‹ De l'urine et des sédiments urinaires [electronic resource]Chapitre 91 sur 185 · C. Pratique de l analyse · texte numérisé non relu

C. Pratique de l analyse

Afin de pouvoir doser le fer dans l'urine d'après cette méthode, il est nécessaire d'évaporer ce liquide et de brûler les substances organiques. Dans une capsule de porcelaine on évapore à sec 100 c. c. d'urine et l'on incinère le résidu en suivant les indications du § 60. Après le refroidissement, on dissout la masse saline dans l'acide chlorhydrique, on chauffe, on ajoute de l'eau et Ton introduit la solution avec précaution dans un ballon de 100 à 150 c. c. de capacilé. Avant de procéder au titrage, il faut maintenant transformer le fer en protoxyde ; dans ce but, on ajoute à la solution chlorhydrique un peu de sulfite de soude et l'on fait bouillir, jusqu'à ce que le liquide soit devenu incolore et qu'on ne puisse plus découvrir aucune trace d'acide sulfureux. Lorsqu'on a déterminé la valeur de la solution de permanganate de potasse avec la solution d'acide oxalique ou de ferrocyanure de potassium, on étend la solution de fer à environ 60 c. c. ; on laisse complètement refroidir, on pose le vase sur un morceau de papier blanc et en agitant continuellement on ajoute goutte à goutte la solution de permanganate de potasse, jusqu'à ce que le liquide ait pris une couleur rouge rose faible. Si chaque centimètre cube de notre solution de permanganate de potasse correspond, par exemple, à

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08S0005 de fer, si l'on en a employé 5 c. c. pour obtenir la réaction finale, les 100 c. c. d'urine contiennent 5x0'»'"^^, 005 de fer.=0s%0015. La quantité de fer trouvée, multipliée par l,4o donne la proportion correspondante de peroxyde, et en multipliant cette même quantité par 1,286 on obtient le protoxyde.

La méthode est bonne et donne des résultats exacts. 11 est à remarquer que la couleur rouge produite par la dernière goutte disparaît au bout de quelque temps ; on ne doit pas se laisser induire en erreur par cette circonstance.

§ 93. Dosag;e de Tacide uriquc.

1 . Par précipitation avec l'acide chlorhydrique. Dans un petit gobelet de verre on verse 200 c. c. d'urine, on ajoute 5 c. c. d'acide chlorhydrique pur (d'un poids spécifique de 1,11), on mélange bien avec une baguette de verre et après avoir couvert le vase avec une plaque de verre on l'abandonne à la cave pendant vingt-quatre heures à une température aussi basse que possible. Au bout de ce temps, on trouvera l'acide urique déposé sous forme de cristaux plus ou moins colorés, qui maintenant doivent être recueillis sur un filtre lavé et pesé, puis desséchés.

Mais comme le papier est une substance trés-hygroscopique, on ne peut pas déterminer directement le poids d'un filtre desséché. C'est pourquoi nous nous servons dans ce cas, comme dans tous ceux où des corps doivent être recueillis et dosés sur un filtre pesé, d'une disposition simple qui répond à toutes les exigences. On choisit deux verres de montre rodés sur les bords et s'adaptant bien exactement l'un sur l'autre (fig. 67, bb); ils sont maintenus au moyen d'une pince de laiton a a, de manière à ce que le filtre c qui se trouve

entre les deux verres soit dans un espace hermétiquement clos. Lors de la dessiccation, on place les deux verres démontre l'un dans l'autre et on les introduit avec le filtre placé pardessus dans l'appareil à dessiccation (fig. 45). Après avoir chauffé ce dernier pendant quelque temps à la température de 100", on pose les verres de montre l'un sur l'autre, on les place entre les branches de la pince, et l'on pèse après avoir laissé refroidir dans l'exsiccateur (fig. 45).

Maintenant on rassemble sur un filtre ainsi desséché l'acide urique

qui s'est séparé : dans ce but, on fait d'abord tomber sur le filtre los cristaux qui se trouvent à la surface du liquide, on décante le reste de l'urine qui est généralement claire, ou bien, pour plus de certitude, on l'enlève avec un siphon, et ensuite on détache pour les porter sur le filtre les cristaux adhérents aux parois et au fond du vase, en se servant pour cette opération d'une plume à laquelle on a laissé les barbes dans une petite portion, ou encore mieux d'une baguette de verre que l'on a recouverte à une extrémité d'un petit fragment de tube de caoutchouc. Pour laver le vase et faire tomber l'acide urique sur le filtre on emploie le liquide filtré obtenu en premier lieu et saturé d'acide urique ; il ne faut jamais se servir d'eau, parce que ce liquide dissoudrait une quantité appréciable d'acide urique. Si enfin tout l'acide urique est rassemblé sur le filtre, si le liquide urinaire acide s'est écoulé jusqu'à la dernière goutte, on commence à laver avec de l'eau froide, jusqu'à ce que les gouttes qui s'écoulent ne soient plus troublées par l'azotate d'argent. A cause de la solubilité de l'acide urique, il faut éviter de se servir de grandes quantités d'eau. Si l'on n'emploie qu'un petit filtre de o à 4 centimètres de rayon, 30 c. c. d'eau seront généralement suffisants pour le lavage complet. Lorsqu'on a atteint ce point, on enlève le filtre de l'entonnoir, on le place sur l'un des verres de montre et l'on dessèche pendant longtemps dans le bain d'air à 100". La pesée de l'acide urique se fait exactement comme précédemment (fig. 67). La quantité dont l'appareil a augmenté en poids représente la proportion d'acide urique qui se trouvait contenue dans 200 c. c. d'urine.

Cette méthode, simple par elle-même, offre deux sources d.'erreur : en premier lieu il reste toujours en dissolution une certaine quantité d'acide urique, et en second lieu l'acide urique entraîne en se séparant un peu de matière colorante. Cependant si l'on opère exactement comme il a été dit et si pour rassembler l'acide urique on prend un filtre de 3 à 4 centimètres de rayon, bien lavé avec de l'acide chlorhydrique, puis avec de l'eau, desséché et pesé, les deux erreurs indiquées plus haut se compensent, dès que pour le lavage de l'acide urique on n'emploie pas plus de 30 c. c. d'eau {Heintz). Cette quantité d'eau suffira généralement pour que l'argent ne produise plus de réaction dans le liquide filtré ; mais si pour une raison quelconque une plus grande quantité d'eau de lavage était nécessaire, les deux erreurs • indiquées ne se neutraliseraient plus mutuellement; celle qui est occasionnée par la solubilité de l'acide urique sera prédominante, et pour la détruire il faut à l'acide urique trouvé par la pesée, ajouter Qmiuigr (345 pQ^j, chaque centimètre cube d'eau de lavage que l'on emploie en sus des 30. Si, par conséquent, l'eau de lavage s'élève, par

exemple, à 70 c. c. on doit ajouter à la quantité d'acide urique trouvée par la pesée 40 X 0"^i"'§%04o.

Si l'urine dans laquelle on veut déterminer l'acide urique contient de l'albumine, on emploie pour le dosage de cet acide le liquide filtré que l'on obtient lors de la séparation de l'albumine coagulée et qui correspond à un volume connu d'urine ; on opère avec ce liquide comme il a été précédemment indiqué.

De nombreuses méthodes ont été proposées pour le dosage de l'acide urique par voie volumétrique, mais toutes elles sont peu convenables ou tout à fait inapplicables. Cependant l'acide permaiiganique agit avec une très-grande énergie sur l'acide urique, mais on ne peut pas, au moyen du permanganate de potasse, doser directement l'acide urique dans l'urine, parce que beaucoup d'autres substances sont également décomposées par cet énergique agent d'oxydation. Il ne reste plus, par conséquent, qu'à précipiter d'abord l'acide urique par des acides, à tiltrer, laver et dissoudre dans la potasse ; puis à titrer, avec le caméléon, la solution préalablement acidifiée. Dans tous les cas, il serait cependant plus simple de peser directement l'acide urique lavé et desséché. Le dosage volumétrique de l'acide urique à l aide d'une solution d'iode dans l'iodure de potassium, qui a été proposé par différents auteurs, est tout à l'ait inapplicable*.

D'après Naunijn et /^«ess-, la méthode ordinaire, précipitation par l'acide chlorhydrique, etc., ne suffit pas pour le dosage de l'acide urique dans l'urine diabétique; c'est pourquoi ils précipitent l'urine par l'acétade de bioxyde de mercure, décomposent le précipité lavé par l'hydrogène sulfuré, et dosent l'acide urique dans le liquide filtré.

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