‹ De l'urine et des sédiments urinaires [electronic resource]Chapitre 34 sur 185 · ACIDES BILIAIRES · texte numérisé non relu

ACIDES BILIAIRES

Pour distinguer cette réaction de celles que l'on obtient avec les corps albuminoïdes, l'acide oléique, l'alcool anylique, on peut se servir des phénomènes spectroscopiques que présentent les réactions des acides biliaires ; si le liquide est étendu de façon que le violet soit seul absorbé, on voit sur la ligne F une bande d'absorption et une deuxième entre D et E, plus près de E. Avec une solution concentrée on ne voit que la deuxième bande (L. Schenk) ^ .

On peut à l'aide de cette réaction découvrir, delà manière suivante, même les traces les plus minimes des acides biliaires. Dans une petite capsule de porcelaine, on évapore à sec au bain-marie quelques gouttes du liquide à essayer; on ajoute une gouttelette d'eau sucrée (1 gram, de sucre dans 1/2 litre d'eau, s'il s'agit de traces d'acides biliaires) et une gouttelette du même volume d'acide sulfurique concentré. Si l'on chauffe ensuite pendant quelques instants au bainmarie, la réaction rouge violet apparaît promptement au bord du liquide. A ce moment, on retire la capsule du bain-marie et on l'abandonne à elle-même : la réaction augmente alors beaucoup en intensité. Je suis parvenu de cette manière à découvrir par la plus belle réaction, avec une certitude absolue, 1/400 à 1/600 de milligramme d'acide biliaire combiné à la soude. En chauffant au bainmarie, la réaction est beaucoup plus vive que lorsqu'on évapore à feu nu d'après le procédé de Neukomm.

2. Une deuxième réaction très-sensible est la suivante: avec une petite quantité d'acide sulfurique concentré on arrose l'acide biliaire ou un sel de cet acide, on chauffe modérément et ensuite on ajoute de l'eau. On sépare de l'acide les flocons résineux qui se forment, on les lave plusieurs fois avec de l'eau, sans enlever complètement l'acide sulfurique, et l'on chauffe doucement dans une capsule de porcelaine, jusqu'à ce que la coloration apparaisse. Si, ensuite, on reprend le résidu avec une toute petite quantité d'esprit-de-vin et si l'on évapore la solution verte en ayant soin d'agiter, la face interne de la capsule se recouvre maintenant d'un enduit indigo foncé, même si l'on n'a employé qu'une toute petite quantité d'acide. Si des substances étrangères sont mélangées aux acides biliaires, ou bien si on laisse l'acide sulfurique agir longtemps ou la température s'élever trop haut, l'enduit de pigment paraît vert.

D'après mes expériences, cette réaction, ainsi que la modification proposée par Bogomoloff^, est beaucoup plus sensible et réussit beaucoup plus, sûrement que la réaction de Pettenkofer.

Recherche qualitative. — 1 . On évapore au bain-marie presque à sec

' Jahresbericht ü. d. Fortschritte d. Thierchemie, l» XI, p* "232. ^ Zeitschrift f. analyt. Chemie, t. IX, p. 148.

m ÉLÉMENTS AîsOKMAUX DE L'URINE. § 29

une certaine quantité d'urine (de 500 à 500 c. c), et l'on épuise le résidu avec de l'alcool ordinaire; la solution alcoolique est de nouveau évaporée et le résidu est épuisé avec de l'alcool absolu. — La solution ainsi obtenue, maintenant assez pauvre en sels, est débarrassée de l'esprit-de-vin et le résidu est repris avec un peu d'eau; on mélange la solution qui résulte de ce dernier traitement avec du sousacétate de plomb, en ayant soin d'éviter un excès de réactif; après un repos de vingt-quatre heures environ, on rassemble le précipité, on le lave et on le desséche légèrement entre des feuilles de papier buvard. — Afin d'éliminer le plus possible les autres substances qui se trouvent mélangées avec le précipité plombique, on enlève avec de l'esprit-devin bouillant la combinaison de plomb avec les acides biliaires, on évapore à sec la dissolution après y avoir ajouté du carbonate de soude ; et, pour obtenir la combinaison des acides biliaires avec la soude, on traite le résidu par l'alcool absolu. Le sel de soude ainsi obtenu contient toujours, outre les acides biliaires, une petite quantité d'un élément résineux, qui avec l'acide sulfurique se colore en brun rougeâtre, quelquefois aussi en bleu clair ou en violet, et qui, lorsqu'on le chauffe en y ajoutant du sucre, prend une coloration brun rouge ou brun jaune. Cette coloration est rarement assez intense pour masquer la réaction de la bile ; mais si par un premier essai on s'aperçoit que la réaction est troublée, on précipite encore une fois avec du sous-acétate de plomb l'acide biliaire de la solution aqueuse ; après quelques heures, on rassemble le précipité et on le décompose, comme précédemment, avec du carbonate de soude. A la solution aqueuse aussi concentrée que possible de la combinaison de soude on ajoute 2 ou 5 gouttes d'une solution de sucre (1 partie de sucre pour 4 parties d'eau) et ensuite de l'acide sulfurique concentré pur, exempt notamment d'acide sulfureux, et l'on fait attention à ce que la température ne s'élève pas au-dessus de 70'. S'il y a des acides biliaires, le liquide se troublera d'abord, ensuite il deviendra clair et en même temps jaune, puis se colorera promptement en rouge cerise pâle, en rouge carmin foncé et enfin en beau violet pourpre.

La réaction est beaucoup plus sensible, si on l'exécute avec la modification indiquée précédemment; on peut découvrir par ce procédé, avec une certitude absolue, 1/400 de milligramme d'un acide biliaire combiné à la soude. Du reste, la présence d'un acide biliaire ne peut être regardée comme démontrée que lorsque le liquide se colore non-seulement en rouge, mais encore en violet pourpre parfaitement net.

La recherche des acides biliaires réussit aussi fréquemment avec le procédé suivant qui est très-simple : dans l'urine à essayer, à

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