Acides de la série aromatique
a. L'acide benzoïque se transforme dans l'organisme en acide hippurique, en perdant 1 molécule d'eau et absorbant 1 molécule de glycocoUe :
l c^H^AzO^ =Ci8Hi8AzO«4- '2H0
(Acide benzoïque) (GycocoUej (Acide hippurique)
L'éther benzoïque, l'essence d'amandes amères, l'acide cinnamique, l'acide quiniqae et l'acide Ibrmobenzoylique sont également transformés en acide hippurique et apparaissent sous cette forme dans l'urine. (Frerichs et Wähler ^ Erdmann et Marchand; Lautemann; 0. Schidtzen et C. Grübe).
L'acide nitrobenzoïque fournit de l'acide nitrohippurique {Bertgnini). L'acide chlorobenzoïque donne de l'acide chlorohippurique (0. Schnitzen et C. Grübe).
b. L'acide toluique (ß) reparait dans l'urine sous forme d'acide tolurique (Kraut) ; l'acide salicylique en partie sous forme d'acide salicylurique [Bertagniiii) ; l'acide anisique sous forme d'acide anisurique (0. Schidtzen et Grübe). Les acides qui viennent d'être nommés offrent avec les acides primitifs les mêmes rapports que l'acide hippurique vis-à-vis l'acide benzoïque. Lorsque l'acide formobenzoylique est employé à l'intérieur, on trouve aussi dans l'urine, outre l'acide hippurique ordinaire, un acide hippurique correspondant à l'acide formobenzoylique (0. Schnitzen et C. Grübe).
c. Les expériences effectuées avec les acides plitalique, amidobcnzoïque, cuminique et coumarique n'ont pas donné de résultats décisifs.
d. Les acides oxybenzoïque et paroxybenzoïque, les isomères connus de l'acide salicylique, semblent, d'après les recherches de Maly\ absorber dans l'organisme, non pas du glycocolle simple, mais du méthylglycocoUe ou de l'éthylglycocolle et ils apparaissent ensuite dans l'urine sous forme d'acide hippurique méthylé ou éthylé.
Jaliicsbcricitl a. d. Fui isckiltc clcr Thierchcinie, IH~% i'.. 157
S5 nC) CORPS ORGANIQUES. 181
e. Coinmo on l'a déjà dit précédemment, Y acide sallcylique ne se Iransforme qne partiellement en acide salicylnriqne, une antre partie traverse l'organisme sans éprouver d'altération. Après l'administration de 0s'",50 d'acide salicyli(jue, on put le retrouver dans l'urine au bout de 2 heures, et constater encore sa présence après 20 heures. (Kolbe).
Pour découvrir dans l'urine l'acide salicylique non altéré, on mélange ce liquide goutte à goutte avec une solution de perclilorure de fer. Les premières gouttes d'une solution de fer produisent à chaque fois un abondant précipité de phosphate de fer blanc, mais aussitôt que celui-ci est précipité, on voit apparaître, en ajoutant une nouvelle quantité du sel de fer, la réaction violette intense de l'acide salicylique.
De leurs recherches sur cet objet, 0. Schnitzen et C. Grcibe^ tirent cette conclusion, que tous les acides aromatiques, dans les uiels le groupe GHO^ remplace un atome d'hydrogène du benzol, se transforment dans l'organisme en les acides hippuriques correspondants, tandis que dans les acides qui contiennent une chaîne latérale compliquée comme l'acide cinnamique et l'acide formobenzoylique , cette chaîne est oxydée, de telle sorte que ce n'est pas l'acide hippurique correspondant à l'acide ingéré qui apparaît dans l'urine , mais l'acide hippurique du produit d'oxydation, par conséquent tous les acides aromatiques fournissent dans l'organisme des acides dits hippuriques, c'està-dire des produits de substitution du glycocolle.
5. L'acide pyrogallique qui, d'après G. J«f/e//^, est un poison violent à haute dose, passe inaltéré dans l'urine.
4. L'acide tannique est transformé en acide gallique et sous celle forme il apparaît dans l'urine.
5. L'acide camphorique est éliminé avec l'urine sans avoir éprouvé d'altération.
6. L'acide succinique a été retrouvé dans l'urine (Meissner et Shepard).
A la suite de l'usage des asperges on trouve de grandes quantités d'acide succinique. Il est évident que dans ce cas il s'est produit, avec de l'ammoniaque, pnr décomposition de l'asparagine (acide amidosuccinique).
7. L'acide urique éprouve dans l'organisme des changements analogues à ceux que nous sommes en état de lui faire subir artificiellement par l'action du peroxyde de plomb, ou mieux encore du permanganate de potasse. Dans l'organisme tout à fait normal, quand la res-
^ Annal, cl. Cheni. n. Pharm., t. CXXXXlI^p. 315. — Reichert's ii. du fîois-Iiai/inond s- Archiv., mi,Een'i.
- Hoppe-Seyler, Med. ehem. Untermchiivgen, Heft- 5, p. 422.
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piration n'est pas troublée, l'acide iirique se convertit certainement en grande partie en urée et acide carbonique en absorbant de l'eau et de l'oxygène.
Lorsque la respiration est plus ou moins troublée, il se joint aux produits de décomposition précédemment nommés de l'acide oxalique et dans certaines circonstances de l'allantoïne, que Stœdeîer et Flierichs ont effectivement vus apparaître lorsque la respiration était artificiellement troublée. (Voyez acide urique §6, D. 5 et 5).
8. Après l'ingestion d'acide abiétique ou d'autres résines, comme la térébentbine, le baume de copahu, etc., il passe dans l'urine, d'après Mahj, de l'abiétinate de soude. Dans une urine de ce genre l'acide azotique donne naissance à un précipité qui n'est pas sans analogie avec un précipité albumineux, mais qui disparaît dès qu'on ajoute de l'alcool.
B. Corps indifférents.
1. Alcool. D'après les recherches de Lieben K il passe toujours de Talcool dans l'urine à la suite de l'ingestion de boissons alcooliques et on peut le séparer par distillation fractionnée, mais la quantité éliminée avec l'urine est toujours relativement faible, que la dose absorbée soit petite ou grande.
2. A la suite de l'ingestion ou de l'usage externe de V acide phénique, ce corps passe dans l'urine et, d'après Waldenströmei Almén^, Salkovjski et d'autres, on peut facilement, à l'aide des réactions ordinaires, le découvrir dans le produit de la distillation de l'urine acidifiée avec de l'acide sulfurique. Il est convenable d'agiter avec de l'éther le liquide distillé obtenu, d'évaporer l'éther et d'employer le résidu pour la recherche de l'acide phénique, § 9, C.
5. Le chloroforme passe dans l'urine, qui alors réduit à l'ébuUition la solution de Fehling. Pour rechercher et doser ce corps, d'après il/are'chal^, on fait passer à travers l'urine à essayer un courant d'air qui se charge de chloroforme et que l'on dirige ensuite dans un tube de porcelaine chauffé au rouge. Le chloroforme est décomposé, le chlore qui en résulte, traversant a:lors un appareil à boules de Liebig, rempli d'une solution de nitrate d'argent, y détermine un précipité de chlorure d'argent. Du poids de ce corps, on déduit la quantité du chlore, et enfin celle du chloroforme.
4. D'après les recherchesde de Mering et Musculus il ne passe dans l'urine que de très-faibles quantités de chloral inaltéré, la presque
* Annal, cl. Chem.u. Pharm., yo\. supplém. VII, ji. 2ÖG. - Zettschrift f. analyt. Chemie, t. X, p. 1''25.
' Journ. de pharm, et de chimie, 4' série, 't. IX, . 1(S9.
* Bull. .wc. chim. de Paria, t..XXlII, p. 480 1875,.
totalité se combine avec des produits de Torganisme et reparaît dans l'urine sous forme d'acide urochloralique (G'^H^^CPO^).
Après l'ingestion de 5 â 6 grammes de cbloral , l'urine offrait une réaction acide très-prononcée et réduisait la solution alcaline de cuivre. On ne put y découvrir ni chloroforme, ni acide formique, mais il fut possible de reconnaître de petites quantités de cbloral à l'aide de la rèaciiond' Hoffmann. 11 n'y avait pas de sucre, mais une quantité assez considérable d'un acide organique lévogyre, auquel de Mering et Muscidus ont donné le nom d'acide urocbloralique.
L'acide urocbloralique peut être séparé de la manière suivante. On évapore l'urine au bain-marie, on ajoute de l'acide sulfurique et l'on agite avec un mélange de 2 volumes d'étber et de 1 volume d'alcool. On distille l'étber, on neutralise le résidu par la potasse, on évapore et on reprend l'extrait par de l'alcool à 90p. 100, on filtre, on précipite le liquide filtré par l'étber, on dissout le précipité dans l'eau, on décolore la solution par le noir animal et on l'évaporé à un petit volume. Par le refroidissement il se forme une masse cristalline constituée en majeure partie par le sel potassique de l'acide urochloralique. Le sel, après avoir été desséché en présence d'acide sulfurique, est débarrassé, par des lavages à l'alcool absolu, de l'urée et de l'hippurate de potasse avec lesquels il était mélangé. On dissout ensuite le sel potassique pur dans aussi peu d'eau que possible, on acidifie avec de l'acide cblorhydrique, on agite celte solution avec le mélange éthéro-alcoolique indiqué précédemment, et l'on filtre. La majeure partie du chlorure de potassium reste sur le filtre, le reste se sépare lorsqu'on mélange le liquide filtré avec un grand excès d'étber et qu'on l'abandonne pendant 48 heures. Le liquide filtré est distillé et le résidu est débarrassé du chlore par de l'oxyde d'argent humide. L'excès d'oxyde d'argent entré en solution est rapidement précipité par l'hydrogène sulfuré et le liquide filtré évaporé à consistance sirupeuse. Au bout de 12 heures l'acide cristallise. Le sel potassique a donné 12,56 p. 100 de potassium, le sel bary tique 19,57 p. 100 de baryum.
L'acide urochloralique cristallise en aiguilles soyeuses incolores, qui sont groupées en étoiles comme la tyrosine et se dissolvent facilement dans l'eau, l'alcool et dans l'étber alcoolisé, mais sont insolubls dans l'éther. A l'ébullition il réduit les solutions alcalines de cuivre et de bismuth, ainsi que les sels d'argent, et il colore en jaune une solution d'indigo rendue faiblement alcaline avec du carbonate de soude. La solution dévie à gauche le plan de la lumière polarisée ; le pouvoir rotatoire spécifique du sel de potasse est approximativement, pour la lumière jaune (a) = — 60°. Après l'introduction dans l'organisme de 5 à 6 grammes d'hydrate de cbloral, l'urine donnait
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une déviation à gauche de 5°, elle contenait par conséquent environ 10 grammes de cet acide par litre. Chauffé avec de l'aniline et une solution alcoolique de potasse, l'acide urochloralique ne dégage pas d'isocyanphényle (réaction d'Hoffmann).