C. Pratique de l'analyse
Sur une plaque de verre dépolie enduite avec du suif on place un vase plat de verre ou de porcelaine (un gobelet de verre cassé à trois centimètres au-dessus de son fond est tout à fait convenable) , dans lequel se trouvent 10 ou mieux 20 c. c. de l'urine à essayer débarrassée de mucus par filtration. Avec une bao^uette de verre on fait un triangle que l'on pose sur le vase et Ton place par-dessus un vase plat avec des bords peu élevés et renfermant 10 c. c.
de l'acide sulfurique titré. On recouvre le tout avec une cloche à bords rodés et enduits ^.
Fig. 68. — Dosage de 1 ammoniaque.
de suif, de manière à avoir un
espace hermétiquement clos. La figure 68 montre la disposition de l'appareil. Lorsque celui-ci est prêt, on enlève la cloche, au moyen d'une pipette non étirée en pointe à sa partie inférieure, on ajoute à
l'urine une quantité suffisante d'un lait de chaux (10 c. c.) et l'on remet aussitôt la cloche en place.
Au bout de 48 heures, toute l'ammoniaque des 10 ou 20c. c. d'urine est expulsée et absorbée par l'acide sulfurique. Si l'on titre avec la lessive de soude l'acide non saturé, on connaît la quantité saturée par l'ammoniaque et par conséquent la richesse en ammoniaque des 20 c. c. d'urine.
Exemple. 10 c. c. d'acide sulfurique = O^SöOö SO^ = 0g%2146 AzH\ Il faut pour les saturer 30 c. c. de lessive de soude; 1 c. c. de lessive de soude correspond à ^^/-^ = 0s%00715 AzH^
Lorsque l'expérience est terminée, on emploie pour le titrage de l'acide non saturé 26 c. c. de lessive de soude. Il s'est par conséquent dégagé une quantité d'ammoniaque qui correspond à 4 c. c. de lessive de soude. Les 20 c. c. d'urine contenaient donc 4x0,00715 = 0^%0286 AzH^. — Les expériences que j'ai faites ont montré que l'urine fraîche tout à fait normale n'entre pas en fermentation alcaline dans les 24 heures, mais il n'en est pas ainsi dans tous les cas, parce que, comme on le sait, il y a des urines qui deviennent très-promptement alcalines. C'est pourquoi je regarde comme plus sûr de toujours faire, outre le dosage proprement dit de l'ammoniaque, une contreexpérience, c'est-à-dire déplacer dans un deuxième appareil une égale quantité de la même urine sans addition de lait de chaux, afin de pouvoir observer comment cette urine se comporte. Si l'on a affaire à une urine facilement décomposable, il est plus sûr de commencer par éliminer les matières colorantes et extractives. Dans ce but, on mélange à volumes égaux une solution d'acétate neutre de plomb et de sous-acétate de la même base, on mesure 50 c. c. d'urine, on mélange avec un égal volume de solution de plomb, on filtre et Ton prend pour le dosage de l'ammoniaque 40 c. c. du liquide filtré correspondant à 20 c. c. d'urine. S'il s'agit d'une urine normale, cette modification est complètement inutile, ainsi que l'ont montré mes expériences. {Journ.f.pract. Chemie, T. 64 p. 177.) La méthode donne de très-bons résultats. {Documents analytiques.)