INTRODUCTION
Pendant un an passé dans un service de chirurgie, nous nous sommes trouvés en présence d'un certain nombre de fractures diverses, et de ce fait, devant quelques-uns des problèmes qu'elles pcsent, en particulier l’un d'eux, devenu bien classique, hélas, depuis quelques années, celui que constitue l'allongement considérable, presque doublé, des: temps nécessaires à la consolidation des foyers de fractures, tant ouvertes
que fermées.
Pour les chercheurs, la pathogénie de ce phénomène
s'est avérée fort obscure. Certes, avait-on pu envisager à juste titre l'influence des carences alimentaires consécutives à la dernière guerre, carences portant particulièrement sur les protides et les vitamines, éléments importants de l’estéogénèse. Cependant, cette notion n'est À + À : :
pas suffisante. Le retour à une situation normale n'a pas amené un amendement de ces faits cliniques péjoratifs. Ils continuent à être constatés couramment sans distinction d'individus, tant chez ceux qui furent éprouvés lors de leur croissance, que chez ceux qui ne le furent pas, soit qu'ils aient bénéficié d'une situation à : ; . NES alimentaire favorable, soit que leur âge avancé ait évité à leur ostéogénèse de croissance d’être perturbée
par ces facteurs carentiels.
Sans vouloir agir sur cette fâcheuse et difficile pathogénie, nous avons cherché dans une autre voie, et aurions voulu, dans la mesure du possible, remédier à
cet état de fait.
Nous avons repris les données histologiques, et histophysiologiques de l'ostéogénèse fracturaire, afin de mettre en relief les points d'incidence où pourrait intervenir une thérapeutique d'appoint aux manœuvres classiques de réduction et de contention, tant ortho-
pédiques que sanglantes.
Parmi ces éléments thérapeutiques, nous en avons choisi deux pour les raisons que nous développerons dans cette thèse. Il nous a semblé qu'il était intéressant de les étudier afin de constater leur action ostéogénique, de les expérimenter et d'apprécier l'intérêt qu'ils pourraient présenter.
Nous voyons se dessiner le plan de notre travail. Nous examinerons dans un premier temps, les éléments et l’évolution des processus de réparation osseuse. En second lieu, les agents thérapeutiques que nous avons retenus, à savoir : l'acide ascorbique, le chlorure d’ammonium et la possibilité de leur association. Enfin, nous verrons quels furent les résultats et nous tâcherons d'en tirer les conclusions qui nous ont semblé se faire jour. Mais dès à présent, nous pouvons dire que nous n’aboutirons pas à des conclusions définitives, à une expérimentation achevée, car l'évolution de cette réparation osseuse est trop complexe, et c’est plutôt une introduction à des travaux futurs que nous écrivons.