‹ De l'urine et des sédiments urinaires [electronic resource] (volume 2)Chapitre 82 sur 158 · A. MARCHE SYSTÉMATIQUE POUR RECONNAITRE LES CORPS EN DISSOLUTION · texte numérisé non relu

A. MARCHE SYSTÉMATIQUE POUR RECONNAITRE LES CORPS EN DISSOLUTION

4 . On essaye la réaction de l'urine avec du papier de tournesol.

a. L'urine est acide et elle ne contient pas de sédiment. On procède d'après 2.

b. L'urine est acide et elle contient un sédiment. On laisse ' le sédiment se déposer, on décante l'urine que l'on filtre si c'est nécessaire, et on l'essaye d'après 2.

On examine le sédiment au microscope d'après § 82.

c. L'urine est neutre ou alcaline. Dans ce cas, elle aura généralement un sédiment; on essaye ce dernier d'après § 82, et l'urine filtrée d'après 2.

2. Lorsque l'urine n'a pas déjà une réaction acide, on en chauffe un petit échantillon à l'éhuUition en y ajoutant une goutte d'acide acétique ; s'il se produit un coagulum ne disparaissant pas après addition d'acide azotique, cela indi(]ue la présence de Valbumine. Dans une quantité d'urine plus grande (500 à 600 c. c), on enlève ensuite toute l'albumine par ébullition (§ 21, D), on filtre et l'on traite le liquide filtré d'après 5.

Pour confirmer le résultat obtenu on emploie l'acide azotique suivant § 21 , C, 9. Lorsqu'on a affaire à de très-petites quantités d'albumine, on fait couler avec précaution l'urine à essayer sur de l'acide azotique ; il suffit qu'il y ait des traces albumine ^our qu'aux points de contact des deux liquides il se produise une zone trouble parfaitement limitée. (§ 21 , D.)

Le coagulum produit est blanc, verdàtrc ou rouge brun :

a. S'il est blanc, il est constitué par de l'albumine pure.

b. S'il est verdâlre, on peut soupçonner qu'il renferme des matières biliaires, surtout si l'urine elle-même était fortement colorée. (§ 26.)

c. S'il est ronge brun, on pout soupçonner la présence du sang. On essaye alors avec soin le sédiment d'après § 82, et l'on examine au spectroscope l'urine primitive (d'après § 46 B, 1 et 2). Mais on traite par l'alcool et quelques gouttes d'acide sulfurique le coagulum desséché. Si, après la filtration, le liquide est plus ou moins rouge, on recherche d'abord au spectroscope s'il renferme de l'hématine (§ 46, B, 2), on évapore ensuite à sec et l'on calcine. On chauffe le résidu avec de l'eau à laquel'e on a ajouté un peu d'acide chlorhydrique ; on filtre et l'on essaye la dissolution avec du siilfocyanure de potassium. S'il se produit une coloration rouge cela indique la présence du fer.

On recherche Vhémaliiie en solution d'après'la méthode de Heller (§ 46, B, 2 c). On chauffe à l'ébullition un échantillon d'urine; ■ on ajoute delà lessive de potasse concentrée et l'on observe la coloration du liquide ainsi que la couleur des phosphates terreux qui, après quelque temps de repos, se séparent sous forme de flocons.

5. On évapore au bain-marie à consistance sirupeuse environ 600 ou 800 c. c. de l'urine claire ou de celle qui a été débarrassée par filtration d'un sédiment ou d'un coagulum albumineux, et l'on divise le résidu obtenu en deux parties (1/5 et 2/5).

a. On épuise un tiers de ce résidu avec de l'alcool concentré, on laisse la partie non dissoute se déposer ; on filtre la solution ; on lave lirésidu encore une ou deux fois avec de l'alcool concentré et l'on essaye la solution comme il suit (aa) et le résidu d'après c.

aa. On évapore jusqu'à sec, au bain-marie, une petite quantité de la sokuion alcoolique, et, dans le résidu, on recherche Vurée avec de l'acide azotique ou de l'acide oxalique (g 2, D, 9, a et b).

bb. On mélange la plus grande partie de la solution alcoolique avec quelques gouttes d'un lait de chaux, puis avec une solution de chlorure de calcium tant qu'il se produit un précipité. Au bainmarie, on évapore le liquide filtré jusqu'à 10 ou 12 c. c. ; on le verse dans un gobelet de verre, et, après le refroidissement, on mélange avec 1/2 c. c. d'une solution alcoolique de chlorure de zmc. Après une forte agitation, le liquide ne tarde pas à se troubler et à donner un précipité de chlorure de zinc et de Creatinine. Au bout de quelques heures, on rassemble le précipité et on l'examine au microscoqe, d'après § 5, C, 1 .

260 DES UlUNb-S.

b. Avec de l'acide chlorhydrique, on acidulé 2/5 du résidu, on le broie avec de la poudre de spalh pesant, et ensuite on l'épuisc par l'alcool. On fait subir à la solution alcoolique le traitement nécessaire pour la recherche de Vacide hippurique (d'après §7,E).

On examine au microscope les cristaux obtenus (pl. I, fig. i), et si l'on a assez de matière, on les essaye chimiquement, d'après §7,D, 7.

La recherche de l'acide hippurique est aussi très-facile et trèssûre, en procédant d'après § 7, E, 2. — Après avoir exactement neutralisé l'extrait de l'urine épuisé avec de l'éther, et après l'avoir étendu avec 30 c. c. d'alcool absolu, on peut en précipiter la créatinine avec une solution de chlorure de zinc. — Pour rechercher l'acide succinique qui peut aussi se trouver dans l'urine, on essaye, d'après § 7, E, 2, la masse saline précipitée par l'alcool absolu dans l'urine évaporée.

c. Dans une capsule, on arrose avec de l'acide chlorhydrique étendu (1 partie d'acide pour 6 d'eau) le résidu obtenu dans le traitement par l'alcool (d'après o), et, à l'aide d'un petit filtre, on sépare la partie non dissoute.

(ta. La solution chlorhydrique contient les pliospliates terreux et d'autres sels; les premiers peuvent être précipités par neutralisation avec de l'ammoniaque.

bb. Le résidu contient du mucus et Vacide urique. Après le lavage, on perce le filtre ; avec la fiole à jet, on fait tomber le résidu dans un petit tube d'essai ; on ajoute deux ou trois gouttes de lessive de soude ; on chauffe et on filtre.

a. La partie non dissoute est constituée par du mucus.

ß. Le liquide filtré contient de Vacide urique, qui se sépare en cristaux, lorsqu'on ajoute de l'acide chlorhydrique. On examine au microscope (§6, C). On dissout le reste dans l'acide azotique; on " évapore à sec avec précaution et l'on fait agir l'ammoniaque d'après le paragraphe 6, E, i, a. On est absolument certain de la présence de l'acide urique, s'il se produit une coloration violet pourpre.

On obtient facilement l'acide urique en cristaux bien formés en mélangeant 200 c. c. d'urine avec 5 c. c. d'acide chlorhydrique, et en laissant le tout en repos pendant douze heures.

d. Pour rechercher la présence de Vacide lactique, on a aussi bc-

soin de l'extrait alcoolique d'une grande quantité d'urine (§ 28, C).

4. Dans un tube d'essai, on mélange 5 ou 4 c. c. d'acide chlorhydrique fumant avec 20 ou 24 gouttes de l'urine à essayer. S'il y a de Vuroxanthine (indican), le mélange se colore au bout de peu de temps en violet rouge ou en bleu intense. Si, l'uroxanthine étant en très-petite quantité, la réaction vient à manquer, souvent elle se produit lorsqu'on ajoute quelques gouttes d'acide azotique concentré (§ 9, 5, C).

5. Si l'urine est colorée plus ou moins fortement en brun, vert, etc., si elle mousse par l'agitation, et si un morceau de papier à filtrer que l'on y plonge se colore en jaune ou en vert, il faut y rechercher la bile.

a. Dans un petit tube étiré en pointe à sa partie inférieure, on verse une petite quantité d'urine, et, sans agiter, on ajoute goutte à goutte de l'acide azotique contenant de l'acide azoteux (§ 26, D). Si, dans la portion supérieure du liquide, il se produit une coloration passant successivement par le vert, le violet, le rouge et le jaune, cela indique la présence des pigments biliaires.

Lorsqu'on a affaire à de très-petites traces de pigments biliaires, il faut verser, avec précaution, l'urine à essayer sur l'acide azotique, ou bien séparer d'abord les matières colorantes avec du chloroforme (§ 26, D).

b. Pour rechercher les acides biliaires, on évapore, au bainmarie, 400 ou 600 c. c. d'urine, et l'on se sert de l'extrait alcoolique. Pour la manière de procéder, voyez § 27, Recherche qualitative.

Comme il est indiqué dans ce paragraphe, on produira la réaction de Pettenlwfer dans la capsule de porcelaine.

Page 1