A. MARCHE SYSTÉMATIQUE POUR RECONNAITRE LES CORPS EN DISSOLUTION
1. On essaye la réaction de l'urine avec du papier de tournesol,
a. L'urine est acide et elle ne contient pas de sédiment. On procède d'après 2,
L'urine est acide et elle contient un sédiment, On laisse le sédî ment se déposer, on décante l'urine, on la filtre si c'est nécessaire, et on l'essaye d'après 2.
On examine le sédiment au microscope d'après le g 88, c. L'urine est neutre ou alcaline. Dans ce cas, elle aura généralement un sédiment; on essaye ce dernier d'après le § 88, et l'urine filtrée d'après 2.
2. Lorsque l'urine n'a pas déjà une réaction acide, on en chauffe un petit échantillon à l'ébuUition en y ajoutant une goutte d'acide acétique ; s'il se produit un coagulum ne disparaissant pas après addition d'acide azotique, cela indique la présence de Valbumine, Dans une quantité d'urine plus grande (500 à 600 c. c), on enlève ensuite toute l'albumine par ébullition (§ 2o, E), on filtre et l'on traite le liquide filtré d'après 3.
Pour confirmer le résultat obtenu, on essaye avec l'acide azotique (î^ 25, G, 9), ou avec l'acide phénique d'après 3îéhu (p. 89). Lorsqu'on a affaire à de très-petites quantités d'albumine, on fait couler avec précaution l'urine à essayer sur de l'acide azotique ; il suffit qu'il y ait des traces d'albumine pour qu'aux points de contact des deux liquides il se produise une zone trouble parfaitement limitée (g 25, E).
Le coagulum produit est blanc, verdâtre ou rouge-brun :
a. S'il est blanc, il est constitué par de l'albumine pure.
b. S'il est verdâtre, on peut soupçonner qu'il renferme des matières biliaires, surtout si l'urine elle-même était fortement colorée (g 28).
c. S'il est ronge-brun, on peut soupçonner la présence du sang. On essaye alors avec soin le sédiment, d'après le g 88, et l'on examine au spectroscope l'urine primitive, d'après leg 51, ß, 1 et 2. Mais on traite par l'alcool et quelques gouttes d'acide sulfurique le coagulum desséché. Si après la filtration le liquide est plus ou moins rouge, on recherche d'abord au spectroscope s'il renferme de l'hématine (g 51, B, 2), on évapore ensuite à sec, et l'on calcine. On chauffe le résidu avec de l'eau, à laquelle on a ajouté un peu d'acide chlorhydrique, on filtre et l'on essaye la dissolution avec du sulfocyanure de potassium. S'il se produit une coloration rouge, cela indique la présence du fer.
Oll recherclie Vhematine en solution d'après la méthode de Heller (g 51, B, 2 c). On chauffe à l'ébullition un échantillon d'urine, on ajoute de la lessive de potasse concentrée, et l'on observe la coloration du liquide ainsi que la couleur des phosphates terreux qui, après quelque temps de repos, se séparent sous forme de flocons.
On mélange un autre échantillon avec de l'ammoniaque, puis avec une solution de tannin, et enfin avec de l'acide acétique, jusqu'à réaction nettement acide. S'il se forme un précipité, on le traite exactement d'après le g 51, B, '2, d, et on l'emploie pour la préparation des cristaux d'hémine, si caractéristiques pour la matière colorante du sang.
5. On évapore au bain-marie à consistance sirupeuse environ 600 ou 800 c. c. de l'urine claire, ou de celle qui a été débarrassée par filtration d'un sédiment ou d'un coagulum albumineux, et l'on divise le résidu obtenu en deux parties (1/5 et 2/3).
a. On épuise 1/5 de ce résidu avec de l'alcool concentré, on laisse la partie non dissoute se déposer, on filtre la solution, on lave le résidu encore une ou deux fois avec de l'alcool concentré, et l'on essaye la solution comme il suit (aa) et le résidu d'après e.
aa. On évapore presqu'à sec au bain-marie une petite quantité de la solution alcoolique, et dans le résidu on recherche ïiû^ée avec de l'acide azotique ou de l'acide oxalique (g 2, D, 9, a et b).
bb. On mélange la plus grande partie de la solution alcoolique avec quelques gouttes d'un lait de chaux, puis avec une solution de chlorure de calcium, tant qu'il se produit un précipité. Au bain-marie, on évapore le liquide filtré jusqu'à 10 ou 12 c. c, on le verse dans un gobelet de verre, et après le refroidissement on mélange avec i /2 c. c. d'une solution alcoolique de chlorure de zinc. Après une forte agitation, le liquide ne tarde pas à se troubler et à donner un précipité de chlorure de zinc et de Creatinine. Au bout de quelques heures, on rassemble le précipité et on l'examine au microscope d'après le g 5, C, 1.
La préparation de grandes quantités de créatinine réussit parfaitement d'après les gg 5, D et 5, D, 2.
b. Avec de l'acide clilorhydrique on acidulé 2/5 du résidu, on le broie avec de la poudre de spath pesant, et ensuite on l'épuisé par l'alcool. On fait subir à la solution alcoolique le traitement nécessaire pour la recherche de ïacide hippurique (d'après le g 8, E).
On examine au microscope les cristaux obtenus (pl. 1, fig. 1), et si l'on a assez de matière, on les essaye chimiquement d'après le g 8, D, 7.
La recherche de l'acide hippurique est aussi très-facile et très-sûre en procédant d'après le g 8, E, 2. Après avoir exactement neutralisé par la soude l'extrait de l'urine, épuisé avec de l'éther, et après
l'avoir étendu avec 50 c. c. d'alcool absolu, on peut en précipiter la créatinine avec une solution de chlorure de zinc. Pour rechercher l'acide succinique, qui peut aussi se trouver dans l'urine, on essaye, d'après le § 8, E, 2, la masse saline précipitée par l'alcool absolu dans l'urine évaporée.
c. Dans une capsule on arrose avec de l'acide chlorhydrique étendu (1 partie d'acide pour 6 d'eau) le résidu obtenu dans le traitement par l'alcool (d'après a), et à l'aide d'un petit filtre on sépare la partie non dissoute.
aa. La solution chlorhydrique contient les phosphates terreux et d'autres sels; les premiers peuvent être précipités par neutralisation avec de l'ammoniaque.
hh. Le résidu contient du mucus et de Vacide urique. Après le lavage, on perce le filtre; avec la fiole à jet on fait tomber le résidu dans un petit tube d'essai, on ajoute deux ou trois gouttes de lessive de soude, on chauffe et l'on filtre.
a. La partie non dissoute est constituée par du mucus.
ß. Le liquide filtré contient de Vacide urique, qui se sépare en cristaux lorsqu'on ajoute de l'acide chlorhydrique. On examine au microscope (§ 6, C). On dissout le reste dans l'acide azotique, on évapore à sec avec précaution et l'on fait agir l'ammoniaque, d'après le § 0, E, i , a. On est absolument certain de la présence de l'acide urique, s'il se produit une coloration violet-pourpre, qui devient bleu-pourpre au contact de la potasse caustique.
Si, sans faire agir d'abord de l'ammoniaque, on traite immédiatement le résidu par la soude ou la potasse caustiques, on obtient une solution violet-pourpre, qui devient plus pâle à chaud et enfin perd complètement sa belle couleur. (Distinction d'avec la xanthine.)
On obtient facilement l'acide urique en cristaux bien formés en mélangeant 200 c. c. d'urine avec 5 c. c. d'acide chlorhydrique et en laissant le tout en repos pendant 12 heures (g 6, E, 2).
d. Pour rechercher la présence de l'acide lactique, on a aussi besoin de l'extrait alcoolique d'une grande quantité d'urine (§ 50, C).
e. Pour la recherche simultanée de la créatinine, de la xanthine et de l'acide urique, la méthode décrite (g 5, D) conduit sûrement au but.
f. L'acide oxalurique ne peut être découvert qu'en opérant sur de très-grandes quantités d'urine (§ 7, E).
4. Dans un tube d'essai on mélange 5 ou 4 c. c. d'acide chlorhydrique fumant avec 20 ou 24 gouttes de l'urine à essayer. S'il y a de Yuroxanthine (indican), le mélange se colore au bout de peu de temps en violet-rouge ou en bleu intense. Si, l'uroxanthine étant en très-petite
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quantité, la réaction vient à manquer, souvent elle se produit lorsqu'on ajoute quelques gouttes d'acide azotique concentré (g 10, 4, C). On doit aussi recommander l'essai par le chlorure de chaux, d'après Jaffé (§ 10, 4, C, 2).
Pour rechercher Vurohiline, on procède exactement d'après le g 10, 1, G.
5. Si l'urine est colorée plus ou moins fortement en hrun, vert, etc., si elle mousse par l'agitation, et si un morceau de papier à filtrer que l'on y plonge se colore en jaune ou en vert, il faut y rechercher la hile.
a. Dans un petit tube étiré en pointe à sa partie inférieure, on verse une petite quantité d'urine et, sans agiter, on ajoute goutte à goutte de l'acide azotique contenant de l'acide azoteux. Si dans la portion inférieure du liquide il se produit une coloration passant successivement par le vert, le violet, le rouge et le jaune, cela indique la présence des pigments biliaires.
Lorsqu'on a affaire à de très-petites traces de pigments biliaires, il faut verser avec précaution l'urine à essayer sur l'acide azotique, ou bien séparer d'abord les matières colorantes avec du chloroforme (g 28, D, 1 et 2).
h. Pour rechercher les acides biliaires, on évapore au bain-marie 400 ou 600 c. c. d'urine, et l'on se sert de l'extrait alcoolique. Pour la manière de procéder, voy. le g 29, Recherche qualitative. Comme il est indiqué dans ce paragraphe, on produira la réaction de PettenJwfer dans la capsule de porcelaine.
Si la réaction manque, mais si par sa couleur l'urine indique la présence d'un pigment biliaire, celui-ci peut être de la cholétéline, le dernier produit jaune qui prend naissance par l'action de l'acide azotique, etc., sur la bilirubine. Dans ce cas on essaye dans le g 28, D, 5, en se basant sur les phénomènes spectroscopiques indiqués dans ce paragraphe.
Pour découvrir les acides biliaires dans l'urine normale, on les sépare par le chloroforme, d'après la méthode de Bragendorff (g 29, Recherche qualitative^ 5).