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Au nombre des agents externes qui l’engendrent sont l’ortie
brûlante (Urlica urens) et les piqûres ou le contact de certains
insectes (tels que les punaises, les cousins (culex pipiens), les
chenilles processionnaires, etc.). C’est de cette dernière forme d'urticaire que nous allons nous occuper dans le courant de
notre travail. = ‘s
Dans certaines contrées où abondent les forêts de pins mari-
times, de pins sylvestres ou de chênes, on voit, à une certaine
époque de l’année, apparaître une épidémie d'urticaire. Cette
apparition coïncide ordinairement avec la descente d’une
espèce de chenille velue appelée Cnethocampa pityocampa
pour le pin maritime (voir pl. I et II), Cnethocampa pinivora
pour le pin sylvestre et Cnethocampa processionea pour le
chêne. Ces chenilles sont appelées vulgairement la processionnaire du pin et la processionnaire du chêne. |
Les propriétés désagréables de la chenille processionnaire sont connues depuis l’antiquité.
Les auteurs latins signalaient déjà ce phénomène et désignaient les chenilles urticantes sous le nom d’Erucæ. Dioscoride les appelle Eërwux et raconte qu'en Espagne on les employait comme révulsifs à l'instar des sinapismes.
Les auteurs anciens regardaient les pityocampa, chenilles velues de plusieurs couleurs qui vivent en société sur les pins, comme un poison très dangereux. Il faut bien qu’on ait observé et qu'on ait eu à se plaindre de leurs mauvaises propriétés, puisqu'on en vint à Rome jusqu’à promulguer une loi contre ceux qui empoisonnaient les gens avec des chenilles (pityo- . campæ propiniatores). :
On lit dans la loi Cornelie: « Par un autre sénatus-consulte, il est établi que les droguistes (pigmentaires, pharmaciens, marchands de drogues) seront punis conformément à la présente loi, s'ils délivrent à la légère de la ciguë, de la salaman-
SA
— 21 — dre, de l’aconit, des chenilles du pin, des buprestes, de la mandragore et des cantharides pour rompre les enchantements ». PRE |
La peine infligée par la loi Cornelie pour ces sortes de méfaits est la déportation dans une île et la confiscation de tous les biens du coupable. « On n’a pas encore décidé, dit le
D' Amoreux, si les chenilles qui sont introduites dans l'estomac
y nuisaient par leurs poils seulement ou par quelque liqueur vénéneuse. On a dit seulement que les pityocampæ ou chenilles processionnaires du pin, que des méchants faisaient avaler, enflammaient la bouche et les intestins ». Dioscoride, outre l’action sinapisante des chenilles processionnaires dont il parle et que j'ai citée plus haut, ajoute qu’on leur reconnaissait aussi une action diurétique. Le docteur Amoreux ajoute que les bergers se sont aperçus que les brebis qui avalaient de ces chenilles en paissant tombaient malades.
L’affection dont les chenilles processionnaires sont la cause première étant une maladie essentiellement rurale et fugitive, n’a pas fait, de nos jours, l'objet de travaux nombreux et remarquables. La raison en est bien simple : Les médecins de campagne, qui seuls pourraient bien observer cette maladie, ne sont pas munis des instruments et souvent des ressources nécessaires à ces sortes d’études.
Quant aux médecins des villes, ils ne constatent guère cette affection chez leurs clients.
Aussi, si ce n’est quelques articles épars dans diverses revues et journaux, ne trouve-t-on nulle part une étude détaillée et complète de cette affection. Parmi ces articles, les plus récents sont : Un article assez complet de Laudon dans les Virchow’s Archiws de 1891 et deux articles intéressants de M. le D' Lalesque (d'Arcachon), dans le Bulletin de la Société de médecine et de chirurgie de Bordeaux de 1890 et de M. le professeur
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agrégé William Dubreuilh, dans la Gazette des Hôpitaux de
C’est, comme nous l'avons déjà dit, sur les indications de notre / maître, M. le professeur agrégé William Dubreuilh, que nous avons entrepris de réunir tous les documents publiés jusqu’à ce jour sur la question et de les compléter autant qu’il nous à été possible de le faire.
A CHAPITRMII