotomie. Â cette affirmation toute gratuite, je pourrais opposer une affirmation contraire, mais je préfère m'appuyer sur les observations de M. Reybard. On n'accusera pas, je pense, ce dernier de ne faire que des scarifications, puisqu'il coupe toute l'épaisseur du canal hormis la peau el le tissu cellulaire sous-cutané. Qu'on veuille bien cependant jeter un coup d'œil sur les vingt premières observations que j'ai relevées dans le livre de ce chirurgien, au point de vue de leurs résultais éloignés. Elles édiireronty je pense, la question.
Obs. I. — Opéré d'abord par la scarification le 6 octobre 1849. — Urétrotomisé le 17 octobre. — Immédiatement le canal reçoit une sonde n° 12. — Un an après, le malade écrit qu'il passe le n° 10. — Plus de nouvelles du malade.
Obs. II. — Opéré d'abord par la scarification le 7 novembre 1840. — Puis urétrotomisé le 17 novembre. — Introduction immédiate du n** 12. — Résultat. -- Un an après le canal n'est plus traversé au niveau de l'obstacle que par le n<» 10. — Plus de nouvelles. — La rétraction a-t-elle continué plus tard?
Obs. III. — Opéré le 5 avril et le 18 avril 1840. — Introduction immédiate du n* 12. — Un an après le n* 10.
Obs. IV. — Opérations le 8 juin et le 28 juin 1840. — Introduction immédiate du n^" 12. — Un an après n° 10.
Obs. V. — Opérations le 10 septembre et le 18 septembre 1841. — Un an après, l'introduction du cathéter prouve que le canal ne s'est pas rétréci au niveau de l'obstruction.
Obs. VI. — Opérations le 7 septembre et le 20 septembre 1842. — Le cathéter n« 15 introduit. — Un an après, cathéter nM3.
Obs. vil — Opérations le 12 mai et le 21 mai. — Introduction de la sonde, nM5. — « Six mois après le traitement, n* 13. Canal un peu plus serré au niveau de t obstacle que dans les autres parties de l'urètre. »
Obs. VIIL — Opérationsle 22 mai et l»* juin 1842. Troisième incision. — Introduction de la sonde n° 15. — Huit mois après, n"* 13. — « Léger resserrement du canal à deux pouces du méat urinaire. »
Obs. IX. — Opérations le 18 septembre et le 28 septembre 1843. — Introduction du n» 15. — Six mois après nM2.
Obs. X. — Opérations le 2 décembre et le 16 décembre 1843. — Introduction du n« 14. — Six mois après n» 12.
Obs. XI. — Opérations le 12 septembre, 26 septembre et U décembre 1843. -— Introduction du u"" 1&. — S*ns résultat ultérieur indiqué.
Obs. XII. — Opération en septembre 1843. — Réopéré le 13 février 1844; six mois après, la guérison ne s'est pas démentie.
Obs. XIII — Opération en 1841. — Récidive. — Seconde opération le 7 avril 1844. — 15 mai, canal libre. —Plus de nouvelles.
Obs. XIV. — Opération le 30 janvier 18^5. — Insuccès avoué.
Obs. XV. — Opération le 13 février 1845, sans résultat ultérieur indiqué.
Obs. XVI. — Opération le 27 février. — Mort subite. — Pour M. Reybard d'une attaque d'épilepsie.
Obs. XVII. •— Opération le 17 avril 1845. — Aucun résultat ni immédiat, ni ultérieur.
Obs. XVIII. — Opération le 18 février 1848. — Résultat indiqué jusqu'au 21 mars seulement.
Obs. XIX. — Opération le 22 février 1848. — Pas de résultat ultérieur.
Obs. XX. — Opération le 7 mars 1848. — Pas de date du résultat ultérieur.
Je pourrais analyser de la même façon les trente-six observations que contient le livre de M. Reybard. Mais ce serait pour constater à peu de choses près les mêmes résultais. Je ferai observer que M. Reybard cite presque toutes les observations précédentes comme des exemples de guérison durable et permanente.
Eh bien ! aucun de ces malades n*a été revu plus d'un an après l'opération. Reaucoup ne Font été que quelques mois seulement après. Tous avaient a cette époque le canal moins large qu'après l'opération, et*
chez quelques-uns» ou sentait manifestement un resserrement commençant. Ne peut-on pas dire à M. Reybard que rien ne prouve que la dilatation se soit maintenue dans la suite? Si de plus on remarque que chez beaucoup de malades, avant l'opération, le canal présentait quatre à cinq millimètres de diamètre, que la dilatation n'a pas été essayée par M. Reybard, on peut croire que dans bon nombre de cas il aurait obtenu par les bougies un résultat aussi favorable que par Vincision, et il aurait ainsi évité aux malades la série des accidents redoutables qui sont à chaque pas mentionnés dans son livre.
Je désire prouver que toutes les observations publiées ressemblent plus ou moins, quant aux résultats, ultérieurs, à celles de M. Reybard.
Rétrécissement urétral de la portion spongieuse au niveau de la symphise pubienne. — Vrétrotomie interne par M, le professeur Gosselin.
Le 22 août 1865, est entré, salle Saint- Louis, n'' 27, le nommé Céleste Leroy, âgé de cinquante-six ans, tondeur de chevaux. Les débuts de son rétrécissement remontent à huit ans. 11 l'attribue à des injections trop astringentes, faites pour arrêter des blennorrhagîes. Il a été, à de nombreuses reprises, atteint de cette affection. Une fois même, il a cassé la corde. Deux fois déjà il a été soigné à la Pîlîé; la première fois en 1859, chez M. Michon, la seconde fois chez M. Maisonneuve, en 1861. On ]*a traité les deux fois par la dilatation. Six semaines ou deux mois après sa seconde sortie de Thôpital, il a recommencé à souffrir de son rétrécissement. Il attribue cela à quelques excès de boisson et de fatigue. Quand il entre à rhôpitai le 22 août, le malade nous dit que la miction est trèsHdouloareuse et son jet assez fin. Il éprouvait environ iwgf, lois daos les
vingt-quatre heures le besoin d'uriner et la miction exigeait de grands efforts, surtout si le malade avait fait quelques excès de boisson. Son jet est fréquemment interrompu.
Le 23, à la visite, il est exploré avec la sonde d'argent, et l'on constate un rétrécissement évident de la portion spongieuse de l'urètre, au-dessous des bourses, au niveau de la symphise pubienne. Le lendemain 24, le malade a uriné devant nous. Son jet est fin et souvent interrompu. Le malade nous observe qu'il urine mieux assis ou accroupi, et que, de lui-même, il choisit souvent cette position. Les urines conservées de la veille sont parfaitement claires.
Le 25, il a encore uriné fréquemment, mais plus facilement, dit-il. Un grand bain, pas desonde.
Le 26, le malade étant constipé, on lui donne un lavement purgatif. Dans la journée seulement il a urioé plus de quinze fois avec de grandes douleurs. Son jet est fré* quemment interrompu. Pas de sonde.
Le 27, on pratique l'urétrotomie avec l'urétrotome de M. Maisonneuve, coupant par sa convexité. Le lendemain, le malade dit n'avoir pas souffert. Il urine devant nous, le jet est beaucoup plus volumineux.
Le 29 août, le malade urine assez bien, seulement le jet n'est pas aussi gros qu'il était le premier jour.
Le 30, aucun accident; émission de l'urine toujours facile.
Le l®»" septembre. On passe, pour la première fois, une bougie en gomme de moyen calibre; elle entre avec facilité quoiqu'elle semble uo peu serrée par l'urètre. Le malade n'éprouve aucune souffrance. U devra garder la bougie pendant dix minutes.
Le 2, on renouvelle l'introduction de la bougie. Celle d'hier, ne pouvant passer, parce qu'on ne veut pas forcer, on en introduit une d'un calibre inférieur, qui passe avec facilité; le malade la gardera dix minutes.
Le 3 septembre, le malade urinant avec facilité demande sa sortie; on lui recommande de s'introduire de temps en temps des bougies. ExeaL
Rétrécissement de Vuritre, — Urétrotomie.
Le Dommé X...., âgé de cinquaDte-trois ans, entre le S janTier salle Sainte-Marthe, n* 20, service de H. Voillemier.
Plasienrs blennorrhagies dans sa jeunesse. Début des accidents il y a 6 mois par des envies plus fréquentes d'uriner, et de la difficulté dans l'émission de l'urine,
Aujourd'hui incontinence nocturne de l'urine. Miction goutte à goutte dans la journée.
H. Trélat commence par la dilatation avec une bougie de 2/3 de millimètre. Au bout de quelques jours, introduction d'une bougie un peu plus forte. Alors accès de fièvre unique, traité par le sulfate de quinine. On reprend le traitement.
10 février. Arrivé à une bougie de O^'OOS de diamètre, H. Trélat pratique l'urétrotomie interne avec l'instrument de M. Maisonneuve. Grosse sonde à demeure pendant vingtquatre heures.
Le jour même de l'opération, violent accès de fièvre, qui cède aux bains et au sulfate de quinine. — Tous les jours on passe une grosse sonde. Le malade va bien, miction facile, sans douleur.
Départ pour Vincennes, le 21 février 1863.
(Observation donnée par M. Ledentu, interne.)
Rétrécissement de rurètre. — Urétrotomie.
Le 25 mars 1863, X...., âgé de vingt-huît ans, entre à l'hôpital Saint-Louis, salle Saint-Augustin, n« 74, service de M. Voillemier.
Blennorrhagie en 1858. Sur le déclin de la maladie, injections et peu après guérison complète.
11 y a à peu près deux ans, début des accidents par des besoins plus fréquents d'uriner; diminution du jet. Deux mois après le début au moins apparent de la maladie, il consulte un médecin qui pendant un mois le traite par la dilatation. Celle-ci n'ayant pu être poussée très-loin,
on cesse un traitement régulier, mais tous les huit jours à peu près le malade passe une bougie. Depuis cette époque, l'état du malade n'a pas sensiblement cbangé, et c'est dans le but d'obtenir une amélioration plus sensible qu'il entre à l'hôpital.
Le canal aujourd'hui admet une bougie n<>8; il urine assez bien, mais le jet est petit.
L'exploration à l'aide de bougies à boule, révèle l'existence d'un rétrécissement assez étendu à la partie moyenne de la portion spongieuse ; une sonde n"* 8 est introduite et laissée à demeure.
!«'' avril Continuation du même traitement, la dilatation ne se produit pas.
7 avril. N'obtenant aucun résultat de la dilatation, M. Yoillemier pratique l'urélrotomie avec l'instrument de Ricord, en faisant saillir la lame hors de sa gatne parallèlement à l'axe, l'urétrotome restant en place. L'opération est très-peu douloureuse, écoulement d'une très-petite quantité de sang^ huit ou douze gouttes. Introduction immédiate d'une bougie n"* 10, qui est retirée aussitôt.
Quelques jours après surviennent des accidents graves: accès de fièvre répétés avec frissons intenses ; état saburral, inappétence complète; amaigrissement; face pâle et grippée, douleurs lombaires, mictions redevenues difficiles et douloureuses ; inflammation assez intense du canal de l'urètre. Dès le début des accidents on cesse tout traitement local ; éméto-cathartique, bains, vin de quinquina, nourriture reconstituante.
Les jours suivants le malade maigrit encore, son état inspire des craintes sérieuses. Dans cette position, H. Yoillemier prétend que toute manœuvre doit être fatale au malade.
6 mat. Depuis quelques jours amélioration notable.
il mai. M. Voillemier recommence la dilatation avec une bougie n^" 8, que le malade garde deux heures chaque jour.
Le 13, pas d'accidents nouveaux ; même traitement
(Observation donnée par M. Ledentu, interne.)
Des observations de M. Gosselin que nous n'avons pas publiées, voici les résultats ultérieurs :
!• Cornu, entré le 19 novembre 1862. — Urëtrotomîsé le 26 novembre. — 11 sort de Tbôpilal le 1" décembre suivant.
2° Pénin, entré le 12 février1862. — Urélrotomisé le 15. — Sort de Tbôpital le 19. o II se plaint d'éprouver un peu plus de peine pour uriner. »
3» Auguste Bride, entré le 18 novembre 1862. — Urétrolomisé le 10. — Sort pour Vincennes le 20 du môme mois.
tx'' Prunet, entré le 26 août 1862. — Urétrotomisé le 6 septembre. — Part le 2^ septembre.
5* Hanon Louis, entré le 31 octobre 1862. — Utrétrotomisé le 10 octobre. — Sort le 19.
Est- il une seule de ces observations que Ton puisse invoquer en faveur d'une guérison durable? Elles prouvent seulement que l'urélrotomie interne donne une amélioration rapide, beaucoup plus rapide que la dilatation employée seule ; mais la rapidité n'est pas suffisante, il faut aussi la sécurité. D'où je conclus : Trouvons le moyen de rendre l'urétrotomie inoffensive, et ce sera alors une des belles conquêtes de la chirurgie moderne.
Les observations publiées en Angleterre sont-elles plus satisfaisantes au point de vue des résultats ultérieurs? — Qu'on en juge par les opérations suivantes pratiquées par M. Thompson :
l*" Un homme^ âgé de cinquante ans, entre dans le service de M. Thompson le 14 mars 1856. — 11 y revient en 1857, puis en 1858 ; il a négligé la dilatation qu'on lui avait conseillée. — - Urétrotoaûsé le 22 septembre 1858. — Les
derniers renseignements sur le malade sont du 7 décembre.
2° Homme de cinquante-six ans. De 1848 à 1858, on a pratiqué plusieurs fois la dilatation avec succès. — I! entre le 6 seplembre à University College-hospitai. — Il est orétrolomisé le 22. — Il sort le 2 octobre. (Ces deux observations sont dans TheLancet, 29 janvier 1850, t. L, p. 107.)
3** Homme de trente-neuf ans, entré à University Collège hospîtal en février 1859. — Urétrotomîsé quelques jours après avec Tinslrument de M. Civiale. — Le 19 jaillet, il n'y avait plus trace de rétrécissement
Zi« Officier de l'armée des Indes. — Urétrotomisé d'arrière en avant le 16 septembre 1858. Revu le 8 octobre
1858. — M. Thompson dit qu'il a de temps en temps de ses nouvelles et qu'il n'y a pas récidive. Mais l'observation a été publiée en 1859.
S** Homme de trente-six ans. — Urétrotomisé le 2 septembre 1858, — Sorti le 1" octobre. M. Thompson a appris en juillet 1859 qu'il n'y avait pas de récidive.
6° Homme delrenté-six ans, déjà soumis à la dilatation en 1857 par Thompson avec succès. — Urélrolomisé le 2 septembre. — Sorti le 20 du même mois. En octobre
1859, pas de récidive.
Ces quatre dernières observations sont dans Th Lancet (t. II, p. 409, 1859.)
En voici une autre de M. Coulson (1).
Le malade fut opéré à St-Mary's hospital par Furélrotomie interne d'arrière en avant. — M. Coulson dit que tous les symptômes ont disparu* — Mais pas de renseignements ultérieurs.
M. John Marshall opère un malade à l'Universily Collége's hospital, avec un urétrotome de son invention, coupant d'avant en arrière. — Quinze jours après l'opération,
(1 ) The Lancet de 1 859, numéro de jwn, p. 585.
est -il dit, OD introduisait focHeiiieot dans l'arëtre le dMI (1).
Comme on le voit, tootes ces observations prouvent comme celles de M. Gosselin que Ton obtient des résultats immédiats satisfaisants et rien de plus.
M. Demarquay a fait douze opérations d*urétrotomie interne. — Tous ses malades ont guéri, ou plutôt aucun n'est mort, mais il ignore pour la plupart d*eotre eux quels ont été les résultats éloignés de l'opération, avaniageux ou nuls^ sUion nuisibles.
Je pourrais multiplier ces résumés d'observations, relever, par exemple, celles de M. Sédillot qui ont été publiées danslemémoire de M. Gaujot ; celles de M. Notta de Lisieux, publiées dans Y Union médicale de 1856; celles de M. Boinet, qui se trouvent dans son Mémoire de 1858; mais ce ne serait que pour constater les mêmes faits; à savoir : que les malades n'ont pas été suffisamment suivis pour qu'on puisse affirmer une guérison durable.
Bon nombre de chirurgiens des hôpitaux de Paris n'ont-ils pas eu maintes fois à traiter de nouveau par la dilatation, des malades urétrotomisés ailleurs et qui n'avaient pas tardé à voir survenir la récidive ?
De ce qui précède, je me crois en droit de conclure: que l'immense majorité des malades dont les observalions ont été publiées, ne sauraient être considérés comme guéris définitivement; que Turétromie interne produit une amélioration plus rapide, il est vrai, mais ne guérit pas plus radicalement que la dilatation employée seule: que, par conséquent, la récidive est la règle.
(1) Lancet^ 1860, 1. 1, p. 370.
5* Vurétrotomie interne est-elle stisceptible de donner des guérisons définitives.
Nous venons de voir que cette opération ne met certainement pas à l'abri de la récidive, quel que soit le procédé opératoire employé, les grandes incisions aussi bien que les incisions moyennes.
On a publié des cas de guérison complète, radicale de rétrécissements traités par l'urétrotomie. Il est dit dans ces observations qu'on ne trouvait plus trace de l'ancien obstacle , que le canal était aussi souple , aussi libre, aussi extensible qu'avant d'avoir subi l'altération. Ces faits, je les conteste hautement. Vurétrotomie interne n^a jamais guéri un rétrécissement de Tmrètre. Elle n'a jamais fait disparaître l'épanchement plastique qui s'est organisé lentement dans le tissu cellulaire sous-muqueux et dans les mailles du corps spongieux urétral. Elle est impuissante aie faire. La seule. Tunique méthode qui pourrait produire ce résultat serait la dilatation, et elle ne le peut pas, si ce n'est peut-être dans les rétrécissements récents en voie de formation . Ce que fait l'urétrotomie interne, elle attaque les symptômes du rétrécissement et non le rétrécissement lui-même, elles les guérit associée à la dilatation, elle ne peut les guérir sans son secours. Et nous avons vu comment elle guérit les symptômes, c'est-à-dire qu'elle les atténue, qu'elle les fait disparaître seulement pour un certain temps.