‹ De l'urine et des sédiments urinaires [electronic resource]Chapitre 118 sur 185 · CONSERVATION DES SÉDIMENTS URINAIRES · texte numérisé non relu

CONSERVATION DES SÉDIMENTS URINAIRES

on introduit le sédiment lavé dans un petit flacon, on remplit celui-ci avec le liquide conservateur et sur une étiquette on désigne la nature du contenu, ou bien encore on dépose le sédiment sur le porte-objet et on le conserve sous le couvre-objet dans un espace hermétiquement clos, et l'on a ainsi une préparation toute prête à l'examen microscopique.

Parmi les différents liquides conservateurs proposés dans ce but, la solution de glycérine \ la solution de créosote et d'esprit-de-bois ^, l'alcool étendu % le liquide de Farrant\ etc., conviennent parfaitement pour les différents épithéliums, les cylindres urinaires, les corpuscules de pus et de mucus, les champignons, l'acide urique, les urates, Toxalate de chaux, etc. Mais le phosphaté ammoniaco-magnésien se conserve mieux dans l'eau, à laquelle on ajoute un peu d'ammoniaque. Pour la cystine on choisit l'acide acétique très-étendu. Enfin les sédiments cristallins, à l'exception du phosphate ammoniacomagnésien et de l'oxalate de chaux, peuvent aussi être conservée, dans le baume du Canada, mais ils doivent auparavant être parfaitement lavés et desséchés avec soin. Ce procédé est le plus simple : on dépose le sédiment lavé sur le porte-objet, on le laisse bien sécher au soleil ou dans l'exsiccateur, ensuite on l'humecte avec une goutte d'essence de térébenthine et on laisse celle-ci s'évaporer presque en entier. Maintenant on met par dessus une goutte de baume du Canada, on chauffe doucement, avec une aiguille on fait disparaître les bulles d'air qui peuvent s'y trouver et on couvre avec un verre un peu chauffé. En appuyant avec précaution on fait sortir le baume en excès qui, au bout de quelques jours, se dessèche et forme un rebord maintenant solidement le couvre-objet. Pour plus de sûreté on recouvre encore le bord avec un vernis à l'asphalte , que l'on peut se procurer dans le commerce et étendre facilement avec un pinceau.

Pour conserver le sédiment dans un liquide on procède de la manière suivante : on dépose sur le porte-objet une goutte du sédiment

' On obtient la solution de glycérine en étendant de la glycérine sirupeuse du commerce avec une égale quantité d'eau camphrée. — Elle constitue un excellent liquide conservateur.

2 On obtient la solution de ci'éosote et d'esprit-de-bois de la manière suivante : dans un mortier on mélange 12 grammes de créosote avec 180 grammes d'esprit- de -bois, et l'on ajoute autant de craie précipitée qu'il est nécessaire pour que le tout forme une bouillie molle, que l'on étend en triturant continuellement avec 2000 grammes d'eau. On peut aussi ajouter quelques morceaux de camphre ; alors on abandonne le mélange pendant deux ou trois semaines dans un vase légèrement couvert, que l'on a soin d'agiter fréquemment, enfui on décante le liquide clair et, après l'avoir filtré, on le conserve dans un vase bien bouché.

' On étend, avec deux ou huit fois son volume d'eau, de i'alcool rectifié. — 11 est moins convenable pour les préparations microscopiques, parce qu'il est difficile d'obtenir avec l'esprit-de-vin une fermeture absolument hermétique.

* Un mélange à parties égales de mucilage de gomme très-êpaisj de glycérine et d'une solution d'acide arsénieux saturée à froide

524 CONSERVATION DES SÉDIMENTS URINAIRES. g 89

en suspension dans le liquide conservateur, au moyen d'une pince on la recouvre avec un verre humide , en prenant soin de ne pas enfermer de bulles d'air. En pressant doucement on fait sortir le liquide en excès, on enlève celui-ci avec précaution à l'aide d'un morceau de papier à filtrer et l'on abandonne la préparation pendant quelques minutes, afin que le reste du liquide s'évapore également. Lorsqu'on s'est assuré au microscope que tout est en place, on s'occupe d'empêcher que l'air n'arrive au contact du sédiment. Avec de la cire on fixe d'abord le couvre-objet sur le porte-objet. On coupe en biseau la mèche d'une petite bougie de cire, on chauffe à une lampe à alcool jusqu'à ce que la cire fonde, mais jamais jusqu'à ce qu'elle s'enflamme, et maintenant la coupe de la mèche horizontalement on passe rapidement celle-ci autour du bord du couvre-objet. La cire ne doit pas tomber goutte à goutte, mais couler sous forme d'une couche mince ; l'espace compris entre le couvre-objet et le porte-objet doit être complètement rempli, mais il ne faut pas que le bord de cire ait une largeur de plus de 2 millimètres. Avec un peu d'exercice on arrivera facilement à disposer la cire comme il vient d'être dit tout aussi sûrement que si le liquide s'échappait d'un pinceau. Lorsque l'opération est terminée, on recouvre la bordure de cire avec un vernis à l'asphalte qu'il est facile d'étendre avec un pinceau : ce vernis doit sur les deux verres déborder la cire de 2 millimètres environ , de telle sorte que le cadre qui limite la préparation a une largeur totale d'environ 6 millimètres. Lorsqu'on applique le vernis à l'asphalte, on doit procéder avec précaution : il faut faire attention à bien couvrir tous les bords et à n'enfermer de bulles en aucun endroit ; à l'aide de la loupe on sait avec une certitude complète si cette dernière condition est remplie. Avant tout, il ne faut pas faire cette première couche de vernis trop épaisse, parce qu'alors le vernis se durcit seulement à la surface, reste encore liquide dans la partie profonde et pénètre facilement sous le couvre-objet, ce qui altère la préparation. J'ai perdu de cette manière beaucoup de préparations. Si au bout de vingt-quatre heures la première couche de vernis est solidifiée, on en applique une deuxième plus épaisse, et la préparation peut alors être étiquetée.

On choisira des porte-objets de 48 millimètres de long et de 28 millimètres de large. Aux deux extrémités on colle avec une solution de gomme ou un vernis au silicate de potasse des fragments de couvreobjet de 10 millimètres de large, qui en même temps portent l'étiquette de la préparation. Cette manière de faire doit être vivement recommandée, parce que lorsque les préparations sont placées les unes sur les autres, le couvre-objet ne peut jamais être endonnnagé. 11 ne

faut jamais placer sur les angles les préparations qui sont terminées, parce qu'elles se détériorent plus facilement; on doit toujours les déposer à plat dans des boîtes dont l'intérieur est garni d'un morceau de drap. Le procédé qui vient d'être décrit n'est pas seulement en usage pour les sédiments urinaires, mais on s'en sert aussi pour beaucoup d'autres préparations microscopiques; on trouve dans les ouvrages suivants des instructions complètes sur ce sujet : Welker, Aufbewahrung microscopischer Objecte, Glessen, 1856 ; Reinhard, das Microscopund sein Gebrauch für den Arzt, Leipzig et Heidelberg.

Page 1