‹ De l'urine et des sédiments urinaires [electronic resource] (volume 2)Chapitre 139 sur 158 · MAXIMA. MINIMA · texte numérisé non relu

MAXIMA. MINIMA

1 5,li3 1,54

B. Expériences sur des malades.

Typhus. Pendant le summum de la maladie, la quantité d'urée sécrétée par jour oscilla entre 40 et 55 grammes ; avec la rémission de la fièvre, elle tomba graduellement à 20 grammes, et dans la convalescence, elle redevint peu à peu normale. Dans un typhus terminé par la mort, la quantité de l'urée s'éleva, pendant le summum, à 35, 40 et 50 grammes ; à mesure que l'issue fatale approchait, elle s'abaissa, d'une manière non interrompue, à 25, 20, 10, et, dans les dernières vingt-quatre heures avant la mort, elle était seulement égale à 5 grammes.

Pneumonie. Pendant le summum de l'affection, l'urée s'élève à 50, 60 et même 70 grammes; elle tombe, avec la rémission de la fièvre, à 25, 20 grammes, pour ensuite augmenter dans la convalescence.

Dans une maladie du cœur avec hydropisie, la quantité de l'urée resta pendant longtemps au-dessous de la normale : 20, 25, 28 grammes* par jour. En même temps que la sécrétion de l'urine augmenta sous l'inlluence des diurétiques, la quantité de l'urée s'éleva à 50 et même 00 grammes par jour, mais elle redevint comme auparavant après la cessation de la diurèse. Les variations se répétèrent plusieurs fois.

Une personne qui avait un emphysème pulmonaire et des artères ossifiées, fut prise d'une bronchite aiguë avec œdème des poumons. Chez ce malade, la quantité de l'urée était généralement petite ; elle tomba à 12 et même 10 grammes, lorsque apparurent des symptômes d'urémie ; sous l'influence des diurétiques elle se releva temporairement à 25 grammes, puis vint un nouveau coUapsus avec diminution de l'urine et de l'urée (qui s'abaissa jusqu'à 11 grammes) ; mort.

De nombreuses recherches relatives à la quantité de l'urée sécrétée dans différentes maladies ont été publiées dans ces dernières années. Elles confirment de tout point les indications générales qui précèdent et que j'ai données avant l'apparition de ces travaux. Les indications dont il s'agit sont basées sur des observations très-nombreuses que j'ai fuites à la clinique de Glessen, la plupart avant la publication de la méthode de Liebig, et avec l'assistance de mon honorable ami. Une étude détaillée des variations qu'éprouve la sécrétion de l'urée dans chaque maladie en particulier nous conduirait trop loin ; elle appartient à la pathologie spéciale. Pour ceux qui veulent avoir des renseignements plus étendus, je donne ici la liste des travaux les plus importants sur ce sujet :

A\{.\o'^c\{Henle und P feuf fer s Zeitschrift. N. f.lV,5).- S. Moos {ibid. VII, 5); W. Hrattler, Ein Beitrag zur Urologie, Munich, 1858. (Ces trois mémoires traitent de la sécrétion de l'urée dans des maladies différentes). \V. Müller, [Jeher Harnstoffabsonderung, etc., nach operativen Eingriffen {Wias. Mitlh. d. Erlanger physik. med. SociellU, 1858. Heftl); R. Sander, Harnstoffausschei-

DKS URINES.

dung bei paralyl. Blödsinn (Virchow's Archiv ISnS, p. 160) ; F. S. Warrieke, Uarnsloflausaclieidung im Typhoid fieber [liibl. for Laeger p. 330); Ibid.im Wechselßeber : Traube und Jochmaiin [Deutsche Klinik, 1855, n* 46) ; Sidnoy Ringer (Med. Chirurg. transacL. 1859, p. 560) ; Ibid. in der Clwlera, Fr. Lehmann (Inang. Diss., Zurich, 1857); Traube (ßer/. Klin. Worlienschrift, 1864, 17), Ueber vermehrte tlarnsloffproduclion in fieberhaften Krankheiten.

§ HS). ACIDE ÜRIQUE.

II. Rankt', Beob. nnd Versuche über die Ausscheidung der Harnsäure heim Menschen, etc. Munich, 1858. — ß. Stokvis, Bijdragen tot de pinjsiol. van het acid. uricum. Ned. Tjidschr., 1859 (Schmidt's Jahrb., l. CIX, p. 3). Zabelin, Ueber die Umwandlung der Harnsäure im Thierkörper (Annal, d. Chetii. und Phaim. 18b5. Suppl. II, p. 52").

Le dosage de l'acide urique de l'urine doit être exécuté d'après la méthode décrite § 69. Toutes les fois que l'urine contient un sédiment d'acide urique ou d'urates, — et c'est précisément dans ces cas que la détermination quantitative de ce corps offre le plus d'intérêt pour le médecin, — on doit naturellement employer pour le dosage la quantité totale de l'urine (si par hasard on ne pouvait pas réussir à redissoudre entièrement le sédiment par l'action de la chaleur), ou bien il faut filtrer l'urine, puis doser aussi bien l'acide urique précipilé, qui reste sur le filtre, que l'acide urique dissous contenu dans une partie aliquote de la liqueur filtrée ; et enfin, avec ces deux résultats, calculer la proportion totale de l'acide urique renfermé dans l'urine. Mais ce dosage exact de l acide urique est long et compliqué, aussi n'est-il que rarement effectué par le médecin praticien, qui, eu général, se contente de conclure à l'existence d'une quantité anormale d'acide urique dans l'urine, d'après la présence d'un sédiment d'acide urique ou d'urates. Mais une telle conclusion n'est pas admissible ; un sédiment d'acide urique se produit fréquemment sans que la quantité de l'acide séparé paraisse augmentée d'une manière absolue (c'est-à-dire rapporté à une unité de temps). (Voy. § iOO.)

Lorsqu'on a déterminé la quantité de l'acide urique renfermé dans une urine, on désire naturellement savqir immédiatement si la proportion trouvée correspond à la normale, la dépasse ou lui est inférieure. Pour être renseigné à ce sujet, il est nécessaire de connaître à combien s'élève l'élimination moyenne de l'acide

ÀCIDE URIQUE. -^21 uriquc par jour ou par heure chez des personnes en bonne santé. De nombreuses recherches, celles de Lehmann, de Neubauer, et, surtout de Ranke ont foDrni sur ce point des indications assezpositives.

D'après ces observateurs, la quantité moyenne de l'acide urique éliminé en vingt-quatre heures avec l'urine par des personnes adultes (hommes ou femmes) s'élève à 0^^ 5 ou 0^' 8. Cependant cette . moyenne varie beaucoup avec les différents individus. On observe aussi chez une même personne considérée à des moments différents des variations plus ou moins grandes et qui quelquefois sont très-considérables.

La nature des aliments paraît exercer la principale influence sur l'excrétion de l'acide urique. Pendant l'abstinence, la quantité de cet acide devient rapidement très-petite ; après le repas elle augmente promptement, et presque autant avec une nourriture non azotée qu'avec une nourriture animale. {Bankß, W. Roberts.)

La relation qui existe entre la quantité de l'acide urique et celle de l'urée offre des variations assez grandes (de lg%28 à lg^80).

Lehmann éliminait en vingt-quaire heures 1,18 grnm. d'urée ; mais il présume que c'est une quantité anormale.

D'après Becquerel, la quantité moyenne est de 0,49 à 0,56 gram, par jour.

Neubauer, en faisant de nombreuses expériences sur deux personnes en bonne santé, a obtenu les résultats suivants pour vingt-quatre heures :

MOYEî^NE. MimXOM. MAXIMUM.

Ranke, qui a effectué un très-grand nombre de recherches, a trouTé pour Tingt-quatre heures les quantités suivantes :

Recherches faites sur lui-même : Moyenne, 0,648 ; maximum, 0,875; mmimum, 0,445. — Sur d'autres hommes : 0,^25, 0,054, 0,550, 0,78; .— moyenne, 0,707. — Sur deux femmes : l" de 0,410 à 0,456; moyenne, 0,429 ; 2» de 0,458 à 0,565.

Ranke a trouvé que, dans la fièvre intermittente, l'excrétion de l'acide urique devient plus grande pendant l accès. Il a, en outre, vu que l'acide urique était notablement augmenté chez un malade atteint de leucémie, qu'il diminuait quelquefois dans le diabète sucré et (comme l'ont aussi constaté Garrod et Neubauer) que sa proportion était toujours notablement amoindrie dans la goutte chronique (dans lequel cas, d'après Garrod, l'acide urique s'accu-

inulcrait dans le corps). Wai^rès Ranke , la sécrétion de l'acide uriquc serait aussi diminuée par l'ingestion de fortes doses de sulfate de quinine.

Les causes et la supiificatmi d'une augmentation ou d'une diminution de l'acide urique sont encore assez obscures et hypothétiques. L'acide urique est, comme l'urée, un produit de l'organisme et qui résulte de la métamorphose des éléments azotés de ce dernier. Comme tel, il a la même importance que l'urée, et une augmentation ou une diminution d'acide urique indique une transformation plus ou moins active des substances azotées du corps. Mais l'acide urique occupe dans la série des produits de la métamorphose régressive un rang plus élevé que l'urée : cette dernière peut être formée par oxydation aux dépens de l'acide urique. C'est pour cela que l'on considère souvent l'acide urique comme de l'urée incomplètement oxydée, et l'on pense qu'une augmentation de l'acide urique aux dépens de l'urée doit se rencontrer toutes les fois que , l'oxygène ne pouvant faire sentir son action que d'une manière imparfaite, l'oxydation des éléments azotés du corps ne se fait pas tout à fait complètement avant leur sortie de l'organisme ; c'est par conséquent ce qui doit arriver dans toutes les maladies qui sont accompagnées de troubles respiratoires. Cependant, cette opinion ne s'accorde pas avec ce fait, que les personnes en parfaite santé éliminent aussi incessamment une certaine quantité d'acide urique. D'ailleurs, dans les maladies où l'on observe constamment une augmentation de l'acide urique — au summum des affections fébriles — la sécrétion de l'urée est en même temps toujours plus considérable. Nous pouvons donc être certains que l'acide urique est plus que de l'urée incomplètement formée ; cependant, nous devons attendre de nouvelles investigations pour expliquer le mode de formation et la vraie signification de l'acide urique.

Il a déjà été question paragraphe 100 de la signification qu'onl pour le médecin les sédiments d'acide urique qui se forment à l'intérieur de l'organisme.

ACIDE LIHRE.

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