EST
nettes, bien tranchées, ne corespond pas à la réalité. Ces coupures longtemps classiques en phases hémorragique-exsudative de Kelsch et Kiener, fibro cartilagineuse puis d'ossification provisoire, et enfin définitive, ne donnent pas une image exacte d'une activité biologique où les différentes phases s’intriquent, se confondent, pour se résumer en un processus global, à l'unité bien individualisé : l'ostéogénèse. Sa complexité est grande comme nous allons le voir, bien souvent peu connue et vouloir en donner un tableau d'ensemble est bien difficile. C’est ce que nous essayerons de faire à la lumière des dernières théories, entr'autres, celle de Policard, de Leriche et de Frédéric Saegessen, qui se sont particulièrement occupés de ces questions.
Que se passe-t-il lors d'une fracture ? Au moment du traumatisme causal, il se produit constamment au niveau du foyer de fracture un hématome causé par la rupture obligatoire des vaisseaux intéressés par la lésion osseuse elle-même, le déchirement du périoste, la dilacération des muscles voisins ou leur embrochage par les esquilles et les fragments osseux. Toute la région englobant ces éléments que nous venons de citer baignent dans un amas sanguin. |] va, comme tout hématome, s'organiser par l'apparition d'un réseau de fibrine retenant dans ses mailles les éléments figurés du sang qui progressivement vont être résorbés grâce à l'activité des macrophages laissant ainsi place à un tissu conjonctif jeune du type embryonnaire. Les fibrilles de celui-ci très fines, collagènes, vont en augmentant de nombre et.changeant de direction, reproduisent celle des futures travées osseuses. En même temps, il est habité par les ostéoblastes dont l’origine est discutée, dérivant des fibroblastes du tissu conjonctif banal pour Leriche; pour Dubreuil ils proviennent de cellules mobiles venant de l’adventice des vaisseaux et à double potentialité, soit ostéoblastique, soit ostéoclasique. Leur cytoplasme est basophile s'unissant entre eux par de