CONSERVATION DES SÉDIMENTS URINAIUES
Comme dans beaucoup de cas, il peut être intéressant de conserver des sédiments urinaires comme objet microscopique, une courte exposition des procédés en usage peut être placée dans cet ouvrage. Avant tout, il est nécessaire de débarrasser le sednnent du liquide urinaire, parce que l'urine se décompose rapidement et qu'il s'y forme facilement des corps organisés. On laisse le sédiment se déposer dans un verre à Champagne ; avec un siphon, on enlève l'urine aussi complètement que possible, et, par décantation, on lave trois ou quatre fois le sédiment avec le liquide dan^ lequel il doit ultérieurement être conservé. Maintenant, on a deux méthodes à suivre : ou bien on introduit le sédiment lave dan^ un petit tlacon, on remplit celui-ci avec le liquide conservateur, cl, sur une étiquette, on désigne lanature du contenu ; ou biencncouon dépose le sédiment sur le porte-objet et on le conserve sous le couvre-objet, dans un espace hermétiquement clos. Parmi les différents liquides conservateurs proposés dans ce Du ,
la solution de glycérine', la solution de créosote et d'esprit de bois-, l'alcool étendu % le liquide de Fanant'', etc., conviennent parfaitement pour les dil'fércnts épitliéliums, les cylindres urinaires, les corpuscules de pus et de mucus, les champignons, l'acide uriquo, les urates, l'oxalate de chaux, etc. Mais le phosphate animoniaco-magnésien se conserve mieux dans l'eau, à laquelle on a ajouté un peu d'ammoniaque. Pour la cystine, on choisit l'acide acétique très-étendu. — Enfin, les sédiments cristallins, à l'exception du pho.sphate ammoniaco-magnésien et de l'oxalate de chaux, peuvent aussi être conservés dans le baume de Canada, mais ils doivent, auparavant, être parfaitement lavés et desséchés avec soin. Ce procédé est le plus simple : on dépose le sédiment lavé sur le porte-objet, on le lai.sse bien sécher au soleil ou dans l'cxsiccateur, ensuite on l'humecte avec une goutte d'essence de térébenthine et on laisse celle-ci s'évaporer presque en entier. Maintenant on met par-dessus une goutte de baume de Canada ; on chauffe doucement ; avec une aiguille, on fait disparaître les bulles d'air qui peuvent s'y trouver et on couvre avec un verre un peu chauffé. En appuyant avec précaution, on fait sortir le baume en excès, qui, au bout de quelques jours, se dessèche et forme un rebord maintenant solidement le couvre-objet. Pour plus de sûreté, on recouvre encore le bord avec un vernis à l'asphalte, que l'on peut se procurer dans le commerce, et étendre facilement avec un pinceau.
Pour conserver le sédiment dans un liquide, on procède de la manière suivante : on dépose, sur le porte-objet, une goutte du sédiment en suspension dans le liquide conservateur; au moyen
* On obtient la solution de <;lycérinc en étendant do la glycérine sirupeuse du commerce avec une égale quantité d'eau de camphre. — Elle constitue un excellent liquide conservateur.
^ On obtient la solution de créosote et d'esprit de bois de l.i manière suivante : dans un mortier on mélange 12 grammes de créosote avec 180 grammes d'esprit de bois et l'on ajoute autant de craie prccipilée qu'il est nécessaire pour que le tout forme une bouillie molle que l'on étend en triturant continuellement avec 2,000 grammes d'eau. On peut aussi ajouter quelques morceaux de camphre ; alors on abandonne le mélange pendant deux ou trois semaines dans un vase légèrement couvert que l'on a soin d'agiter fréquemment ; enfin on décante le liquide clair et après l'avoir filtré on le conserve dans un vase bien bouché.
» On étend avec 2 ou 8 fois son volume d'eau de l'alcool reclifié. — Il est moins convenable pour les préparations microscopiques, parce qu'il est difficile d'ol)tenir avec l'esprit de vin ime l'ermelure absolument hermétique.
* Un mélange à parties égales de mucilage de gomme très-épais, de glycérine et d'un solulion d'acide arsénieux saturée à l'roid.
(l'une pince, on la recouvre avec un verre humide, en prenant soin de ne pas cnlcrmer de bulles d'air. En pressant doucement, on l'ait sortir le Tupiide en excès ; on enlève celui-ci avec jjrécaulion à l'aide d'un morceau de papier à liltrer, et l'on abandonne la préparation pendant quelques minutes, afin que le reste dn liquide s'évapore également. Lorsqu'on s'est assuré, an microscope, que tout est en place, on s'occupe d'empêcher que l'air n'arrive au contact du sédiment. Avec de la cire, on fixe d'abord le convroobjet sur le porte-objet. On coupe en biseau lamèclie d'une pelito bougie; on chauffe à la lampe à alcool jusqu'à ce que la cire fonde, mais jamais jusqu'à ce qu'elle s'enflamme, et, maintenant la coupe de la mèche horizontalement, on passe rapidement celle-ci autour du bord du couvre-objet. La cire ne doit pas tomber goutte à goutte, mais couler sous forme d'une couche mince ; l'espace compris entre le couvre-objet et le porte-objet doit être complètement rempli, mais il ne faut; pas que le bord de cire ait une largeur de plus de 2 millimètres. Avec un peu d'exercice, on arrivera facilement à disposer la cire comme il vient d'être dit tout aussi sûrement que si le liquide s'échappait d'un pinceau. Lorsque l'opération est terminée, on recouvre la bordure de cire avec un vernis à l'asphalte, qu'il est facile d'étendre avec un pinceau : ce vernis doit, sur les deux verres, déborder la cire de 2 millimètres environ, dételle sorte que le cadre qui limite la préparation ait une largeur totale d'environ 6 millimètres. Lorsqu'on applique le vernis à l'asphalte, on doit procéder avec précaution : il faut faire attention à bien couvrir tous les bords et à n'enfermer de bulles d'air en aucun endroit ; à l'aide de la loupe, on sait, avec une certitude complète, si cette dernière condition est remplie. Avant tout, il ne faut pas faire cette première couche de vernis trop épaisse, parce qu'alors le vernis se durcit seulement à la surface, reste encore liquide dans la partie profonde et pénètre facilement sous le couvre-objet, ce qui altère la préparation. J'ai perdu, de cette manière, beaucoup de préparations. Si, au bout de vingt-quatre heures, la première couche de vernis est solidifiée, on en applique une deuxième plus épaisse et la préparation peut alors être étiquetée.
On choisira des porte-objets de 48 millimètres de long et de 28 millimètres de large. Aux deux extrémités, on colle, avec une solution de gomme ou un vernis au silicate.de potasse, des frag-
-nients de couvre-objet de 10 millimètres de large, qui, en même temps, portent l'étiquette de la préparatmn. Cette manière de faire doit être vivement recommandée, parce que, lorsque les préparations sont placées les unes sur les autres, le couvre-objet ne peut jamais être endommagé. Il ne faut jamais placer sur les angles les préparations qui sont terminées, parce qu'elles se détériorent plus facilement ; on doit toujours les déposer à plat, dans des boites dont l'intérieur est garni d'un morceau de drap. — Le procédé qui vient d'être décrit n'est pas seulement en usage pour les sédiments urinaires, mais on s'en sert aussi pour beaucoup d'autres préparations microscopiques ; on trouve dans les ouvrages suivants des instructions complètes sur ce sujet : Welkeh, Aufbewahrung microscopischer Objecte, Giessen, 1856 ; Reinhapd, das Microscop und sein Gebraucli für den Arzt, Leipzig et "Heidelberg, 1864.
II, Analyse quantïtative>
Lorsqu'on suivant les indications des paragraplies 81 et 82 on a obtenu des renseignements suffisants sur la constitution qualitative de l'urine à essayer, on passe à la détermination quantitative des éléments trouvés. Comme malheureusement nous ne possédons pas encore, pour tous les corps qui se rencontrent dans cette humeur, des méthodes simples et sûres, nous devons nous contenter de déterminer les principes normaux ou anormaux les plus importants.
1. Détermination de la quantité d'urine émise en un temps donné (§ 55).
Suivant le but que l'on veut atteindre, on détermine, soit l'urine émise en vingt-quatre heures, soit l'urine émise en un temps plus court. On indique la quantité en centimètres cubes (§ 55).
'i. Détermination du poids spécifique (§ 54).
Dans la plupart des cas, la détermination du poids spécifique peut être effectuée à l'aide de l'uromètre (§ 54, 1). Mais s'il s'agit d'arriver à une plus grande exactitude, on choisit la méthode du fiacon (§54, 2). .
L'indication du puids spécifique trouvé est complétée par celle de la température de l'urine observée au moment de la détenninatiou.
5. Déterm'mation de l'eau et de la proportion totale des substances en dissolution (§ 55).
Dans un creuset de porcelaine pesé, on évapore au hain-innrie, en suivant exactement les instructions du paragraphe 55, 10 ou i5 ce. d'urine, et l'on dessèche le résidu dans le bain d'airà 100", jusqu'à ce qu'il ne perde plus de poids. Après soustraction du poids du creuset, on obtient la quantité des corps qui se trouvaient en dissolution, et si l'on retranche ce poids delà quantité d'urine essayée, on connaît la richesse de l'urine en eau.
On obtient des résultats beaucoup plus exacts en évaporant l'urine dans l'appareil représenté figure 14, paragraphe 55. L'ammoniaque mise en liberté par suite de la décomposition de l'urée, lors de l'évaporation de l'urine, est calculée sous forme d'urée et ajoutée au résidu trouvé par la pesée (§ 55, 5).