‹ De l'urine et des sédiments urinaires [electronic resource] (volume 2)Chapitre 16 sur 158 · Uroérifthrine · texte numérisé non relu

Uroérifthrine

On désigne sous le nom d'uroérythrine cette matière colorante à laquelle les sédiments d'acide urique et d'urate de soude doivent leur coloration rouge brique ou rouge rose qui augmente beaucoup, notamment au contact de l'air. Mais l'uroérythrine doit aussi se rencontrer dans l'urine modifiée par les maladies, et alors colorer ce liquide en rouge. D'après Thiidichum, elle prend probablement naissance par oxydation aux dépens de l urochrome normale.

Les sédiments rouges qui se rencontrent si fréquemment semblent cependant contenir au moins deux matières colorantes différentes, puisque d'après Hoppe beaucoup de sédiments cèdent au chloroforme un pigment d'un rouge pourpre magnifique qui est aussi soluble dans l'alcool, tandis que d'après Heller l'uroérythrine est insoluble dans ce dernier liquide. D'après Heller, on enlève aux sédiments, au moyen de l'alcool seulement, de l'urrhodine (rouge d'indigo) et de l'uroglaucine (indigo).

B. Éléments inorganiques.

Parmi les bases inorganiques l'urine contient principalement la soude, la potasse , la chaux et la magnésie partiellement unies, surtout les deux premières, avec les acides urique et hippurique ainsi qu'avec les acides suif urique, phosphorique , chlorhydrique et azotique. Indépendamment de ces substances , on trouve aussi de petites quantités de fer et d'acide siliciquc, enfin, surtout dans l'urine alcaline, des sels ammoniacaux. Excepté de l'atidc carbonique, de l'azote et des traces d'oxygène, l'urine ne contient pas

ÉLÉMENTS NORMAUX DE L'URINE. 61 de gaz libres ; cependant à l'état pathologique on rencontre quelquefois de l'hydrogène sulfuré. La quantité totale des sels fixes x:ontenus dans l'urine varie beaucoup avec les diverses personnes et les circonstances pathologiques différentes. Ainsi chez l'homme on rencontre des variations de9^\0Q à 24s^50, chez la femme de 10«', 28 à lOe^eS. Lehmann avec une nourriture mixte trouva dans son urine 15s%245 par jour (oscillant entre 98^652 et 176%284).

Voici maintenant quels sont les sels qui se rencontrent dans l'urine.

§ il. CHLORURE DE SODIUM

A. État naturel. — Nous pouvons considérer comme uni au sodium presque tout le chlore qui se rencontre dans l'urine. La quantité de sel marin éliminée varie avec les diverses personnes et les différents moments de la journée. Hegcir a fait connaître des observations sur les variations dans la proportion du sel marin chez huit personnes ; voici en peu de mots les résultats qu'il a obtenus : le chlore éliminé en vingt-quatre heures s'élevait en moyenne à 10f''%46, ce qui correspond à 17^'", 5 de chlorure de sodium. C'est dans l'après-midi que l'élimination du chlore est le plus considérable , mais elle diminue beaucoup pendant la nuit et s'élève de nouveau le matin ; le mouvement du corps l'augmente, un trouble léger de la santé la diminue assez rapidement. La proportion du chlore augmente promptement lorsqu'on vient à boire de grandes quantités d'eau, mais plus tard elle diminue avec d'autant plus de rapidité. Après que l'on a fait usage de bière, la quantité du chlore est extrêmement petite. En ce qui concerne la quantité de sel marin séparée en vingtquatre heures, les observations les plus récentes de Bischoff dïîfèrent un peu des indications de Ee(jar. [Bischoff^ der Harnstoff. 1855, p. 23.) Celui-là a trouvé dans sa propre urine des quantités qui dans vingt-quatre heures variaient entre 8e'', 64 et 24'''', 84 , et, se basant sur ces chiffres, il indique comme moyenne 14,73.

Dans plusieurs maladies la quantité du sel marin est extraordinairement diminuée, et cela a lieu dans toutes celles où des

exsudations abondantes sont roriaécs aux dépens du sang. Redtenbacher a vu dans des pneumonies la proportion du clilorc descendre souvent jusqu'au minimum, de telle sorte (jue, dans quelques, cas le nitrate d'argent n'occasionnait plus aucun trouble dans le liquide.

B. Caractères microscopiques. — Le sel marin cristallise sur le porte-objet du microscope en beaux cubes réguliers disposés en forme d'escalier. Il éprouve une modification caractéristique lorsqu'il cristallise dans une dissolution contenamt en même temps de l'urée : alors les cubes ordinaires se transforment en octaèdres et en tétraèdres.

G. Caractères chimiques. — 1 . Si l'on arrose avec de l'eau du sel gemme pur cristallisé et divisé en fragments grossiers , il se dissout à 12-24° une quantité invariable de sel, lorsqu'on abandonne le liquide pendant vingt-quatre heures en ayant soin de l'agiter. Liebig et d'autres expérimentateurs ont trouvé comme moyenne d'un grand nombre de déterminations parfaitement concordantes que 10 centimètres cubes de cette dissolution filtrée contenaient 3e'", 18 4' de sel marin.

2. L'azotate d'argent produit dans tous les liquides qui renferment du chlorure de sodium un précipité blanc caillebotté de chlorure d'argent insoluble dans les acides azotique et chlorhydrique. Mais si l'on mélange l'urine préalablement additionnée d'acide azotique avec une solution d'azotate d'argent , le précipité qui en résulte n'est jamais du chlorure d'argent pur, mais les pigments, etc., sont aussi précipités par le sel d'argent, circonstance de laquelle il ne faut pas manquer de tenir compte lors du dosage du chlore dans l'urine au moyen de l'azotate d'argent.

3. Si l'on mélange une solution concentrée de chlorure de sodium avec une solution également concentrée d'azotate de bioxyde de mercure, les deux sels se transforment rapidement : il se forme de l'azotate de soude et le liquide se change en une bouillie cristalline de sublimé ( bichlorure de mercure). Une décomposition tout à fait semblable se produit aussi dans des solutions étendues, seulement le sublimé formé ne se sépare pas, mais reste en dissolution dans le liquide. Nous avons vu, en parlant de l'urée , que l'azotate de bioxyde de mercure produit, dans une solution de cette substance, dès que la liqueur est faiblement acide

OU neutre, un précipité constitué par une combinaison d'urée et d'oxyde de mercure. — D'après ce qui précède , il sera facile de comprendre la réaction suivante dont Liebùj s'est servi pour la détermination quantitative du chlorure de sodium dans l'urine. Si on enlève à une. urine l'acide phospliorique et l'acide sulfurique qu'elle renferme , en y ajoutant de l'azotate de baryte et de la baryte caustique , et si avec de l'acide azotique on neutralise ou bien on rend très-faiblement acide la liqueur alcaline filtrée, le liquide ainsi obtenu est une solution faiblement acide de sel marin et d'urée. Si maintenant nous mélangeons goutte h goutte cette solution avec une dissolution d'azotate de bioxyde de mercure, il se produira aux surfaces de contact des deux liquides un précipité blanc, qui cependant disparaît lorsqu'on agite la liqueur. Le précipité qui a d'abord pris naissance est la combinaison d'urée et d'oxyde de mercure. Mais comme il y a du sel marin dans le liquide , l'azotate de mercure ajouté est aussitôt transformé en sublimé, qui, comme on le sait, ne précipite pas l'urée en solution faiblement acide. C'est pour cela que le précipité qui se forme d'abord disparaît et que le liquide redevient clair comme auparavant. Ces réactions se reproduiront jusqu'à ce que tout le sel marin présent ait été employé cà transformer en sublimé l'azotate de bioxyde de mercure ajouté goutte à goutte. Enfin ces réactions cessent, une nouvelle goutte de solution de mercure ne trouvera plus, de sel marin qui puisse la transformer en sublimé, et maintenant elle produira un précipité persistant constitué par une combinaison d'urée et de bioxyde de mercure. Si je connais la richesse de la solution de mercure ajoutée jusqu'à ce point, je puis calculer avec facilité la quantité de sel marin qui se trouvait dans la liqueur, puisqu'un équivalent de chlorure de sodium exige exactement un équivalent de bioxyde de mercure. (Pour la manière de procéder, voy. dans le chap. ^^)

4. Si l'on mélange une solution neutre de chlorure de sodium, contenant en même temps du phosphate de soude, avec quelques gouttes d'une solution neutre de Chromate de potasse, et si ensuite on fait couler goutte à goutte au moyen d'une pipette une dissolution d'argent , tout le chlore est d'abord précipité à l'état de chlorure d'argent. Lorsque ce point est atteint, la première goutte de solution d'argent produit une coloration rougeàtre persistante

due à la formation de Chromate d'argent. Jusqu'à ce point l'acide plîosphoriquc tout entier reste en dissolution , parce que le sel d'argent précipite ces trois acides dans l'ordre suivant : acide chlorhydrique , acide cliromique , acide phosphorique. (Méthode volumétrique de Möhr.)

D. Recherche qualitative. — La réaction avec l'azotate d'argent indiquée plus haut nous sert toujours pour reconnaître le sel marin dans l'urine. Mais l'urine contient de l'acide phosphorique, et celui-ci donne également, avec l'oxyde d'argent, un précipité de phosphate d'argent, qui cependant est soluble dans l'acide azotique, tandis que le chlorure d'argent n'est pas dissous par ce dernier liquide. Nous devons donc, lors de l'essai d'une urine pour savoir si elle renferme du chlore, y ajouter, avant ou après avoir versé la solution d'argent, de l'acide azotique jusqu'à réaction fortement acide ; dans le premier cas le phosphate d'argent ne se précipitera pas , mais dans le second il se redissoudra aussitôt et il ne restera que le chlorure d'argent sous forme de flocons caséeux.

Si l'on évapore l'urine jusqu'à consistance sirupeuse , au bout de quelque temps il cristallise en cubes ou en octaèdres, qui alors peuvent être facilement reconnus. — Pour reconnaître directement la soude , on se sert de la réaction fournie par les sels de cette base : ceux-ci , chauffés sur un anneau de platine dans la flamme intérieure du chalumeau , colorent en jaune intense le cône extérieur de la flamme.

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