‹ De l'urine et des sédiments urinaires [electronic resource]Chapitre 63 sur 185 · Brun-rouge. — Plus brun que le précédent · texte numérisé non relu

Brun-rouge. — Plus brun que le précédent

9. JSoir-brun. — Presque noir, mais avec une légère teinte de rouge-brun.

Entre ces différentes variétés de couleurs, l'œil exercé peut encore distinguer des nuances intermédiaires; on peut dire, par exemple, la couleur est entre le jaune-clair et le jaune ; elle se rapproche plus du jaune-rouge que du rouge-jaune, etc. Cependant, d'après Vogel, les neuf nuances indiquées sont suffisantes.

B. Valeur de ces nuances. — Les différentes nuances correspondent à certaines variations dans la proportion de la matière colorante. Ainsi on a trouvé qu'en étendant avec de l'eau un numéro élevé, on pouvait produire tous les numéros au-dessous. Les neuf nuances forment par conséquent une série, et les couleurs de l'urine peuvent être considérées comme différents degrés de dilution d'un seul et même pigment; mais il faut naturellement mettre à part les colorations accidentelles qui se rencontrent rarement, telles que celles qui sont occasionnées par la bile, par des substances médicamenteuses ou alimentaires, etc. Ces expériences exécutées quantitativement montrent qu'une urine étendue avec son volume d'eau donne à peu prés la nuance qui dans l'échelle se trouve immédiatement au-dessous; 200 c. c. d'urine de couleur rouge-jaune étendus avec 200 c. c. d'eau deviennent, par conséquent, jaune-rouge, etc. Ceci se passe d'une manière assez uniforme pour toutes les parties de l'échelle ; d'où il résulte qu'on peut en faire l'application à la détermination quantitative de la richesse relative des différentes urines en matière colorante.

On se sert de la table suivante pour ces sortes de déterminations quantitatives.

§ 61 DÉTERMINATION DE LA MATIÈRE COLOHANTE. m

YI

YII

YIII

izcs

Jaune-palc = 1.

Jaune-clair = II.

Jaune = III.

Jaune-rouge = IV.

Rouge-jaune = Y.

Rouge = YI.

Rouge-brun =: YII.

Rrun-rougc = YII.

Noir-brun = IX.

G. Application de la méthode. — Cette table sert pour comparer qiianlitativement la proportion du pigment éliminé avec l'urine; elle indique la quantité proportionnelle de matière colorante qui se trouve contenue dans des parties égales d'urine de couleurs différentes. Si, par conséquent, un certain volume d'urine jaune-pâle contient 1 partie de matière colorante, le même volume d'une urine rougejaune en renferme 16 parties; de même aussi dans une égale quantité d'urine rouge, il y aura 32 parties de pigment, et 256 parties dans une urine noir-brun, etc. Il est en outre évident qu'un volume d'urine jaune contient tout autant de matière colorante que 4 volumes d'urine pâle, qu'un volume d'urine rouge en renferme autant que 4 volumes d'urine jaune-rouge, que 52 volumes d'urine jaune-pâle, etc. Par conséquent, si une personne émet en 24 heures 1000 c. c. d'urine jaune, mais si une autre élimine 4000 c. c. d'urine jaune-pâle, elles séparent toutes les deux une égale quantité de matière colorante.

Maintenant, afin de rendre possible une comparaison approximative au moyen de nombres, Vogel admet — 1 la quantité de matière colorante qui se trouve contenue dans 1000 c. c. de l'urine jaunepâle.

Mais pour obtenir, l^rs de la comparaison de la couleur de l'urine avec le tableau des couleurs des résultats uniformes, il faut en premier lieu que l'urine soit parfaitement claire, il faut par conséquent que dans la plupart des cas elle soit préalablement filtrée ; en second lieu elle doit être examinée par réfraction sous une couche épaisse de 12 à 15 centimètres. Dans ce but, on emploie des vases de verre de 12 à 15 centimètres de diamètre, et qui peuvent contenir de 800 à 1000 c. c, parce que avec des couches plus minces, la couleur paraîtra comparativement plus claire que celle du tableau des couleurs.

Exemple :

1800 c. c. d'urine jaune sont émis en 24 heures.

lUOO c. c. d'urine jaune-pâle = 1 partie de matière colorante; niais d'après le

'm DÉTERMINATIONS QUANTITATIVES. g 01

tableau l'urine jaune en contient quatre fois plus; nous avons, par conséquent la proportion suivante:

X = 7,2 = la quantité de matière colorante contenue dans 1800 c. c. d'urine jaune, en admettant = 1 le pigment contenu dans 1000 c. c. d'urine jaune-pâle.

[Pour obtenir des mesures relatives de la coloration des urines, on peut aussi se servir du procédé suivant, indiqué par Arm. Gautier^:

On prend un tube T (fig. 45), fermé inférieurement par une glace peu épaisse mn, au-dessous de laquelle se trouve une feuille de papier à deux teintes, l'une a légèrement verte, l'autre b de couleur bleuâtre. En plaçant l'œil sur la verticale du tube T, on observe la différence

Fiy . 4Ö. — Colorimètre de l'urine.

des deux teintes. Mais si l'on verse de l'urine dans le tube, on finit par ne plus apercevoir cette différence. Si l'on marque alors 10 à la hauteur à laquelle l'urine de teinte normale choisie pour étalon doit arriver pour ne plus observer la différence des teintes a et b, et si l'on divise en 10 parties égales la longueur du tube T comprise entre ce point et la glace mn, enfin si l'on prolonge la division au-dessus, on

CIdnùc appliquée à la physiologie, elc, t. II, p. G9, Paris, 1874.

§ 62 MÉTHODES VOLUMÈTRIQUES. 207

aura un colorimètre qui indiquera, par le rapport inverse des hauteurs, les degrés de coloration. Ainsi l'urine qui lait disparaître la différence de teinte pour la hauteur 6, sera dite avoir une coloration

de —^1,66; l'urine qui produit le même effet pour la hauteur

10 a pour coloration Yjj— 1 »00, c'est l'urine de coloration normale;

pour la hauteur 25, la coloration sera — = 0,4; ou bien encore ces

mesures indiquent que 6 parties, 10 parties ou 25 parties de chacune de ces urines ont le môme pouvoir colorant.]

DÉTERMIlKATIOiV DE CHAQUE CORPS Wi PAR E ICULIEK § 69. méthodes Yolumétriqiies.

Par l'emploi de ces méthodes de détermination, l'analyse de l'urine est beaucoup simplifiée, et elle peut être effectuée avec une rapidité bien plus grande. Lorsque nous dosons un corps par la méthode volumétrique, nous ne pesons pas la combinaison précipitée au moyen d'un réactif, mais nous déterminons la quantité de réactif qui est nécessaire pour produire d'une manière complète une réaction quelconque, et à l'aide de cette quantité nous calculons la proportion de la substance en question. Ces déterminations, que l'on effectue toujours en mesurant le volume de réactif employé, ne réussissent que dans certaines circonstances, lesquelles sont nécessaires à leur exactitude, et qui sont les suivantes :

1. Il faut connaître très-exactement la valeur de la solution du réactif, et l'on doit pouvoir déterminer avec exactitude la quantité employée de cette solution titrée.

On doit pouvoir reconnaître avec une netteté parfaite la fin de la réaction, c'est-à-dire le moment où l'on a ajouté une quantité exactement suffisante du liquide titré.

o. La décomposition, sur l'accomplissement de laquelle l'analyse repose, doit être la même dans tous les cas.

4. La décomposition doit être conduite de telle sorte qu'il ne se perde rien de la substance agissante ou de celle sur laquelle on agit.

Il est difficile de donner des préceptes généraux pour remplir les conditions qui viennent d'être indiquées, parce que celles-ci se présentent différemment pour chaque corps en particulier, et pour cette raison, il n'en sera question d'une manière complète qu'à propos du dosage de chaque substance. Cependant, avant de passer à l'examen

208 DÉTERMINATIOIN DE CHAQUE CORPS EN PABTICULIEK. § ü3

des inétliodes en particulier, il est nécessaire de parler des appareils qu'elles nécessitent, ainsi que de la marche générale à suivre dans leur exécution.

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